Ce petit livre (une petite heure pour une lecture attentive) est plus important par l'idée de son existence même que par l'apport politique de son contenu. L'idée est que François Léotard, qui a été ministre d'Edouard Balladur, en même temps que Nicolas Sarkozy, qui a été comme il le dit "tué", comme Nicolas Sarkozy, par le grand fauve Jacques Chirac, a voté comme beaucoup de français pour Nicolas Sarkozy. Mais maintenant, François Léotard constate l'erreur de casting, Nicolas Sarkozy n'est pas à la hauteur de la fonction (précisons cependant que le choix n'existait pas pour autant car François Léotard ne considère évidemment pas que Ségolène Royal aurait été une alternative). C'était l'idée et l'on peut reconnaitre qu'elle est forte et "couteuse" (François Léotard reconnait que la grande différenc entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est que le premier "tue" mais pardonne, alors que Nicolas Sarkozy n'oublie jamais...le livre de François Léotard va donc le doter d'un ennemi de haut niveau !).
Maintenant sur le fond, le livre n'est pas une analyse politique. François Léotard fait appel à la littérature classique et antique, à la philosophie, à son frère toujour regretté... On part un peu dans tous les sens,y compris dans la politique fiction. Ce livre est un mouvement d'humeur, une distraction littéraire, un objet non clairement identifié... De plus, François Léotard reprend les éléments qui justifient "cette rupture" et on est surpris en ce qui concerne la politique d'immigration de découvrir par exemple le ministère "de l'identité nationale", élément qui avait été pourtant clairement annoncé par le candidat Sarkozy. On peut se demander si avant de voter, François Léotard avait bien lu le programme du candidat...
Mais enfin comme dans tous les livres, on pourra toujours trouver quelques éléments intéressant. Au cas d'espèce on croise Alain Madelin sortant du bureau du Président en fumant un gros cigare et déclarant à son interlocuteur surpris "L'Elyssé c'est maintenant le seul endroit où l'on peut librement fumer en France", confirmation donc des réunions enfumées décrites par Yasmina Reza dans l'aube, le soir, la nuit.