Quatrième épisode des aventures de l'enquêteur Gordien, le « privé » romain, chacune organisée autour d'un épisode majeur de l'histoire politique et littéraire de la Rome républicaine :
Du Sang sur Rome tourne autour du procès de Roscius d'Amérie, plaidé par le tout jeune Cicéron en 80 avant J.C., à la toute fin de la dictature de Sylla,
L'Etreinte de Némésis, se déroule pendant la révolte de Spartacus,
L'Enigme de Catilina évidemment autour de la conjuration du même,
et enfin celui-ci, qui ressuscite avec brio des personnages et des textes particulièrement pittoresques :
Clodia, la sulfureuse amante du jeune poète Catulle, pour laquelle il atteint dans son ½uvre si brève des sommets d'intensité dans la passion amoureuse et l'invective,
Catulle lui-même, ombre désemparée et sardonique, traînant sa souffrance d'amant délaissé,
Clodius, le mari, euh ! le frère de Clodia , l'agitateur politique et démagogue féroce,
Caelius enfin, le jeune et brillant orateur, dépravé, velléitaire, accusé par Clodia d'avoir voulu l'empoisonner.
Le tout sur fond d'« Affaire égyptienne », en 56 avant Jésus Christ, au moment se joue l'indépendance de ce grand et vénérable pays, et où une délégation d'émissaires vient d'être méthodiquement éliminée, parmi lesquels le philosophe académicien Dion d'Alexandrie - et Caelius est impliqué aussi dans cette affaire.
Gordien et sa famille sont au c½ur d'une enquête qui lie Dion, ex-maître en philosophie de Gordien à Alexandrie en sa jeunesse aventureuse, Clodia, et Caelius.
Avec, pour point culminant final, le procès de Caelius et le discours de Cicéron, remis en scène et en forme, comme dans chacun des romans. Ici, c'est délectable. Le discours de Cicéron pour Caelius, qui est une exécution en règle de Clodia, à grands coups d'insinuations, de bons mots, de sophismes et de ragots est d'une habileté, d'une malice, étincelantes. Non que cela flatte chez le lecteur les sentiments les plus élevés, bien au contraire, mais le romancier met au service de l'épisode, et de ses spirituels protagonistes, une érudition, une imagination et une plume digne de ses personnages.