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Inévitable, inénarrable Sollers. Ce tome II fait suite au premier volet,
La Guerre du goût. À tel point que, renversant le titre à défaut de l'idole de la NRF, on est tenté d'y pointer un récurrent "goût de la guerre". En polémiste accompli, Sollers y pourfend il est vrai les convenances de tous ordres. Célèbre la solitude de l'artiste comme il enfonce à son acmé le clou du nombrilisme. Les thèmes abordés se succèdent, plus divers et hétérogènes – en apparence – les uns que les autres : Diana, Mai 68, Cézanne, Bacon, Picasso, Debord, Proust, Shakespeare, Claudel, Ponge, Bataille… Ainsi se répondent ici 120 textes, renvoyant à des études, des articles, des préfaces ou encore des conférences données par l'apôtre Sollers.
À ce qu'il semble, de citation en citation, Sollers croit construire la forteresse littéraire qui lui permettra de se défendre contre l'"Adversaire" fantomatique qui hante la préface de ce livre-tombeau. Comme d'habitude, l'œuvre multiplie les passerelles et peut être convoquée aussi bien par les thuriféraires que les détracteurs de l'écrivain. Mais on en sort aussi indécis qu'en y entrant, groggy par tant de références. Rien que la table des matières de l'ouvrage assure le vertige à elle seule ! Sans doute Sollers en fait-il "trop", mais qui osera contester que ce trop-plein-là ne fait pas sens, notamment dans les belles pages consacrées à Artaud et Han-Fei-tse ? --Frédéric Grolleau
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Présentation de l'éditeur
" Tout l'art de la guerre consiste à manifester de la mollesse pour accueillir avec fermeté ; à montrer de la faiblesse pour faire valoir sa force ; à se replier pour mieux se déployer au contact de l'ennemi. Vous vous dirigez vers l'ouest ? faites semblant d'aller vers l'est ; montrez-vous désunis avant de manifester votre solidarité ; présentez une image brouillée avant de vous produire en pleine lumière. Soyez comme les démons qui ne laissent pas de traces, soyez comme l'eau que rien ne peut blesser. Là où vous vous dirigez n'est jamais là où vous allez ; ce que vous dévoilez n'est pas ce que vous projetez, de sorte que nul ne peut connaître vos faits et gestes. Frappant avec la rapidité de la foudre, vous prenez toujours à l'improviste. En ne rééditant jamais le même plan, vous remportez la victoire à tout coup. Faisant corps avec l'obscurité et la lumière, vous ne décelez à personne l'ouverture. C'est là ce qu'on appelle la divine perfection. " Houai-nan-tse (IIe siècle av. J.-C.).