Présentation de l'éditeur
L'ouvrage est une réflexion anthropologique sur les questions du politique dans le monde arabe. Émirs, rois et présidents, du Maghreb au Mashrek et au-delà, les dirigeants des pays musulmans connaissent souvent les mêmes problèmes de succession familiale, composent avec les alliances matrimoniales et parfois tribales, entretiennent avec leurs sujets des rapports d'allégeance tout autant que de représentativité.
Quatrième de couverture
Monarchiques ou républicains, marqués par la tradition ou ouverts à la modernité, les régimes politiques dans le monde arabe contemporain présentent, à côté dune grande diversité dinstitutions, quelques remarquables constantes. Si une forte individualisation consacre les figures de lautorité, émir, sultan ou raïs, néanmoins les liens de parenté et de mariage, tout comme les appartenances tribales, conditionnent la formation, le maintien et la transmission du pouvoir.
Sinspirant des travaux anthropologiques et historiques sur la tribu et les formations étatiques arabes anciens et modernes, les auteurs proposent de nouvelles clés de lecture des événements politiques majeurs qui ont marqué ces sociétés : dans le contexte contemporain, par exemple, la crise irakienne, les successions en Jordanie, au Maroc ou en Syrie, les composantes tribalistes des régimes yéménites ou soudanais...
Cette démarche comparative sappuie sur une large mobilisation interdisciplinaire. La signification de la filiation prophétique est explorée à travers la sunna, les fondements sémantiques de la notion dÉtat, la dawla, interprétés à la lumière de la tradition arabe médiévale. Partant sont analysées les fonctions de la légitimité chérifienne, du Maroc du XVIe siècle, de l«arabité» en Insulinde coloniale, ainsi que la place du phénomène tribal dans la Mauritanie du XVIIIe siècle et en Tunisie post-coloniale. Larticulation des figures de la parenté et du politique est mise en évidence tant dans lhistoire de la Mauritanie et du Yémen quà travers les politiques contemporaines de « retribalisation » au Soudan islamiste, tandis que la dimension patrimoniale de lÉtat, représenté comme une «maison» au sens où lentend Claude Lévi-Strauss, empreint lIrak de Saddam Hussayn ou la Jordanie hachémite.
Émirs et présidents offre ainsi une contribution particulièrement originale à la compréhension des faits politiques dans le monde arabe contemporain et ancien.
Sinspirant des travaux anthropologiques et historiques sur la tribu et les formations étatiques arabes anciens et modernes, les auteurs proposent de nouvelles clés de lecture des événements politiques majeurs qui ont marqué ces sociétés : dans le contexte contemporain, par exemple, la crise irakienne, les successions en Jordanie, au Maroc ou en Syrie, les composantes tribalistes des régimes yéménites ou soudanais...
Cette démarche comparative sappuie sur une large mobilisation interdisciplinaire. La signification de la filiation prophétique est explorée à travers la sunna, les fondements sémantiques de la notion dÉtat, la dawla, interprétés à la lumière de la tradition arabe médiévale. Partant sont analysées les fonctions de la légitimité chérifienne, du Maroc du XVIe siècle, de l«arabité» en Insulinde coloniale, ainsi que la place du phénomène tribal dans la Mauritanie du XVIIIe siècle et en Tunisie post-coloniale. Larticulation des figures de la parenté et du politique est mise en évidence tant dans lhistoire de la Mauritanie et du Yémen quà travers les politiques contemporaines de « retribalisation » au Soudan islamiste, tandis que la dimension patrimoniale de lÉtat, représenté comme une «maison» au sens où lentend Claude Lévi-Strauss, empreint lIrak de Saddam Hussayn ou la Jordanie hachémite.
Émirs et présidents offre ainsi une contribution particulièrement originale à la compréhension des faits politiques dans le monde arabe contemporain et ancien.
Pierre BONTE, anthropologue, est directeur de recherche au CNRS.
Édouard CONTE, anthropologue, est directeur de recherche au CNRS.
Paul DRESCH est professeur danthropologie sociale à lUniversité dOxford