En 1984, Antoine de Caunes dans son émission 'Les Enfants du Rock' nous gratifie d'une dernière partie consacrée à l'Australie et son rock. Et en fin connaisseur, il place Midnight Oil au dessert, avec un concert en prime.
C'était alors la tournée issue de l'album '10,9,8,7,6,5,4,3,2,1' que les téléspectateurs eurent la chance de voir retransmise en extraits.
Depuis, le groupe australien a cartonné avec 'Beds Are Burning' et autres hits planétaires.
Pourtant, à la base groupe plus inspiré par le rock huileux qu'adorent les Australiens de base, la bande de Peter Garrett a vraiment atteint son apogée artistique en 1982 avec le présent album.
Des textes sans concession pour le monde occidental sont la base de ce travail de contestation. Les titres comme 'Short Memory', 'Outside World' ou 'US Forces' l'illustrent sans ambiguité.
En même temps, le format FM est conservé afin de ne pas cantonner l'album dans un registre confidentiel. C'est flagrant avec un morceau comme 'The Power and The Passion' qui emballe l'album et laisse une empreinte forte sur le reste des chansons.
De très bons musiciens, un chanteur mis en avant sans vampiriser la musique, des textes très engagés et intelligents, une musique rock accessible à tous, il n'en faut pas plus pour faire un album fort, vendeur, agréable à réécouter et pas trop démodé.
Le message de Peter Garrett et ses complices n'est pas dépassé malheureusement et cela vaut le coup de temps en temps de se rappeler qu'il y a plus de vingt ans l'écologie était déjà un problème et le monde occidental se voilait alors bien la face.