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Crépusculaire, barbare, épique,
Le Treizième Guerrier aura d'emblée pris place dans nos coeurs parmi les plus beaux films d'aventures de ces vingt dernières années, aux côtés de
Conan le barbare, de
Braveheart, du
Dernier des Mohicans ou de
Blade. Voulu, coproduit et réalisé par un John McTiernan qui s'est laissé emporter par le souffle héroïque de ses personnages,
Le Treizième Guerrier est l'adaptation d'un roman de Michael Crichton,
Eaters Of The Dead, inspiré des écrits d'un érudit arabe du Xe siècle, Ahmed ibn Fahdlan, et proche, dans son souci de ne pas se laisser distraire de l'essentiel, des sagas nordiques. Confrontant les cultures et les esprits, laissant peu à peu le groupe se souder contre la menace commune, McTiernan laisse parler la noblesse de leurs caractères et s'épanouir celle d'Ahmed ibn Fahdlan, joué par Antonio Banderas. L'érudit curieux mais naïf gagne ainsi au fil de leur quête sa place parmi les Vikings et plonge avec eux dans le bruit et la fureur d'une bataille que même les hommes du Nord appréhendent. Le travail documentaire de Crichton, le soin apporté à la confection artisanale des décors et des costumes, la splendeur de la photo (les scènes de nuit sont tournées à la torche !), la fluidité virtuose de la caméra de McTiernan : tout concourt à faire du
Treizième Guerrier une épopée ("Une légende aux portes de l'histoire", aurait dit Hugo) vibrante et guerrière et, déjà, un classique.
--Ambroise Ecorcheville
Fiches du cinéma
Le prince Ahmed Ibn Fahdlan est chargé d'une ambassade en Asie mineure. Sur le chemin, il rencontre une troupe de Vikings. L'Arabe se lie avec eux. Mais bientôt, ils sont appelés pour sauver un village. Une prophétie annonce que treize guerriers exécuteront cette mission. Douze Vikings se portent volontaires : Ahmed sera le treizième. Cela faisait si longtemps, depuis
Les Vikings et Le Drakkar, que l'on n'espérait plus. On en arrivait même à redouter le retour des "hommes du nord" à l'écran. Grâce au talent reconnu d'un réalisateur comme McTiernan (
Une journée en enfer), pourtant,
Le Treizième Guerrier est à la hauteur de ce qu'il devait être. Dense, crépusculaire et violent comme une saga scandinave. Entièrement concentré sur l'action, parfois au détriment de ses personnages - "plus grands que nature" -, son film est d'un beauté visuelle époustouflante, faite de bruit et de fureur. Remonté à la demande de la production pour satisfaire les exigences des "screentests", il évite finalement les habituels bavardages et clichés du genre, pour n'être plus qu'un tourbillon d'urgence, furieux et sanglant.