Avec "18", Moby n'a pas essayé de créer un album révolutionnaire aux sons originaux. Effectivement, pour les amateurs de "Play", le nouvel opus de Moby aura un petit goût de déjà entendu: samples jazzy savamment entremêlés aux nappes et aux voix de blues, parfois même des petits bouts de mélodie qui font écho à un "Why does my heart feel so sad" ou "Porcelain".
Mais qu'importe. Car "18" n'est pas simplement une redite de "Play": à l'écoute, on à même plutôt l'impression que "Play" était le brouillon de "18". Avec cet album, Moby va plus loin et frappe plus juste. "Play" était un chef-d'oeuvre de technique, mais pouvait parfois paraître un peu désincarné. Ce n'est pas du tout le cas de "18", dans lequel on retrouve une âme qui manquait au précédent album.
Ainsi "In this world", auquel semble répondre "In my heart", est plus sensible, plus inspiré que les morceaux de Play auxquels il peut faire penser. Et je ne parlerai même pas du magnifique "Great Escape" qui ravira les amateurs de musique éthérée, ainsi que la participation remarquable de Sinead O'Connor sur "Harbour".
Avec "18", Moby a dépassé la technique pour trouver l'émotion.