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Ce qu'on peut dire de Miossec, c'est qu'il ne craint pas de se donner à voir. De se livrer en gros plan. Cette impudeur exhibitionniste passe par les photos de ces disques, et aboutit à ces chansons liées directement au plus profond de son âme. Ce qui fait de lui par la même occasion un être vulnérable mais qui ne pourrait exister autrement qu'en se montrant. En 2004, Miossec a 40 ans. Donc il donne pour titre à son album son année de naissance, comme un état des lieux qui s'exprime à travers des chansons telles "La Quarantaine", "Rester en Vie" ou "Le Stade de la Résistance". Il faut dire que Miossec est un inquiet cynique, qui n'aime rien tant que la souffrance. Comme si sa quête du bonheur passait par la douleur et la séparation. Il est capable ainsi de composer des merveilles de désespoir, sobres et bouleversantes comme "Je m'en vais" ou "Rose". Pour ce cinquième album, Christophe Miossec a voulu porter plus loin son désir de musique. Et l'orchestre lyrique de la région Provence lui permet de monter des cathédrales sonores ("Désolé pour la poussière"), crescendos sans surcharge qui soulignent ses mots dignes. Entre des arrangements plus dépouillés, presque secs ("Essayons") et les moments pesants qu'apporte la formation lyrique, Miossec renouvelle encore son propre registre. Il ne sourit pourtant toujours pas.
--José Ruiz
Critique
En 2004 Christophe Miossec revient avec un cinquième album intitulé
1964, son année de naissance.
Point de départ du disque : les concerts qu’il a donné en 2003 avec l’Orchestre Lyrique d’Avignon. Cette œuvre de commande est finalement devenue un projet d’album. Pour le Brestois, le prétexte lui permet de travailler avec Joseph Racaille, détourneur d’orchestre derrière Philippe Découflé, Alain Bashung ou Thomas Fersen. Des textes plus travaillés et des arrangements plus recherchés permettent à l’album de retrouver un équilibre entre les mots et la musique, cette dernière ayant été délaissée sur les disques précédents. Cet équilibre a également été rendu possible par la stabilité retrouvée au sein d’un nouveau groupe et la participation de Jean-Louis Pierrot, des Valentins.
Comme son nom l’indique,
1964 propose un bilan à l’approche de la quarantaine et si l’inventaire dressé n’est pas toujours rassurant, une impression de sérénité se dégage de l’ensemble. Pour la première fois Miossec est sorti de l’enregistrement d’un album sans anxiété avec l’impression du travail accompli, ce qui est exceptionnel si l’on se rappelle l’instabilité chronique qui caractérisaient ses premières années.
Beaucoup des textes de cet album sont chantés au passé, il y rechante notamment la ville de Brest sans nostalgie mais avec la certitude que le temps a passé et qu’on ne revient jamais en arrière.
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