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5.0 étoiles sur 5
Ici, ailleurs, à jamais et pour toujours., 27 août 2011
La quatrième de couverture résume bien les bases de cette histoire qui nous entraîne dès les premières lignes dans un monde et dans une atmosphère qui n'appartiennent qu'à Haruki Murakami. A cause du titre, on pense à Orwell et son livre d'anticipation 1984, mais ici l'action se déroule dans le passé. Dans deux dimensions exactement car on passe d'une époque: 1984 à une autre, 1Q84, qui est celle du questionnement. Mais je fais table rase de toute explication rationnelle pour simplement m'attacher aux protagonistes, amis d'enfance, qui suivent leur propre existence, Aomamé comme tueuse à gages et Tengo comme nègre pour une maison d'édition. Comme dans tous les livres de Murakami où le conte et le surnaturel ne sont jamais loin, en filigrane il est question d'amour, de mélancolie, de musique, d'Histoire, sans oublier le sexe, la violence et la religion, le tout saupoudré d'un suspense sans faille. Dévoré en 2 jours j'ai attaqué aussitôt le livre 2 afin de rester sur la vague du plaisir de lire un excellent auteur qui nous enchante. Il faudra ensuite attendre l'année prochaine pour lire la suite de cette saga nippone.
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15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Honte à l'éditeur francophone, 8 décembre 2011
Je viens de trouver, à Tokyo chez Kinokuniya (sans doute la plus grande librairie au monde) les versions en anglais (US et UK) de 1Q84, et en Hardback svp : les trois "tomes" du livre sont ici regroupés en un seul volume qui coûte environ 22 ¤. Honte donc à Belfond qui nous vend trois volumes pour chacun ce prix, et qui, fait plus grave encore, force les francophones à attendre le tome 3 jusqu'en 2012 ! Ce coup de gueule mis à part, j'ai beaucoup apprécié les tomes 1 er 2 et les destins croisés et romantiques de Aomame et Tengo. On retrouve tout ce qui fait le charme de Murakami Hakuri. Toutefois, vu certaines digressions un peu longuettes, je place 1Q84 un cran au-dessous des grands Murakami, tels Kafka sur le Rivage, la Fin des Temps, la Ballade de l'Impossible, les Amants du Spoutnik ou Au Sud de la Frontière, à l'Ouest du Soleil. Plutôt selon mon goût du niveau de la Course au Mouton sauvage, donc méritant 4 étoiles quand même.
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4.0 étoiles sur 5
Récit de deux mondes, 8 septembre 2011
Enfin. Il est là. Ou plutôt, ils sont là. Les deux premiers "livres" de 1Q84 (le troisième est pour l'an prochain), le roman phénomène de Haruki Murakami. 1 500 pages, qui ont fait chavirer de plaisir le Japon avant l'envahissement progressif du monde. La structure narrative de 1Q84 est d'emblée familière aux lecteurs de l'auteur de Kafka sur le rivage : deux récits parallèles avec deux héros, un homme, une femme, qui, a priori, n'ont rien à voir l'un avec l'autre, sauf que, peu à peu, certains éléments et événements vont les rapprocher, un peu, pas beaucoup, pas encore passionnément, certainement à la folie, à moins que ce ne soit pas du tout. Tout est placé sous le signe de la dualité dans le Livre 1 de 1Q84 : deux histoires, deux êtres solitaires à deux visages: Tengo, qui donne des cours de mathématiques, écrit en espérant être publié, et se voit proposer de remanier le roman d'une mystérieuse jeune femme de 17 ans ; Aomamé, professeur de stretching et masseuse, qui, à l'occasion se fait justicière ninja en tuant des hommes qui martyrisent le sexe féminin. Deux mondes commencent aussi à cohabiter, l'un bien réel, en l'année 84 ; l'autre, décalé, situé lui en 1Q84, et qui a, comme singularité, de posséder deux lunes. Le talent de Murakami est celui d'un hypnotiseur : avec lui, tout dérèglement à la normalité semble logique (enfin presque), tout glissement suggestif vers le bizarre paraît couler de source. Dualité toujours : le réalisme le plus crû, en particulier sur le plan sexuel, y côtoie des aspects fantastiques, à peine perceptibles au début, qui ne font que prendre de l'importance. Autre caractéristique de 1Q84, évidemment double, d'une part, celle d'explorer l'intérieur des êtres, leur âme, leurs rêves, leurs pensées les plus intimes, leurs souvenirs d'enfance ; d'autre part, celle de s'ouvrir au monde, dans ce qu'il a souvent de plus sordide : viols, pédophilie, fanatisme religieux et, plus globalement, perte des valeurs. Murakami, c'est le chaud et le froid, le yin et le yang, le fromage et le dessert. L'auteur a l'art de la digression et ne se prive pas de citer moult références. Aussi bien Orwell, d'ailleurs, que Tchekhov, Janacek, Dickens ou Hitchcock. Et le miracle est que rien ne semble hors sujet, pris que l'on est dans l'arachnéenne toile tissée par le romancier. Son écriture est simple, épurée, on pourrait presque dire effacée, et participe à cet envoûtement d'un livre qui, au bout de 535 pages, n'a livré que bien peu de clés pour accéder au fin mot de l'histoire, dont on se doute qu'il restera, quoi qu'il arrive, nimbé de mystère. Suite, mais pas fin, dans le Livre 2, juillet-septembre.
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