Enfin, voici la conclusion du dernier roman de Murakami Haruki !
Commençons par l'essentiel : la fin n'est ni ratée ni décevante. Si vous avez aimé les deux premiers opus, vous aimerez celui-ci.
Tout commence par l'entrée en scène d'un troisième personnage que le lecteur va suivre, en parallèle aux deux amoureux dont les vies se croisaient dès les deux premiers livres : Tengo et Aomame. Les amants se rapprochent, tandis que les envoyés de la secte tissent leur toile autour de la jeune femme. Les chemins convergent vers la ville des chats...
Comme les pièces d'un puzzle, les indices se recoupent, se chevauchent. Et 1Q84 n'en finit plus de décliner les images, de mêler le rêve et la réalité, le réalisme du décor : le Japon et Tokyo où les personnages se croisent, et les chemins labyrinthiques d'un monde parallèle.
Comment en dire davantage sans gâcher le plaisir de la découverte ?
1Q84 se donne à lire, à travers ses références et ses allusions (Shakespeare, C.G. Jung) comme un conte contemporain et intemporel. L'histoire d'un amour éternel, à la fois doux et violent. Résolument fantastique dans son imaginaire, mais dont la simplicité des épisodes, des situations, la vérité des dialogues et la fragilité des sentiments, touchent le lecteur.
Dans ce roman, comme souvent chez l'auteur, tout semble se répondre et se refléter. La poésie d'un moment, le refrain d'une chanson, la solitude des êtres.
C'est la touche de Murakami, sa petite musique, et son parfum : la fragile frontière entre notre réalité et la trame rêvée des sentiments.
Julian Morrow.