Premier fils prodigue issu de la seconde génération de chanteurs soul, avec les D’Angelo, Lauryn Hill ou Erykah Badu, Bilal n’a pas peur de l’impertinence ou de la prétention car il est sûr de son talent. Et son premier essai musical l’inscrit d’emblée dans la lignée des Donny Hathaway et autres Stevie Wonder.
Son éducation musicale classique couplée à sa connaissance des arrangements du monde du jazz et son talent d’improvisateur lui permettent d’intégrer toutes les couleurs musicales dans ses compositions. Sans oublier sa voix de falsetto qui l’aide à d’atteindre des émotions peu communes dans la scène soul. Les thèmes sont profondément ancrés dans la condition de Noir aux Etats-Unis au tournant des années 2000 – réflexions sur la vie de magouilleur ou de mac comme sur
« Fast Lane » (une nouvelle superproduction du géant Dr. Dre) et sur laquelle les textes des frères Mtume aidés de Mike City prennent plus de symbolique.
Bilal rend hommage à tous les pionniers de la musique noire, hip-hop inclus, comme sur
« Reminisce » de Jay Dee, reprenant en compagnie de Mos Def et Common
« T.R.O.Y. » de Pete Rock et CL Smooth. Il s'inscrit également dans les pas de Bob Marley, avec
« Home », évocation brillante de l’Afrique.
Les autres références musicales sont omniprésentes, les influences de Curtis Mayfield, Kool & the Gang, Sly Stone, Stevie Wonder, Bootsy Collins et bien entendu Prince résonnant comme autant d’échos.
« Sometimes » est une profonde réflexion sur l’amour et les relations en général, parfaitement mise en musique par d’autres proches de la famille Soulquarians.
Constat social désarmant, le premier album de Bilal aurait dû révolutionner les consciences musicales. Il n’en a rien été en raison de sordides diktats économiques. Justice ne lui a pas été faite.
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