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9
4,2 sur 5 étoiles
20 bonnes raisons d'arrêter de lire
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C'est une jolie incitation à la lecture, un petit écrit polémique qui avec beaucoup d'humour et de brio médit et ridiculise ce passe-temps si doux et agréable qui nous rend "laid", "fainéant", "pédant", "snob", "fou", "triste", "réactionnaire"... Car c'est l'auteur qui le dit, lire est dangereux, isole de la société, enrichit les libraires, nous coûte cher, favorise l'oisiveté... bref, en un mot lire est totalement inutile et néfaste.

Désavouer, stigmatiser la lecture pour au contraire la glorifier est un pari que Pierre Ménard relève brillamment grâce à son talent d'écrivain, mais grâce aussi à tous ces écrivains et philosophes qui, sans le savoir, lui ont prêté main forte, ont travaillé dans l'ombre pour lui, des écrivains et philosophes dont il cite les pensées et réflexions.

C'est vite lu, fin, savoureux, intelligent, bourré d'humour... ça fait du bien.
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Ce petit livre m’a tout de suite attiré par son titre et son thème.
Aussitôt, on se doute qu’il va être question d’une apologie des livres, via le procédé de l’ironie et des antiphrases. Prometteur, donc.
Une sorte de réponse en forme de ricochet à Charles Dantzig, cité à plusieurs reprises, qui posait la question suivante, en 2010 : « Pourquoi lire ? ».
Et l’auteur a de la suite dans les idées, car il écrit la dédicace suivante : « À tous ceux qui ne liront pas ce livre ».

Et si, finalement, il ne se voulait plus sérieux qu’il y parait ? Et si l’auteur, Pierre Ménard, au-delà de l’ironie, parvenait à vous faire douter, à vous donner de réelles bonnes raisons de prendre garde au caractère parfois dangereux des livres ?
Heureusement, comme les statistiques les plus officielles le révèlent, pas si nombreux sont, en définitive, ceux qui lisent vraiment un livre jusqu’au bout, tout au moins parmi les best-sellers qui occupent, de fait, une très grand part des ventes.

Et si le livre avait avant tout une valeur ou une fonction esthétique ? Situation pas si absurde, évoquée d’ailleurs à travers le court chapitre 19 (les chapitres, tous compris entre une et dix pages, n’en sont d’ailleurs pas véritablement), « Les livres faits pour ne pas être lus », qui recèle, non sans humour, là encore son fond de vérité.
Mais de quels dangers parle-t-on ? Les coupures aux doigts, la myopie, le manque de sommeil ? En voici d’autres, qu’évoque également Pierre Ménard :

« À trop lire, et en particulier des livres d’histoire, on se rend compte des avantages du passé et des inconvénients du présent, sans que la réciproque soit vraie.
Il faut dire qu’il y a matière à réfléchir. En effet, aujourd’hui, l’eau mouille, les facteurs sont timbrés, les cheminots déraillent, les routiers se font rouler, les électriciens ne sont pas des lumières, les pâtissiers sont au bout du rouleau, les femmes de ménage sont dérangées, les avocats sont véreux, les plombiers sont bouchés et les bouchers trop crus, les cuisiniers sont louches, les serveuses sont menues, les photographes ont des pellicules, les brasseurs sont sous pression, les serruriers se portent mal, les chauffeurs de taxi ne savent pas se conduire… »
Évocateur. Et qui donne bien le ton du livre.

L’auto-parodie va jusqu’à intituler le livre « 20 bonnes raisons de ne pas lire », alors qu’on en trouve finalement 26. Certes, cela aurait sonné moins bien, mais l’auteur ne doit pas totalement y être étranger.
Parmi ces raisons, on trouve pêle-mêle : « Lire rend laid, rend fainéant, rend pédant, rend snob, coupe du monde (le calembour étant, naturellement, recherché par l’auteur), nuit à la réussite professionnelle, rend fou, rend triste, tue, est un plaisir élitiste, détruit l’environnement, est inutile, … ».

Mais être mono-lecteur peut s’avérer bien pire :
« Saint Thomas d’Aquin a raison de dire qu’il « craint les hommes d’un seul livre » : les excités politiques de tout poil ont leur ouvrage de référence, à l’exclusion de tous les autres. Les Témoins de Jéhovah ont leur manuel, les islamistes le Coran (ce n’est pas un hasard si l’on parle de religion du livre), les communistes Le Petit Livre rouge, les anarchistes Proudhon, les nazis Mein Kampf et les enfants Oui-Oui. »

Le chapitre sur les lieux de lecture est, à lui tout seul, savoureux.
Extrait :

« Les trois lieux où l’on lit donc encore aujourd’hui sont les transports en commun, le lit et… les petits coins.
Je passerai le premier sous silence, car si l’on lit dans le métro, ce n’est pas pour vivifier son intellect, mais seulement pour avoir un endroit neutre où poser son regard. Autrement, que faire de ses yeux alors si embarrassants ? Regarder les gens qui voyagent avec nous ? On passe vite au mieux pour un psychopathe, au pire pour un pervers. Fixer attentivement une banquette, un néon ou une barre en fer ? Là, on nous prend pour un débile profond. Fermer les yeux ? Dites alors adieu à votre portefeuille. Je ne m’attarde pas davantage sur ce qui n’a pas lieu d’être.
Évidemment, l’on peut trouver une logique homonymique à dire qu’on lit au lit. Mais la véritable raison pour laquelle on lit avant de se coucher est que les livres endorment. Knock, le médecin escroc de l’écrivain non moins escroc Jules Romains, suggère ainsi à ses patients insomniaques de lire pour trouver le sommeil.
Quant au dernier endroit, si la bienséance voudrait que je le passe sous silence, la nécessité d’une démonstration globale de la nuisance qu’entraîne la lecture m’oblige à l’évoquer(…) »

Si les dangers s’avèrent, en définitive, plus prépondérants concernant les auteurs que les lecteurs, la conclusion n’aura pas manqué de me surprendre et me laisser pantois (raison pour laquelle je n’ajouterai rien). Moi qui ignorais qui est Pierre Ménard et imaginais un vieil écrivain aguerri, vers la fin de sa carrière, voici ce que j’ai découvert en achevant la lecture :

« Voulez-vous une preuve de plus de l’inutilité de la lecture ? Vous la tenez entre vos mains. Car qu’est-ce que ce livre sinon un brûlot peu intéressant, qui vous a pris du temps et ne vous a rien apporté ?
Pourquoi ai-je écrit un tel livre ? Pour tuer le père. Pour me libérer de l’esclavage qu’est la lecture, et empêcher les autres d’y sombrer (…)
Vous qui avez peut-être la chance d’être un néophyte, tenez-vous sagement à l’écart des livres. Tuez-les avant qu’ils ne vous tuent. Pour moi, c’est déjà trop tard. Écoutez les conseils d’un vieux fou de 21 ans. »
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Autant vous le dire tout de suite, l'objectif visé par le titre ne sera pas atteint, bien au contraire, il est totalement contre-productif !

En 26 courts chapitres et beaucoup d'humour et d'exemples, l'auteur démontre en quoi lire est inutile, dangereux, et pourquoi cela rend laid, pédant, snob, fou et j'en passe.

Beaucoup de références à Charles Dantzig (pourquoi lire ? (Grasset, 2010), et dictionnaire égoïste
de la littérature française (Grasset, 2005)) ainsi qu'à Proust....
Lire détruit la vue et rend insomniaque, on s'en doute, mais rend chauve aussi (si si!), et surtout, fainéant :
p. 22 : « à y regarder de près, la vie d'un grand lecteur n'est pas si différente de celle d'un malade en phase terminale : se lever, s'allonger (pour lire), déjeuner, s'étendre (pour lire), dîner, lire, se coucher. Les lecteurs sont des incurables. »
Mais lire tue, aussi :
p. 53 « Lire, c'est s'enfermer dans un monde imaginaire ; un monde qui n'est pas gouverné par la Providence, si imprévisible, mais par la main de l'écrivain. Un monde qui n'est pas la vraie vie, mais qui s'en donne l'apparence, tout en étant sa négation. À force de lire des romans à l'eau de rose, Mme Bovary croit que le grand amour existe. Elle cherche à vivre sa vie comme un livre. Elle en détruit son mariage, avant de détruire sa vie, en s'empoisonnant. »

Vite, fuyez, tant qu'il est encore temps.
Lire c'est ennuyeux, les livres c'est nul, les lieux où l'on lit, les livres qui sont faits pour ne pas être lus … bref, que du bonheur pour le lecteur déjà sérieusement atteint. Car bien évidemment, à contre-courant, c'est bien un éloge de la lecture que nous offre Pierre Ménard. S'il est parfois un peu bavard ou ennuyeux, on le pardonne aisément, tant son pamphlet pour nous faire arrêter de lire n'est absolument pas … convaincant !

À offrir à tous ceux dont vous voulez encourager le vice !
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Avec un second degré affirmé et un sens de l'humour énorme, Pierre Ménard signe un ouvrage rafraichissant, léger et savant. Brillant !
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le 28 mars 2014
Ai acheté le livre sur recommandation de Jean-Louis Ezine dans Le Masque et la plume. je n'ai pas été guéri de ma passion des livres-et c'est peut-être par là que le livre pèche un peu puisqu'il ne nous fait pas atteindre le but qu'il promet. En tout cas une érudition surprenante de la part d'un jeune étudiant en littérature. Le livre rappelle un peu le dictionnaire égoïste de Charles Dantzig. Dommage que le livre ne soit pas un peu plus long.

Un très bon moment de lecture, mêlant une extrême mauvaise foi à une jouissive érudition!
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le 16 mars 2014
Un pamphlet qui, malgré un titre un peu commercial, se lit d'une traite en 2 heures. Les chapitres extrêmement courts permettent de lire le livre dans l'ordre que l'on veut. Malgré de très nombreuses références à d'autres auteurs, le propos parvient à rester toujours léger et drôlissime.

Un livre à recommander à tous ceux qui aiment les livres, mais aussi à tous ceux qui ne les aiment pas! On ne peut pas être déçu
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bien sûr il s'agit là d'une tentative provocatrice et désopilante d'énumérer tous les effets secondaires d'un abus de lectures ("lire rend laid" , "lire rend fainéant" etc...) le tout ponctué d'exemples et de citations variées visant à confirmer le propos ... inutile de préciser qu'aucun argument ne vise vraiment à convaincre les lecteurs que nous sommes d'abandonner leur passe temps favori ! un bon moment de détente et d'humour par l'auteur du fameux "pour vivre heureux, vivons couchés" !
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1 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 26 mars 2014
Un petit bijou d'humour et d'érudition qui se lit très facilement.
A dévorer de toute urgence (pour continuer à lire).
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0 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 26 mars 2014
Ai acheté ce livre suite à une chronique télévisée. Déçue. C'est long, becp moins drôle qu'espéré, il est sûr je ne lirai pas son premier ouvrage. 12 Euros de perdus !
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