Cet album est moins une tentative pour renouveler le gangsta rap que l'affirmation par Dre de la domination tranquille qu'il exerce sur ce genre et ce style. Suge Knight en prison, 2pac mort : seul reste Dre. Par rapport à The Chronic, les inflexions G-Funk et les claviers 80es ont disparu au profit de basses énormes et de claviers diaphanes, parfois de cuivres ronflants. L'affirmation identitaire de The day the niggaz took over (sur les émeutes de L.A.) ou de Lil Ghetto boy a cédé la place aux problèmes de nouveau riche de Dre qui constate, amer : "I moved out of the hood, you blame me? If niggaz wanted you killed, you'd probably move to a new house on a new hill". Du coup, et au delà des rodomontades sexistes (Fuck you - réplique au Aint no fun if the homies cant have none du premier album de Snoop Doggy dogg, Housewife, Pause for Porn), l'image qui transparaît est celle d'un ancien mauvais garçon dont la vie est aujourd'hui entièrement dédiée à la composition de "beats to vibe with". Compétence dont à l'écoute de Still Dre, Bitch Niggaz ou What's the difference ?, personne ne doute qu'il ait acquis une maîtrise définitive.