On attendait 2012 depuis longtemps. Du moins, cela faisait longtemps qu'on en parlait. Pour ma part, j'avais apprécié Independence Day ou le Jour d'après pour leur côté "effet boeuf" et leurs effets spéciaux tonitruants. Côté scénario, Roland Emmerich ne s'est jamais embarrassé de finesse. Avec 2012, il était hautement prévisible que nous aurions droit à un film catastrophe gigantesque et qu'il ne fallait pas s'attendre à une quelconque vraisemblance. Effectivement c'est le cas. Le film est ENORME, tape à l'oeil et gorgé d'effets de destruction massive hallucinants et particulièrement impressionnants. On s'y attendant mais on en prend tout de même plein les yeux et les oreilles : Les tours qui s'effondrent, un raz de marée qui submerge les montagnes, un porte avion qui s'écrase sur la maison blanche, une explosion gigantesque avec une magnifique retombée de magma... Du déjà vu certes mais en taille XXL dans 2012. On a même droit à l'engloutissement d'une côte entière des Etats-Unis dans un plan large exceptionnel. Les immeubles déchirés fourmillent de milliers de détails d'une précision sans précédent. Sur ce point, et c'est tout de même bien là qu'on attendait ce film, Roland Emmerich a pleinement rempli son contrat. Voilà pour le tout bon. Mais! Il y a un mais : Si le sujet peut effrayer (Et si ça arrivait!), le ton que donne Emmerich a son film fait de son anéantissement de la planète un pure divertissement (pas bien ça !). La fuite absolument improbable de cette famille d'Américains est souvent très poussive : Un pseudo pilote d'avion qui prend en un clin d'oeil en main un avion et le fait virevolter entre les immeubles qui s'écroulent ou le pilotage effarant de John Cusak en voiture ou en camion lorsque la terre se fend et que tout s'écroule alentour... c'est un peu too much. Et que dire des sempiternels actes héroïques purement impossibles (John Cusak qui s'immagine pouvoir dégager à la main et en apnée un câble ayant coincé un gigantesque rouage de plusieurs tonnes de puissance...). J'ai été de même assez interpellé par le stoïcisme de certaines personnes qui devant un immeuble qui s'écroule ou une gigantesque vague déferlante qui va s'abattre sur elles ont encore le calme et le courage d'avoir un beau mot. Moi, j'ai l'impression qu'à leur place j'aurais sans doute crier comme une truie. De surcroît, Roland Emmerich cabotine un poil : le sacrifice inutile du président des USA (noir) d'un altruisme et d'une candeur démesurés... Pour finir, les personnages sont un peu stéréotypés : L'Américain moyen qui se transforme en super héros, le vilain qui ne pense qu'à sauver sa pomme, l'altruiste qui est prêt à donner sa vie (et celle des autres) pour la noble cause. Pour finir et bien entendu dans les moments les plus tendus, Roland Emmerich ajoute une sympathique note d'humour à contre temps. J'avais peut-être rêvé d'un film catastrophe apocalyptique mais réaliste et plus documentaire, nous avons simplement droit à ce à qu' il fallait s'attendre, un film hollywoodien à très grand spectacle alignant les poncifs mais au rythme haletant et d'une efficacité visuelle indéniable. C'est déjà ça.