Camembert Electrique,
Flying Teapot,
Angel’s Egg,
You… entre 1971 et 1975, le groupe Gong devient, grâce à ces albums délirants, un fétiche de la scène post-68. Ils vivent dans l’Yonne, en communauté, dans un minuscule village, et transportent sur les scènes du monde leur spectacle psychédélique et joyeux. Avec Magma, Soft Machine et Can, ils sont les phares européens d’une musique aventureuse, alternative, qui emprunte au jazz, au rock, voire au funk, mais eux ont l’avantage de ne pas se prendre au sérieux. Les racines hallucinogènes qu’ils sèment donneront plus tard quelques fruits techno.
Séparés en 1977, puis actifs chacun de leurs côtés, ils se reforment vers 1992, poursuivent des expériences musicales toujours défricheuses de territoires inconnus, puis se retrouvent tous pour ce
2032 qui vient, quarante ans plus tard, donner une suite leur trilogie
Radio Gnome. Il y a là Daevid Allen, le leader australien spatial, Steve Hillage et sa compagne Miquette Giraudy (qui du duo techno System 7 à la production de tous les albums de Rachid Taha n’ont jamais laissé refroidir leur inspiration), Gilly Smith, la vocaliste initiale, Mike Howlett, Chris Taylor, Theo Travis et même Didier Malherbe aux saxophones.
Ressuscité, ou plutôt redescendu de sa planète lointaine, Gong retrouve sa verve et délivre un rock transpercé d’illuminations jazzistiques et son mélange de rythmiques serrées et d’instruments inattendus qui infusent leurs couleurs rares dans un rock nerveux. Du rock de martiens ; ce qu’ils furent aux temps héroïques de la contre-culture vagissante, et qu’ils persistent à être dans un monde sinistre et formaté.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2013 Music Story