Le docteur Yamane, qui travaillait avec Kirko la mère de Kanna, semble intéresser les esprits, et cette dernière ainsi qu’Otcho partent tout deux chacun de leur côté à la recherche du scientifique. C’est grâce à lui qu’on redécouvre Yamane, un gamin de leur enfance. Tout est lié, toutes les pistes les mènent vers le passé et c’est avec incertitude qu’Otcho s’y plonge. Devant ces souvenirs, il y a également une certaine angoisse qui vient se glisser chez les personnages comme chez le lecteur. On se rapproche de plus en plus de la vérité, qui n’est pas loin … Mais avant, on rencontre de nouveau d’anciens visages qui avaient disparu, et tout d’un coup un chanteur un peu bizarre prend d’avantage d’importance : Haru et son manager sont décidés à démasquer Ami, et leur enquête les mènera jusque devant lui, dont le visage apparait à découvert devant le chanteur populaire. Mais la révélation ne tombera qu’en fin de tome, et la tension monte au fur et à mesure des pages. On a l’impression que la découverte d’Otcho dans la salle de science de son ancienne école n’est qu’un détail de plus pour nous frustrer, mais Urasawa semble véritablement prêt à nous donner de quoi satisfaire notre curiosité, ce qui est une excellente chose et peut relancer le suspense par la suite. Le principal était de ne pas rester perpétuellement dans cette attente, ce questionnement.
Si la recherche du docteur Yamane est primordiale, et les révélations importantes, on regrette un peu que la multitude de personnages ne soient pas tous présents à part entière dans ce tome. Kanna, qui avait pris tant d’importance dans les derniers volumes, se voit un peu oubliée. Elle ne fait que suivre l’histoire sans y prendre part de manière aussi magistrale et fracassante que d’ordinaire, et ses souvenirs ne nous aident pas vraiment. Mais heureusement, les investigations de Yukiji, Yoshitsune et Kyoko avancent bien, par la logique des choses et la mémoire collective. Toutes les pensées convergent et nous donnent la capacité de découvrir quelques pages avant la fin de qui on parle depuis 12 volumes comme d’un usurpateur. Le visage et l’identité d’Ami sont révélés au grand jour, et c’est un grand soulagement pour le lecteur qui peut enfin souffler après une montée en tension aussi importante. Les explications arrivent avant la révélation fatidique, et grâce à tous les protagonistes on parvient peu à peu à reconstruire certains événements et à lier Yamane à toute cette histoire. C’est un excellent moment de mystère révélé que nous offre Urasawa, qui nous laisse sur une fin de volume surprenante et pas paisible le moins du monde. On n’a même pas le temps de réfléchir à ce qu’il est arrivé qu’on doit se projeter dans le volume 13 afin de deviner comment Otcho et son compagnon vont s’en sortir. Mais surtout, la grande question se pose : pourquoi Ami, la base de l’histoire, disparait aussi facilement à la moitié de la série ? Réponse dans le prochain tome !
NiDNiM
(Critique de www.manga-news.com )
Naoki URASAWA est né le 2 janvier 1960 à Fuchu dans la préfecture de Tôkyô.
Il étudie à l'université de Meisei où il reçoit un diplôme en économie. Depuis le lycée jusqu'a cette époque il partage son temps libre entre le dessin et la musique. En 4eme année il postule auprès des éditions Shogakukan pour devenir non pas mangaka mais pour intégrer le service commercial ou éditorial. Il profite de sa rencontre avec le responsable du Shonen Sunday pour lui montrer tout de même quelques planches. Si celui-ci ne semble pas convaincu son adjoint lui trouve sa nouvelle intitulée
Return intéressante et la présente au responsable du magazine Big Comic. Sur leur conseils il se présente au concours des jeunes auteurs et reçoit le prix du meilleur jeune mangaka pour cette même histoire.
Il décide alors de tenter sa chance en tant que mangaka et devient assistant.
En 1983 il publie l’année son premier court récit de science-fiction,
Beta! qui sera publiée dans le supplément du Big Comic dédié à Golgo 13.
C'est en 1986 qu'il commence sa première série longue et collaboration avec Kazuya Kudô :
Pineapple Army (パイナップルARMY), qui sera publiée jusqu'en 1988 dans le Big Comic Original et qui fera au total 8 tomes.
Mais c'est avec Yawara! débutée la même année qu'il va réellement rencontrer son public et le succès. Publiée dans le Big Comic Spirits la série est récompensée par le 35ème prix Shôgakukan en 1990 et fait l'objet d'une adaptation en anime (1989-1992), d'un film, et d'un jeu vidéo. Sa parution s’étalera sur 7 ans s'achevant en 1993 avec 29 tomes au total...
En parallèle il publie deux one-shots : Dancing Policeman (Odoru Keikan / 踊る警官) en 1987 et N.A.S.A en 1988, tout deux pré-publiés en 1984 dans le Big Comic, mais réédité suite au succès de l'auteur avec Yawara!
Auteur prolifique il entame en 1988 son second grand succès : Master Keaton, qui sera publié jusqu'en 1994 dans le Big Comic Original et qui comptera dix-huit volumes. Cette série fera elle aussi l'objet d'une adaptation animée en 1998 (disponible en vf chez IDP) et contribuera encore un peu plus à la renommée du mangaka.
En 1993, il débute poussé par son éditeur la comédie-dramatique sportive
Happy! Happy! (disponible en version deluxe chez Panini) qui sera publiée dans le Big Comic Spirits et qui elle aussi rencontrera un énorme succès malgré quelques débuts un peu chaotiques pour se conclure en 23 tomes en 1999. La même année il publiera un one shot consacré au personnage charismatique du grand père de Yawara dans Jigoro...
En 1994, parallèlement à la parution de Happy! il commence la série qui lui tient à coeur depuis un moment :
Monster (disponible en édition simple et
deluxe chez Kana) qui sera pré-publié dans le Big Comic Original jusqu'en 2002 avec 18 tomes et une fin magistrale. Une fois de plus le talent narratif de l'auteur fait mouche, c'est un nouveau succès auprès du public, la série est récompensée par 2 prix celui du meilleur manga en 1997 par Shogakukan et en 1999 Grand Prix culturel Osamu Tezuka mais aussi en France en 2003 en recevant le prix de la meilleure série à Angouleme. Sans surprise la série est adaptée en série tv deux ans plus tard en 2004 (disponible en vf chez Kaze)...
En 1999, il se lance dans un nouveau thriller et publie
20th Century Boys et
21th Century Boys dans le Big Comic Spirits, sa série la plus maitrisée et certainement la plus couronnée de succès jusqu'à ce jour. Veritable Best seller, elle reçoit le Prix du meilleur Manga par Shogakukan et Kôdansha, le Prix de la meilleure série au Festival d’Angoulême en 2004 et le Prix Asie ACBD en 2010 . Avec un total de 24 tomes publiées en 2000 et 2007 (22 sous le nom de
20th Century Boys, 2 sous celui de
21st Century Boys) cette série emblématique est un véritable incontournable du manga actuel. (
Lire notre dossier).
A noter qu'en 2000 parait le recueil Shoki no Urasawa,
Histoire courtes de Naoki Uraswa qui regroupe l'ensemble des histoires courtes créées par l'auteur dans ces premières années, on y retrouve entre autre Return...
En 2003, il se lance un nouveau défi, fan incontesté de Ozamu Tezuka, il se lance dans l'adaptation de
Pluto, une célèbre aventure d'Astro Boy, héros mytique du "Dieu du manga". Publiée dans le Big Comic Original la série s'achève en avril 2009 au bout de 8 tomes. (
Lire notre dossier)
Pluto terminé, Naoki Urasawa démarre en 2008 sa dernière série en date :
Billy Bat / Billy Bat, qui est publiée cette fois-ci par Kodansha dans le Morning magazine.