Les scénaristes avaient annoncés la couleur de cette saison: paroxysme des relations personnelles, noirceur et choix inhumains. Voilà ce qui fait la force de cette saison 3: Les personnages. On vit avec eux, on partage leur angoisse. Tous sont détaillés, aucun n'est oublié. On a mal pour eux, on est gênés pour eux on ressent ce qu'ils ressentent. Oui, cette saison est la plus dérangeante, car les scénaristes (sadiques et extraordinaires) jouent avec nos nerfs en plaçant nos pauvres héros dans des situations complexes, leur faisant faire face à leurs pires démons intérieurs.
Ainsi, à la fin de ce "volet", le happy-end n'est pas de mise: on est sidéré par le destin de certains personnages, par la cruauté d'autres, par leur désespoir. Certains prennent de nobles et terribles décisions, mais aucun d'entre eux ne ressort indemne de cette terrible journée. Oui, car pour faire face à la menace virale, il faudra ruser, mentir, tuer et se salir les mains. Tous ceux qu'on avait déjà croisés sont là (et de nouveaux) pour le meilleur et surtout pour le pire. Résultat : aucun des personnages n’est noir ou blanc et je dit bien AUCUN. Tous ont osé rêver de vengeance, de pouvoir… Des personnages qu’un seul mot suffit à définir : humains.
Des scènes d'actions sublimes (dont même certains gros films d'action récents peuvent être envieux !), une musique magistrale et des acteurs au diapason complètent la réussite de l'ensemble. Ne parlons même pas d'une réalisation soignée (caméra à l'épaule, style néo-documentaire réaliste, split-screen) et du concept novateur (temps réel).
Par ailleurs la série se rapproche d’autant plus de l’actualité ce qui accentue ce réalisme (Relation anglo-américaine, menaces terroristes, les campagnes électorales Américaines et leur hypocrisie…). Jamais une série n'avait pénétré aussi loin dans les arcanes des USA.
… et c’est là que le Day 3 fait beaucoup plus fort que le 2 : dans le 2, on reste tout du long sur le fil, alors que dans le 3, on en tombe pour basculer dans le drame et également dans des pertes civiles importantes avec épidémies…
Il est aussi joussif de constater que les scénaristes maîtrisent parfaitement leur boulot pour ce qui est de cerner le sujet: ils nous parle d'attaque virale, donc ils en profitent pour élargir le thème et évoquer des problèmes de société comme les virus informatiques et l'épidémie de notre siècle, le SIDA, l'euthanasie, et cette épineuse question : "Où se situe la frontière a ne pas dépasser lorque l'on oeuvre pour sauver des vies ?". Et cette question fait s'opposer au réalisme de purs instants de "mythologie lyrique" qui atteignent leur apogée dans les 8 derniers épisodes de cette saison: une impression de chaos inmaîtrisable, sauf si la Frontière entre le "bien" et le "mal" est dissoute.