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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Le film de la maturité,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : 24 city (DVD)
Cela fait 10 ans que Jia Zhang-Ke filme les transformations brutales de son gigantesque pays à sa manière : contemplative et parfois hermétique. On peut considérer que 24 city est le film-somme de la première décennie de sa carrière, une sorte de condensé de tous ses thèmes fétiches. Si les historiens de l'an 2050 veulent comprendre quelque chose de l'évolution de la Chine entre 1970 et 2008, ils devront probablement commencer par voir ce docu-fiction.3 générations, un gouffre immense. Le Parti communiste chinois a beau revendiquer « l'Harmonie » dans sa façon de développer le pays, il ne faut pas chercher bien longtemps pour découvrir le fossé spectaculaire qui existe entre la génération Mao et la génération McDo - témoin sans doute du retournement idéologique le plus vaste, le plus radical et le plus rapide de l'histoire de l'humanité. Le cadre du documentaire exprime en lui-même ce bouleversement : le complexe d'armement 420 qui employait des dizaines de milliers d'ouvriers, véritable ville dans la ville en plein Chengdu, est en passe d'être rasé pour donner place à un complexe hôtelier de luxe. On passe là du tout au tout - même si c'est toujours le Parti qui décide. Les témoignages recueillis, qu'ils soient réels ou interprêtés, sont édifiants, exprimant le passage d'une société fermée, repliée sur elle-même, à une société beaucoup plus ouverte sur le monde : - Les vieux nous parlent d'un temps révolu où l'accomplissement de la révolution tenait lieu de motivation, où la propagande était le lot quotidien et dont les traces subsistent encore dans leurs cerveaux manipulés : on parle encore d' « impérialisme américain » pendant la Guerre de Corée alors que c'est bien la Corée du Nord soutenue par la Chine et l'URSS qui déclencha la guerre en envahissant la Corée du Sud, ou bien de « catastrophes naturelles » de la Révolution Culturelle pour cacher les désastres d'une politique criminelle. - La génération intermédiaire dont fait partie JZK est une sorte de trait d'union entre 2 mondes, assistant sans vraiment trop savoir quoi en penser à un basculement historique. On ne sait s'il faut être nostalgique ou plein d'espoir. Peut-être ni l'un ni l'autre. - La jeune génération, quant à elle, à moins de scrupules. Le rejet en bloc du passé est total. L'uniforme ouvrier, symbole d'autrefois? Après 3 jours d'usine, celui-ci jette l'éponge, trouvant insupportable le moule routinier dans lequel on l'enferme. Son alter-ego féminin veut venger l'humiliation subie par ses parents en ayant pour objectif de gagner un maximum d'argent, en voyageant à la recherche d'opportunités lucratives. Une génération prête à tout. Alors que l'on chante encore l'Internationale, un bâtiment en ruines s'effondre sous la dynamite. Les basses electros de Lim Giong remplacent les chants révolutionnaires périmés tandis que l'on découvre le Chengdu d'aujourd'hui. JZK ne fait que constater le changement, mais semble refuser d'y prendre part. Il est l'anti-militant, l'anti-Micheal Moore par excellence. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
24 City,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : 24 city (DVD)
Ce film du réalisateur chinois Jia Zhang-Ke a été présenté à Cannes en 2008. Le tremblement de terre qui avait dévasté la ville de Chengdu venait de se produire ; Chengdu, une des grandes villes de la province méridionale du Sichuan, est le lieu où se déroule le film.Jia Zhang-Ke est désormais le chroniqueur lucide de la transformation de la Chine. Et comme le signe le plus visible de celle-ci est le ballet des pelleteuses, les forêts de grues, les destructions et reconstructions d'immeubles, les déménagements, il y a des sujets qui ne demandent qu'à être traités. Une ancienne usine, désormais désaffectée, et la cité modèle qui en dépendait, vont être transformées en résidence de luxe : les ouvriers et leurs enfants se souviennent, et devant la caméra retracent leur vie. La bande son reprend des chansons qui ont marqué leur jeunesse, même si c'est surtout la rumeur de la grande ville qui définit l'ambiance sonore du film. Il y a ici encore moins de prétexte narratif, d'"intrigue", que dans Still Life Still life: les personnages sont à l'écran les uns après les autres, filmés en style documentaire. Mais il y a tout un jeu subtil de la fiction et de la réalité: l'ouvrière qui raconte qu'à 20 ans on la prenait pour l'actrice Joan Chen et qu'on l'a surnommait à cause d'un de ses films Xiao Hua (petite fleur) n'est autre ... que Joan Chen elle-même. Pourquoi, en fait, est-ce que, sur des présupposés austères, ça marche si bien ? Pourquoi ce film est-il admirable et émouvant ? Il y a une thèse radicale de cinéaste : filmer les gens, ce n'est pas « symboliser » le tout au moyen de la partie. Les gens, et leur habitat, sont tout. L'histoire de la Chine contemporaine, c'est l'histoire des chinois. Les faire parler, c'est voir le pays lui-même, atomisé en milliers de petites trajectoires poignantes, celles d'hommes et de femmes qui frappent par leur humour, leur sagesse (« Quand on s'occupe, on vieillit moins vite ») et leur dignité. Raconter l'immense à partir de l'infime, montrer dans le présent le passé qui ne passe pas, capter les basculements (comme ce moment où on descend les lettres géantes du nom de l'usine qui en surmontait la façade) : un projet d'auteur, assurément. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Excellent témoignage sur la mutation de la mentalité chinoise,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : 24 city (DVD)
Tourné sous forme d'un documentaire avec des témoignages de personnes ayant travaillé dans une usine d'armement en Chine . Cette usine est détruite pour construire des appartements de luxe. La transformation de la mentalité chinoise est très bien montrée à travers les témoignages. Les anciens ouvriers étaient soumis corps et âme alors que les jeunes rêvent de capitalisme. Quel désastre!
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