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Telemann, l'homme aux 1700 cantates, aux 40 passions, aux dizaines d opéras, l'homme aux 3600 oeuvres répertoriées, n'a écrit que 36 Fantaisies pour le clavier ! Et elles tiennent sur trois CD ; voici donc l'intégrale de ce recueil publié en 1732. On remarquera que Telemann fait allégeance à la mode du moment, qui favorise la musique de style italien et français. Vingt-quatre des 36 Fantaisies adoptent le genre à l'italienne : trois mouvements, même si le dernier est en fait un da capo du premier mais un da capo soigneusement ornementé, à la fantaisie de l'exécutant. Les douze Fantaisies à la française reprennent le modèle en trois mouvements : lent pour le premier, rapide pour le deuxième, tandis que le troisième comporte une introduction lente suivie, sans interruption, d'un passage virtuose. Les titres français évoquent toute la grâce aristocratique de l'époque (orthographies à l'ancienne respectées) : pompeusement, flateusement, gayment, gratieusement... Le claveciniste italien Andrea Coen joue sur une copie d un Mietke berlinois du début du XVIIIe siècle, de toute beauté, au son ample et coloré exactement ce qu'il faut pour cette musique capiteuse, capricieuse, beaucoup plus inventive que ce qu'on pourrait croire... Car Telemann souffre d'une catastrophique réputation de robinet-d'eau-tiède et de moulin à baroqueries : les présentes Fantaisies, fantaisistes à souhait, n'appartiennent certes pas au genre mou.
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Il est assez rare d'entendre des pièces intimistes de Telemann , compositeur prolixe mais plutot extraverti dans la plupart de ses oeuvres . Ces fantaisies écrites en 1732 /33 adoptent un modèle Italien pour 24 d'entre elles et un modèle Français pour les 12 suivantes . Leur inspiration est assez inconstante et leur forme aurait au moins mérité un jeu engagé de la part de l'interprète . Malheureusement , ce n'est pas le cas dans cet enregistrement qui me rappelle (la nostalgie n'est pas toujours bonne à prendre) le jeu de Ruggero Gerlin dans les années 60 .Pourtant Andrea Coen ne me parait pas âgé au point d'avoir gardé cette technique clavenistique ferraillante et sèche qui dépouillait les oeuvres de toute sensibilité au profit d'une technique implacable . Telemann ne sort pas grandi de cette écoute , le clavecin ,bien qu'il s'agisse d'une copie de Mietke du XVIIIème ,n'arrange pas les choses tant son timbre est agressif et ingrat . A réserver pour la curiosité et en attente d'une véritable redécouverte de l'oeuvre pour clavecin de Telemann .
Georg Philipp Telemann, était un de ces compositeurs prolixes comme le XVIIIème siècle en comptait (Bach, Haendel, Scarlatti...). Avec lui, cette profusion d'oeuvres atteint son sommet. Pensez donc : 31 cycles de Cantates, 46 Passions pour ne citer que sa musique d'église. Ces 36 Fantaisies pour clavecin, sans atteindre la beauté des sonates de Scarlatti, sont un vrai régal pour tout amateur de cet instrument. Très variées et inventives, certaines peuvent même surprendre (je pense a la TWV 33c:2). Andrea Coen se tire excellemment bien de ce répertoire sur un instrument à la très belle sonorité parfois soumis a rude épreuve. A ce prix, il ne faut pas manquer de découvrir ces petites pièces peu connues. Très agréable.