Ce roman est un chef d'oeuvre. Le film lui a mis du plomb dans l'aile : il n'est pas mauvais, mais donne une vision trop sexuelle du livre, et un peu bas de gamme. Le livre est, comme souvent chez Djian, très érotique, c'est indéniable ; mais quelle différence entre les mots et les images... on perd l'érotisme et le pornographique, qui se cotoient dans le livre, au profit de la seule pornographie de l'image.
Bref.
Ce n'est qu'une des facette du roman. La principale, me semble-t-il est la montéee de la passion amoureuse, brutale : Betty débarque un beau matin sous un soleil de plomb, mine de rien (peut-être le seul moment de sérénité du roman, le seul moment où la température corporelle, c'est à dire celle du coeur, est "normale" : 37,2°C...). La folie (réelle) qui en découle mène au plus horrible (ou au plus beau) dénouement qui puisse être (à vous de voir).
Le style y est incisif, peut-être plus abordable pour une première mise en bouche avec l'auteur, que ces précédents "50 contre un" (nouvelles) et "Bleu comme l'enfer" (son chef d'oeuvre absolu, mais après tout ça me regarde".