Chaque album de The Cure est attendu par le fan de la première heure entre espoir et appréhension. Il faut dire que le doute s'est installé depuis 'Wild mood swings', album calamiteux que le public n'a jamais vraiment pardonné à Robert Smith. Et c'est toujours la même question : le groupe va t-il renouer avec les sommets que sont 'Pornography' et 'Disintegration' ?
Les quatre singles sortis au rythme effrené d'un par mois avant '4:13 Dream' étaient il faut bien le dire assez peu convaincants, à l'exception peut être de 'The Perfect boy', et encore.
Ce qui frappe d'entrée de jeu, c'est la grande cohésion du disque, ouvertement rock, compact, nerveux, Robert Smith ayant décidé de bouter les claviers hors du studio (à tort dirons certains). Le retour -remarqué- du guitariste porl Thomson apporte une réelle dynamique à l'ensemble.
Comme d'habitude, le titre d'ouverture est épatant, du niveau de 'The Kiss'ou 'Want' et 'Underneath the Stars' rappelle que Cure est (fut ?) un Grand Groupe, il comblera les nostalgiques de 'Disintegration'. Quelques autres titres sont de remarquables bonnes surprises notamment sur la fin du disque ; l'halluciné 'Scream' dark-rock desespéré qui fait chavirer nos âmes, et 'It's over' où le groupe déploie un son d'une puissance fulgurante et d'une grande maîtrise. Il serait injuste d'oublier aussi l'excellent 'The hungry ghost', à la mélodie imparable, un vrai single pop pour les radios.
Oui mais voilà, cinq bons titres ça fait un peu court et le reste du temps le groupe nous assène des morceaux certes pas désagréables (exception faite de l'horripilant 'The Siren Song' avec son swing de guitare joué sous les cocotiers ) mais dont les melodies sont faibles voire insipides , 'The real snow white', 'The reason why', 'This here and now with you' auraient pu figurer sur 'Wild mood swings' et défilent sans s'imposer.
Malgré les efforts de Robert Smith au sommet de sa forme côté voix et ses 50 ans, '4:13 Dream' n'est pas un GRAND disque de the Cure. il se laisse écouter agréablement, sans plus, ce qui n'est déjà pas si mal.
Robert Smith a décidé pour notre plus grand plaisir de prolonger la vie de son groupe irrémédiablement sur le déclin, qui, il faut le souligner, est toujours capable de donner de magnifiques shows live, et quoi qu'il en soit ou quoi qu'il en fût, on le pardonne et on le remercie pour tout.