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La tâche était difficile pour Billy Joel au moment de donner une suite à son énorme succès de 1977
The Stranger.
52nd Street ne parvient pas tout à fait à atteindre le niveau de ce précédent album, mais les ventes furent à peu près équivalentes, et Billy Joel pouvait continuer à construire une carrière de succès qui devait le mener à l'impressionnant
Glass Houses en 1980.
52nd Street contient tout de même de bons moments : "My Life" reste un des succès mémorables du pianiste new-yorkais, "Half a Mile Away" est un magnifique morceau entraînant de pop contagieuse et "Rosalinda's Eyes" offre une séduisante ambiance latino. Mais Billy Joel en fait un peu trop sur des titres macho comme "Big Shot" et "Stiletto", alors que "Zanzibar", qui se veut artistique, s'avère plus prétentieux qu'audacieux. Et sur le dernier titre de l'album, notre homme a même du mal à convaincre dans un registre blues.
--Peter Blackstock
Critique
Deuxième volet de sa trilogie « jackpot »
The Stranger/52nd Street/Glass Houses, Billy Joel se devait de confirmer son extraordinaire succès commercial précédent. L’époque est décidément en sa faveur, puisque cet album se vend presque aussi bien que son prédécesseur et obtient les Grammy de l’album de l’année 1979 et de meilleure performance vocale pop. Moins d’un mois après sa parution il parvient n°1 aux USA le 18 novembre 1978, le demeure deux mois et en reste quatorze dans la liste des cent meilleures ventes d’albums. Il tient une trompette sur la pochette, dont il ne joue pas dans le disque. Le symbole est clair : il célèbre la fameuse 52
ème rue longitudinale à Manhattan, longue de trois kilomètres dans le West End, repaire des clubs de Jazz depuis les années 20. L’album séduit en effet par son ambiance jazzy pour touristes, mais débute par un rock à tempo élevé où Billy Joel semble encore forcer son chant tellement il est désireux que nous croyions à ce qu’il nous raconte, l’histoire d’un parvenu (
« Big Shot ») qui conduit sa limousine dans les beaux quartiers, une bouteille de champagne à la main et la cuiller de coke près du nez. Il se calme ensuite, beaucoup plus à l’aise dans les tempos moyens et les changements de tons, et les ballades. Il nous transporte à Los Angeles avec l’autobiographique
« My Life » (n°3 et thème du générique de la série TV
Bosom Buddies de 1980 avec Tom Hanks, inédite en France) et c’est la ballade un peu quelconque
« Honesty » qui est plébiscité dans le reste du monde, notamment en France où il est n°1 en août 1979. La deuxième partie de 52n Street est nettement plus intéressante, avec ses rythmes variés, un piano virtuose (
« Stiletto »), et l’exotique et évocateur
« Rosalinda’s Eyes ».
« Half A Mile Away » a dû être le morceau le plus cher à enregistrer, avec son orchestration de cuivres et ses chœurs enlevés, et rappelle les meilleurs titres des groupes Chicago ou Steely Dan. Tandis que le flamboyant
« Until The Night » est sans doute la composition la plus lyrique de cet auteur prolifique.
Premier album de l’histoire à être sorti au format cd en 1982 (au Japon seulement),
52nd Street a été réédité le 23 novembre 1999 en SACD, mais pour les mélomanes rien ne vaut la réédition de 1981 à quelques exemplaires du 33t gravé à moitié de vitesse. Ah… la trompette. Elle est quand même utilisée dans
« Zanzibar », par le célèbre trompettiste (de Jazz !) Freddie Hubbard.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story