Le dernier des quatre fils musiciens de J.S. Bach s'installa sur le sol anglais en 1762 où il stimula pendant deux décennies la vie artistique et mondaine, se liant à la Cour de la Reine Charlotte et à l'aristocratie britannique.
Publiées en 1765, les six Sinfonias op.3 datent du début de cette fructueuse période et représentent un certain apogée du style classique.
De structure diversement vif-lent-vif influencée du genre baroque italien, ces oeuvres cultivent la forme sonate ternaire dans les allegros initiaux, dont la vitalité jaillissante séduit irrésistiblement l'oreille.
Nul ennui à craindre tant l'imagination du compositeur capte l'intérêt par d'enivrantes tournures mélodiques, des rythmes prégnants, une instrumentation sûre de l'effet.
Captée en janvier 1970, l'interprétation de l'Academy exalte l'alacrité et la sensibilité de ces pages avec une rutilante palette de couleurs que font chatoyer le clavecin de Simon Preston, le galbe des cordes, la voix frémissante des hautbois, la galanterie des flûtes (l'Andantino du n°3 !)
Certains mélomanes avertis estiment que Neville Marriner signa là un des meilleurs albums parmi sa remarquable et innombrable discographie. C'est tout dire !
Si vous souhaitez approfondir votre découverte de Johann Christian, je vous conseille les trois autres recueils symphoniques que David Zinman grava avec l'Orchestre de Chambre des Pays-Bas (réédité dans la même collection mais hélas difficilement trouvable :
J.C. Bach: Sinfonias, Op. 6, 9, 18; Overture "La calamità")
Le présent double-album est complété par les six Concertos op.13, ici joués au pianoforte par Ingrid Haebler, éminente spécialiste du répertoire mozartien qui enregistra aussi pour Philips les deux autres cycles :
Johann Christian Bach: 12 clavier Concertos Op. 1 & Op. 7).
Sa lecture délicatement nuancée se voit robustement accompagnée par la Capella Academica que son fondateur Eduard Melkus mène de l'archet. Ces interprètes viennois défendent une approche agréablement... viennoise, sans mièvrerie. Un délice : l'Andante du Concerto n°4 soutenu par les pizzicati...
Les splendides prises de son contribuent à combler le plaisir de l'écoute.