2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
À la recherche du film perdu, 20 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 [Blu-ray] (Blu-ray)
Réalisateur reconnu, Guido traverse une crise créative aiguë. Poursuivi par le souvenir des femmes qu'il a aimées, il ne sait plus quel film tourner.
Pour ceux qui l'ignoreraient encore, ce film porte ce titre car Fellini avait tourné auparavant sept films et deux sketches. Celui-ci est donc bien son 8e film et demi. Le fait même qu'il ne porte pas d'autre titre (il a failli s'appeler "la bella confusione") montre assez à quel point son histoire est proche de celle du réalisateur. Normal puisque Mastroianni, son double cinématographique, est ici le réalisateur qui, comme Fellini peu de temps auparavant, est en proie au doute créatif. L'obsession pour les femmes, de la mamma aux maîtresses en passant par la putain du village de son enfance ne peuvent suffire à masquer ses interrogations existentielles.
"8 1/2" présente aussi des similitudes frappantes avec "À la Recherche du Temps Perdu" de Proust : regret d'un temps irrémédiablement disparu (celui de l'Italie de son enfance, du cinéma de l'âge d'or déjà en déclin dans la Péninsule en ce début des années 60 ...) et surtout, surtout, même remède au grand mal : ne parvenant plus à créer, Fellini comme Proust vont tourner/écrire sur cette impuissance artistique... et par là-même, ils retrouvent l'inspiration qui leur avait échappée.
La première scène, un embouteillage, traduit de façon stupéfiante l'étouffement de Guido. Et les amoureux du cinéma retrouveront avec plaisir quelques-unes de ses plus jolies frimousses d'alors comme Anouk Aimée et Claudia Cardinale.
Master de très belle qualité et bonus à foison très utiles.
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5.0 étoiles sur 5
Raffinement surréaliste et exigeant, 3 avril 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : 8 1/2 [Blu-ray] (Blu-ray)
J'ai dû m'y reprendre à plus d'une reprise pour m'entendre avec 8 1/2.
A la première vision j'ai été subjugué par les images noir et blanc superbes, amusé aussi par certaines scènes loufoques "à la Fellini", mais je dois bien avouer que mon esprit avait du mal a trouver la structure d'ensemble et à m'offrir donc le film dans une continuité et une fluidité minimale indispensable. Résultat: à la fois mitigé et séduit... Perturbé.
Quelques semaines plus tard, je l'ai visualisé une seconde fois.
Toujours le choc face à la superbe photographie, l'élégance de la mise en scène et des femmes, du dandysme ironique.
Familiarisé avec l'histoire et les personnages j'ai été très heureux de retrouver tout ce petit monde d'amis, de proches, élégants, frivoles et désespérés, jacassant et babillant sans cesses.
Le film s'amuse à nous promener, nous égarer, nous étourdir dans l'esprit même du réalisateur dépressif en mal d'inspiration et de sens. Nous sommes avec beaucoup de délectation, d'humour voir de truculence, et de finesse, trimbalé dans une superposition de présent, de passé, de fantasmes, et d'un avenir qui peine à se décider.
Fellini parvient ainsi à relativiser et même à nous réjouir du tangage, du mal de mer, de la nausée, produits de la dépression, de la fuite, du mensonge, de l'échec, de la perte de sens.
Dépassant le cadre de l'individu isolé il interroge aussi avec une délectation ironique les valeurs de la société italiennes, du milieu du cinéma et de la création, du machisme etc...
De bien jolies mises en situations qui au final, dépassant la suggestion (très!) efficace du malaise existentiel, nous offre la possibilité de retrouver (comme dans la farandole finale), le détachement amusé (et désabusé peut être aussi) nécessaire à la santé mentale d'une humanité consciente.
Que de grands mots... . Je me suis en tout cas réjoui de la seconde projection, et je me réserve déjà une troisième... J'ai l'esprit lent et le film est riche!
Techniquement les images de ce Blu ray sont vraiment très belles. Toutefois dans les scènes en plein soleil, à l'extérieur, les blancs sont parfois comme brûlés... Au vu de l'excellente qualité générale peut être est-ce une volonté du réalisateur... Le soleil et la lumière nous brûlent parfois les yeux de cette façon lorsque l'on a trop macéré à l'intérieur... C'est la lumière que redécouvre le convalescent au sortir de sa chambre.... A confirmer comme interprétation...
Des noirs parfois un peu bouchés aussi... ?
Le contenant de Gaumont, cartonné: (Fourreau + support du Blu-ray et du DVD) est simple et de très jolie facture. On aimerait une qualité de ce type chez d'autres éditeurs.
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