Bon d'accord, je lis le livre 10 années après sa parution. L'effet nouveauté n'est plus, mais le fond reste. Bref, c'est le premier livre de Beigbeder que je bouquine.
Pour être franc, je suis déçu et même énervé par ce que je lis là dedans. L'univers de la pub et son lot de manipulation mentale, il y avait de quoi faire là un essai percutant et inoubliable. Un roman aussi, je le concède, mais pas ça!
Les première pages sont exceptionnelles de cynisme et de réalisme. Un parler-vrai, simple et terriblement efficace, qui nous plonge dans une ambiance instinctivement détestable. Le personnage (fortement autobiographique) se décrit avec une froideur et un cynisme bouleversants. Bref, ça percute et ça fait mal, ça met mal à l'aise et donne l'impression de dépeindre une réalité que nous appréhendons la plupart du temps, sans vraiment réussir à s'en faire une juste idée. Et comme de bien entendu, ces premières pages donnent vraiment envie de lire le livre, de le dévorer. Et justement, le soufflé retombe très vite pour finir à la poubelle ensuite.
Car tout le problème est là : En quelques pages, l'auteur a tout dit...reste alors à broder une histoire glauque pour justifier l'écriture d'un livre et la promo chez Ardisson.
Au programme : un univers glauquissime, des putes, des collègues mesquins la tête dans un seau de cocaïne et dans les sites zoophiles, des problèmes familiaux, des suicides et même un meurtre sans queue ni tête.
J'ai déjà vu ça quelque part...mais oui, Houellebecq, extension du domaine de la lutte...avec non pas un meurtre mais une tentative!
Et là je me dis que le message du livre, à savoir la manipulation publicitaire et son impact sur nos vies, est saccagé par cette histoire glauque, tout comme la grande leçon de Houellebecq sur l'extension de la sauvagerie du marché au monde des sentiments amoureux.
Pour dénoncer un univers qui semble moche (quoique...ne connaissant pas de publicitaire, il me manque un brin de nuance), était-il vraiment besoin d'imaginer des protagonistes aussi glauques...et surtout le meurtre sauvage d'une vielle américaine, choisie au hasard, au nom de la lutte contre les fonds de pension? Honnêtement je ne crois pas.
Je retrouve cette impression là dans bon nombre de commentaires. C'est bien dommage.
Bref, je suis énervé par le livre et je dois avouer que sur ce coup, l'auteur me déçoit. J'aurai vraiment voulu lire un essai, de sa plume, sur le sujet!
En conclusion je dirai qu'entre Houellebecq, Dantec, Beigbeder et Zeller, je commence à être fatigué par ces nouveaux écrivains qui essayent de nous faire avaler des bonbons acidulés pour nous faire travailler la conscience, mais qui le font par des ouvrages généralement courts et crades qui à mon sens décrédibilisent le message qu'ils portent.