Venant du label Enja, on peut s'étonner de la sortie d'une telle compilation. Ainsi l'heure en est aux hommages et aux compils... Avec douze titres s'étendant de 1973 à 1997, ainsi qu'un livret de 14 pages résumant la biographie du pianiste sud-africain, celle-ci est toutefois bien réalisée. Mais le reproche se situerait là : les douze titres ne présentent pas Dollar Brand (dit Abdullah Ibrahim) sous son meilleur jour. Pour cela, j'indiquerais
African Sun ou encore
African Marketplace...
Si le "Nelson Mandela" du jazz est davantage connu comme pianiste, A Celebration le présente aussi comme multi-instrumentiste, notamment sur quatre plages où on l'entend caresser le saxophone soprano ou encore la flute bamboo. Le premier thème, "Ntzikana's Bell" (de l'album
Good News From Africa, Enja 1973) est un duo assez remarquable avec le bassiste
Johnny Dyani, mêlant chaleur vocale et harmonies d'une richesse hallucinante. Si vous ne connaissez pas Abdullah Ibrahim, rien que pour ce morceau, la galette originale vaut un sérieux détour. Emotions garanties. Pour les autres titres (Ishmael, Imam), on y trouve des couleurs bigarrées, beaucoup d'énergie et un côté mystique qui peut parfois agacer...
Parmi les musiciens, à noter la présence des saxophonsites Ricky Ford et Charles Davis, du tromboniste Dick Griffin, du bassiste David Williams, et de ce très grand batteur qu'est Ben Riley (qui l'a oublié chez
Monk ou
Kenny Barron?). Enfin, si vous aimez la musique de
Don Pullen (autre grand pianiste), les connections entre le Brésil et l'Afrique, ce disque pourrait ne pas vous déplaire. Cela dit, les quelques remixes électroniques, sur quelques plages, m'ont pas mal agacé... Fans d'
Omar Sosa, prêtez-y une oreille. Les autres peuvent toujours passer leur chemin...