Constitué de Cosmic Neman (moitié de Herman Düne) à la batterie et Etienne Jaumet (membre du groupe The Married Monk) aux claviers, Zombie Zombie tire son nom d'un jeu vidéo antique. La musique du duo, puisant dans le rock et les racines electro, rend davantage hommage à Suicide ou Kraftwerk.
Le duo Zombie Zombie réunit les deux personnages singuliers que sont Cosmic Neman et Etienne Jaumet. Le premier a fait ses classes au sein du groupe antifolk Herman Düne tandis que le second vient du rock via le groupe rennais The Married Monk. Tous deux sont en fait des passionnés d'un electro rock qui dans les années soixante-dix ne disait pas encore son nom et s'appelait krautrock.
Ce premier album A Land for Renegades venant après un EP homonyme du même acabit, célébre les noces d'une batterie en dur et d'une flopée de claviers analogiques en tous genres (Moog, Roland, ARP ou Prophet garantis d'origine). Un véritable déluge vintage s'abat sur les compositions hypnotiques du duo, inspirées selon les notes du livret par le film Punishment Park (1971) du réalisateur anglais Peter Watkins.
Une même atmosphère oppressante domine des titres comme le paranoïaque « What's Happening in the City » ou « Texas Rangers », sans parler du final apocalyptique de « When I Scream You Scream ». Placé en ouverture, « Driving This Road Until Death Sets You Free » est un remarquable hommage fait à Autobahn de Kraftwerk. Plus loin, le duo s'affranchit d'une relecture particulièrement zombiesque du « Nightclubbing » d'Iggy Pop.
Prenez un pot, ou non...prenez un tonneau... non, allez-y franchement, prenez un camion citerne et plongez-y Neu!, Suicide, John Carpenter, Goblin, Silver Apples et tous les autres pionniers du rock à tendance électronique des années 70 et 80, et laissez le tout arriver à maturation jusqu'en 2008. Là, ouvrez le couvercle et sentez le résultat obtenu comme vous renifleriez une bouteille de vin que vous gardiez précieusement depuis de longues années et que vous vous décidez un jour à déboucher. C'est un très riche florilège d'influences qui parvient à vos tympans. Encore un de ces groupes surfant sur le revival des artistes précédemment cités ? Non, monsieur, pas du tout ; Zombie Zombie possède sa propre identité. Ce duo batterie-synthés analogiques/theremin/space echo (écho à bande qui est presque un instrument à lui tout seul)/etc, nous plonge dans un univers très cinématographique où les influences sont mélangées pour obtenir une popotte strictement personnelle. On pourra par exemple retrouver ici ou là une ambiance sortie d'une B.O. de Carpenter, agrémentée d'une rythmique motorik venue de Neu! 75, avec une touche vocale de cris rappelant Suicide. Ou différemment, on percevra une ambiance digne des B.O. de Goblin pour Argento, avec une rythmique à la Silver Apples... Les recherches archéologiques qu'on peut entamer à partir de cet album sont inépuisables. Il n'est pas toujours facile de faire du neuf avec du vieux, mais Zombie Zombie y parvient indiscutablement.
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Le meilleur de la période "synthés" des années 80 mais... aujourd'hui !
Pas mal de Kraftwerk dans les influences, des sons pourléchés et surtout une efficacité liée à l'instinct et au respect de lignes simples mais particulièrement bien trouvées. Un gros coup de cœur perso, bien que je n'apprécie pas trop ce style de musique à la base. Mais là, ils sont juste deux et ça passe trooop bien. Bravo car la musique c'est aussi ça : partir de peu et bien faire les choses pour arriver à beaucoup.