Qu'il est difficile de passer après le légendaire "Live After Death"! Tout semblait tellement parfait à l'époque : la pochette, totale réussite d'un Derek riggs encore au sommet de son art, les chansons qui étaient autant de classiques, le double 33 tours ouvrable avec plein de photos... Mes souvenirs de gamin sont encore bercés par la découverte d'Iron Maiden avec des disques qui filaient le tournis.
Voici pourquoi "A Real Live Dead One" me semble particulièrement léger à côté : tout d'abord, la pochette, très réussie, n'est quand même pas aussi fabuleuse que celle de 1985. Ensuite, la période choisie pour le premier disque (sorti en premier à l'époque pour n'offrir que des chansons de 1986 à 1992) possède un son assez peu reluisant pour un groupe d'une telle trempe! Même "Maiden England" est plus sophistiqué à ce niveau. Qui plus est, le track-listing fait l'impasse sur certaines chansons essentielles comme "Wasted Years" ou bien "Infinite Dreams", tournée "Fear Of the Dark" oblige puisque toutes les chansons datent de cette période. C'est bien entendu un plaisir de pouvoir savourer une période moins plébiscitée par les fans, mais il manque quelque chose, un "je ne sais quoi" pour arriver à la cheville de son illustre prédécesseur. Peut-être qu'il ne s'agit pas de versions d'anthologie, tout simplement. Etant un peu chauvin, j'ai tout de même apprécié le petit discours de Bruce Dickinson dans la langue de Molière avant "Wasting Love".
Le deuxième album, sorti à l'automne 1993, possède un goût doux-amer. Bruce Dickinson venait de quitter Maiden pour se concentrer sur une carrière solo, et l'entendre chanter une dernière fois (à l'époque) ces classiques indémodables avait de quoi faire couler une larme au plus brut de brut des hardos! Pourtant, il manque toujours quelque chose, les versions présentes ici sont moins fortes que celles de 1985. Qui plus est, si la majorité des chansons sont des enregistrements de la tournée "Fear Of The Dark" en 1992, certaines furent captées après l'annonce de Dickinson d'abandonner la vierge de fer. D'où l'idée de faire plaisir au public en jouant certains vieux titres délaissés depuis plusieurs années. Ce deuxième disque se concentre donc fort logiquement sur les cinq premiers albums de Maiden, et j'ai bien aimé "Where Eagles dare" même s'il est tronqué par rapport à la version studio, l'indémodable "Transylvania" ou bien le toujours efficace "Prowler".
En 2010, ces deux albums, réunis en un seul double cd, restent toujours des parents pauvres de la discographie d'Iron Maiden, parce qu'ils sont sortis à une époque où le grunge déferlait sur les ondes et quand Dickinson partait vers d'autres cieux. De plus, les enregistrements ne sont pas des prestations démentielles, tout au plus des lectures très académiques des versions studio. Pour les fans ayant laissés Maiden après "Powerslave", il s'agit toujours d'un raccourci pour se faire une idée des quatre albums parus entre 1986 et 1992, mais qui dit raccourci dit manque. Il manque, et il manquera toujours quelque chose à "A real Live Dead One" pour parvenir à se hisser à la hauteur d'un "Live After Death".