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Tout de même ! 79 minutes d'épaisseur et de transpiration, ça ne trouve pas tous les jours sous le chameau d'un cheval.
Dire que je possède ce disque depuis 6 ans et qu'il reposait, là, en paix, à côté de Free, coincé même avec l'intégrale du J. Geils Band !
Alors, j'en ai repris l'écoute assidue. Le résultat dépasse bien des espérances. Ce disque est un condensé de la production de Soundgarden, allant du premier simple "Nothing to say" jusqu'à la fin de l'aventure quelques années plus tard. Tout cela en respectant la chronologie et un partage équitable. Par tranche de 3 à 5 titres par album, vous avez là une illustration exemplaire de ce que ce monde à la dérive nous fait ressentir. Au beau milieu de cette galette, vous avez un trou noir (vous le connaissez bien, vous qui avez connu le temps du 45 Tours). Cela s'appelle "The day I tried to live". Tout est dit. Le malaise est posé. L'esprit du courant grunge est ici gravé. Il vaut bien "I hate myself and I wanna die" de qui vous savez.
Evidemment, la chronologie impose d'attendre. Et vous êtes impatients ! N'ayez pas peur, "Black Hole Sun" est bien à l'affiche. Cependant, si vous n'avez pas su vous réfréner l'irrésistible envie de pister, pensez bien à revenir aux autres titres, qui sembleront plus brouillons au premier abord. Vous négligeriez alors des morceaux que n'aurait pas renié l'urgence du rock-garage des 70's. Quand tout va mal, croyez-vous qu'une production ultra-léchée vous aide à sombrer moins vite ?
Croyez-moi, ces 79 minutes peuvent en remontrer à plus d'un petit bourgeois en manque de sensations ! Soundgarden, c'est le son qu'il fallait à votre jardin secret, surtout dans le potager de l'angoisse. Pour mieux vous aider à les surmonter, pas seulement pour vous secouer les cheveux contre les tympans, histoire de faire semblant de croire que vous les lavez bien. Ce qui n'est bien sûr pas le cas. Voilà, je pensais n'avoir rien à dire sur cette rondelle. Je m'en retourne donc au commencement, "nothing (else) to say". Juste : "Ecoutez-le."
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