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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Erotisme crépusculaire,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Song of Love [Import anglais] (DVD)
C'est une très bonne expérience, tout en symboles, sur l'amour et ce qu'il représente. Genet est sans doute le meilleur dramaturge du 20e siècle, et l'un de nos derniers grands artistes ("Les bonnes", "paravent", "Les nègres", "Le Balcon"...) et il le prouve dans ce métrage qui résume en 30 minutes un sujet tant exprimé avant lui et après lui. Avec un décor minimaliste, une prison, puis une forêt, Genet est vraiment intéressant dans sa recherche de perversion, d'érotisme malsain. Par quelques symboles, il réussit un film poétique où le sexe est comparé à une fumée qui s'échappe et tue à petits feux ; mais cette aspiration à la mort ne peut s'établir que par l'évasion finale. Sortir de prison, c'est la mort pour Genet. Le policier symbolise la sauvegarde de la morale, complice de ce qu'il regarde : il est le vrai pervers, celui qui se complaît à regarder le vice avec recul et calcul, sans jamais y toucher, bien que l'enviant. Son flingue est le sexe froid, mécanique, celui de la morale dépourvue de chaleur bestiale. Cette chaleur, Genet la reconstitue dans la crasse, la séparation artificielle de ces deux prisonniers que tout oppose physiquement. Genet célèbre l'hybridité pour une fusion totale entre les sexes - le même sexe en l'occurrence. Ici, l'animalité, la bestialité est dans l'homosexualité ; en fond sonore, on entend des bruits de tamtam et des musiques d'Afrique du nord chères au poète qui comprend que le plaisir est dans l'insatisfaction, le fantasme ; et que le plaisir le plus pervers est de contempler cette insatisfaction, et non de la vivre.Dans cette échange entre deux murs, cela me fait penser à la puissance de la lettre dans "V pour vendetta" où la fille aime une personne qu'elle n'a jamais connue. Jamais un film érotique n'avait été aussi beau. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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