Une femme, soutenue par une politicienne féministe, rejoint le corps d'élite des SEALS, jusque là réservé aux hommes. Elle endure le même entraînement, les mêmes épreuves, sans faiblir.
Les SEALS (Phoques) sont connus pour leur compétence de nageurs de combat et leur capacité à opérer comme espions dans les environnements les plus difficiles. Le centre de commandement des forces spéciales de la Navy se trouve à Coronado, en Californie.
On est loin, ici des soldates fragiles et désemparées des « Filles canon » ou de « la Bidasse », qui ne relevaient que de l'armée de terre. Ici, les épreuves sont telles que ceux qui flanchent peuvent, à tout moment, renoncer en allant faire tinter la cloche, située au centre du camp. Et le cruel sergent instructeur, avec un sourire sadique, raye un nom au tableau noir. Des tas de mecs costauds finissent par flancher. C'est son boulot, à lui, d'éliminer ceux qui ne font pas le poids. Alors, vous pensez s'il fait une fixation sur cette damnée pétasse qui tient le coup !
Demi Moore, crâne rasé, musclée et surentraînée, est totalement déféminisée. Elle n'a plus rien de la pathétique héroïne de « Ghost » ou même de la cadre prédatrice de « Harcèlement ».
Elle est homme, dans un rôle d'homme, démontrant assez grotesquement qu'avec de la volonté, une femme a la même force physique qu'un homme.
Mission impossible réussie.
Avec l'aide précieuse du réalisateur.
Demi Moore semble s'être fait une spécialité des rôles surréalistes. Quand un monsieur très riche veut acheter ses faveurs dans « Proposition indécente », c'est le très beau Robert Redford ! Et quand elle joue le rôle d'un cadre dynamique qui veut faire l'amour à un subordonné « Harcèlement », le vertueux Michael Douglas résiste à ses avances ! Faut le faire. Mais tout ça a un petit air d'invraisemblance. Ridley Scott, ici, rajoute une grosse louche d'irréalité.
Il faut toutefois rendre un hommage tout particulier à l'effort de musculation de cette belle actrice. Dans les années 90, la presse people montrait des photos affligeantes de son corps, envahi par la cellulite. La petite fiancée pathétique de « Ghost » était en train de virer au tas de saindoux ! Elle s'est reprise en main avec une vigueur, une régularité implacable. Mike Douglas parlant d'elle dans « Harcèlement » disait qu'elle fait six heures de musculation par jour. Et les résultats sont apparus très vite, dans la sculpturale show girl de « Strip tease ».
L'évolution a atteint son point culminant dans « A armes égales ». Et pourtant... c'est curieux à dire, mais cette statue de bronze est très peu désirable. Elle est devenue une sorte de mec, surtout dans ce film, où elle fait des pompes sur un seul bras, fait tout le parcours du combattant, se bat, mains liées, avec un cruel sergent, et lui crie en ultime défi « suce moi la bite ! » ( !!!)
Ce film démonte aussi toute une machination politicienne. La pauvre Demi s'engage à fond, pour la cause des femmes. Mais la politicienne qui la soutenait, au point de l' avoir lancée sur cette mission impossible, soumise à des pressions à Washington, finit par la lâcher salement, et pire même, par la vendre. Ce qui prouve que le féminisme est une cause bidon comme les autres, et que c'est seulement une enseigne pour celles (et ceux) qui en font leur boutique.
La politicarde, qui croyait être équitable en renvoyant le lieutenant O'Neil dans les bureaux, est stupéfaite de voir sa militante, plus dure qu'elle, exiger son renvoi dans son unité des SEALS. Devenue mec parmi les mecs, elle a pris goût à cette rude vie virile. Elle a conquis, de haute lutte, l'estime des meilleurs soldats des forces américaines. Même de son principal antagoniste, le cruel sergent tortionnaire, qui finit par lui rendre hommage, à elle. La porte restera fermée pour les autres femmes, mais elle, sa place lui est acquise !