Avec
Putain de mort (Dispatches), il s'agit sans doute du meilleur écrit sur la guerre du Vietnam. La petite musique de O'Brien, lui-même ancien combattant, est cependant fort différente de celle de Michael Herr.
Ce "roman" commence par des scènes de patrouille, où nous suivons une ordinaire section composée de types remarquables et de parfaits idiots, de personnes sans recul et d'autres dont la riche vie intérieure nous est, par petites touches, finement présentée. Suivent des épisodes, comme de courtes nouvelles, ayant pour sujet la disparition de certains d'entre eux ou certains épisodes comiques ou tragiques avant que le narrateur ne se pose comme le principal protagoniste de l'histoire. Car le coeur du livre est consacré à la mémoire de l'engagement de l'auteur, de ses combats et de ses camarades, ainsi qu'aux raisons qui le poussent encore aujourd'hui à écrire sur ses deux années de jungle. Ecrire, c'est mourir un peu, à nouveau, et c'est aussi survivre. Belle morale pour ce livre pudique et humble, mi-chemin personnel, mi-oraison funèbre.