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L'expression
roman fleuve devrait, sans connotation péjorative, désigner une uvre qui prend le temps de charrier mille petites particules d'impression pour les infuser dans l'esprit d'un lecteur captivé. En somme, elle devrait avoir été créée pour désigner
La Recherche proustienne, qui s'ouvre
Du côté de chez Swann et s'achève une fois
Le Temps retrouvé.
Dans le premier tome de ce superbe travail sur la mémoire et la métaphore, uvre à part entière mais aussi amorce dramatique d'un joyau de la langue française, le narrateur s'aperçoit fortuitement, à l'occasion d'un goûter composé d'une tasse de thé et d'une madeleine désormais célèbre, que les sens ont la faculté de faire ressurgir le souvenir. Grâce aux senteurs d'un buisson d'aubépines, il prend confusément conscience de la distinction entre le souvenir et la réminiscence, pour ensuite s'exercer à manier les mots comme de petits papiers japonais qui, touchés par la grâce de l'eau, se déploient en corolle pour faire place à tout un univers. Tout comme se déploie un roman fleuve à partir de cette toute petite phrase légendaire : "Longtemps, je me suis couché de bonne heure". --Sana Tang-Léopold Wauters
--Ce texte fait référence à lédition
Broché
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Présentation de l'éditeur
Ce volume contient les oeuvres suivantes : À l'ombre des jeunes filles en fleurs (deuxième partie) - Nom de pays: le pays - Le Côté de Guermantes - Esquisses. Avec, pour ce volume, la collaboration de Dharntipaya Kaotipaya, Thierry Laget, Pierre-Louis Rey et Brian Rogers.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Quatrième de couverture
«Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je, quel labeur devant lui ! Pour en donner une idée, c'est aux arts les plus élevés et les plus différents qu'il faudrait emprunter des comparaisons ; car cet écrivain, qui d'ailleurs pour chaque caractère en ferait apparaître les faces opposées, pour montrer son volume, devrait préparer son livre minutieusement, avec de perpétuels regroupements de forces, comme une offensive, le supporter comme une fatigue, l'accepter comme une règle, le construire comme une église, le suivre comme un régime, le vaincre comme un obstacle, le conquérir comme une amitié, le suralimenter comme un enfant, le créer comme un monde sans laisser de côté ces mystères qui n'ont probablement leur explication que dans d'autres mondes et dont le pressentiment est ce qui nous émeut le plus dans la vie et dans l'art. Et dans ces grands livres-là, il y a des parties qui n'ont eu le temps que d'être esquissées et qui ne seront sans doute jamais finies, à cause de l'ampleur même du plan de l'architecte. Combien de grandes cathédrales restent inachevées !» Marcel Proust, Le Temps retrouvé.
Biographie de l'auteur
1871 - 1922. Traducteur de J. Ruskin, auteur d'essais (Contre Sainte-Beuve, publié en 1954), de récits (Jean Santeuil, publié en 1952), il domine l'histoire du roman français au XXe s. avec À la recherche du temps perdu : le bonheur que son héros - le Narrateur - a recherché vainement dans la vie mondaine, l'amour, la contemplation des oeuvres d'art, il le découvre dans le pouvoir d'évocation de la mémoire instinctive qui réunit le passé et le présent en une même sensation retrouvée (la petite madeleine trempée dans le thé fait revivre, par le rappel d'une saveur oubliée, toute son enfance) ; il vit ainsi un événement sous l'aspect de l'éternité, qui est aussi celui de l'art et de la création littéraire.
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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