Dans les années 60, Larry Gopnik, un homme ordinaire, se retrouve accablé du jour au lendemain par une série de problèmes, tant dans sa vie personnelle que professionnelle.
Contrairement à un autre commentateur qui s'est exprimé ici, Peter, j'ai trouvé ce film fortement imprégné de religiosité. L'intrigue semble en effet une transposition à notre époque du
Livre de Job, partie de la Bible dans laquelle Dieu, pour répondre à une provocation de Satan, met très durement à l'épreuve un homme droit. Au pire moment de son malheur, alors que Job a perdu tous ses biens, toute sa famille et même la santé, trois amis viennent lui dire qu'il a dû faire quelque chose de mal. A lui de trouver quoi.
La cruauté du destin - pour ne pas dire du Dieu - de Larry, est mise en relief par les situations absurdes et les personnages grotesques que les frères Coen affectionnent, empêchant ainsi leur héros d'accéder au statut exemplaire de Job. D'un bout à l'autre du film, il demeurera un brave gars malchanceux, entouré de gens complètement indifférents à ce qui lui arrive.
Plus difficile d'accès que leurs précédentes oeuvres, cette dernière production des frères Coen semble s'adresser avant tout à un public judéophile, qui serait en même temps peu susceptible sur le plan religieux. Entendre le fils de Larry, complètement shooté, murmurer "Jesus Christ" lors de sa bar mitzvah, a dû choquer plus d'un spectateur ! Personnellement, bien que souvent amusé par les situations irrévérencieuses et les personnages caricaturaux du film, j'ai eu le profond sentiment que mon inculture religieuse m'empêchait d'en apprécier tous les aspects.