Dans nos mégalopoles surpeuplées, où tous s'ignorent, un ambulancier s'inquiète encore du devenir de son prochain, mais les contraintes du métier rendent cet élan d'humanité très difficile à vivre. Un collègue qui ne voit les patients que comme des clients, symptomatique d'un univers médical se transformant en une grosse machine à fric où la souffrance n'est plus considérée, un autre collègue bloqué dans la guerre du vietnam, comme beaucoup de sa générations, n'ayant jamais avalé sa défaite, un autre encore bien relax grâce à la bibine et au seigneur. C'est un beau bordel d'humanité, où seuls les désaffiliés et les laissés pour compte semble encore exister, comme s'ils avaient dû sortir de la société pour mieux vivre. Nos chers Noé, rôdeur qui se promène avec une balle dans la tête, Patricia Arquette en ancienne junkie, un dealer super cool, et surtout le fantôme de Rose, sdf adolescente qui hante les rues de New York comme une misère qu'on ne veut pas voir au royaume de la finance. A Tombeau Ouvert donne à voir ce que les villes cachent dans ses quartiers périphériques, la misère et la folie. Nos braves ambulanciers, spectateurs des drames quotidiens n'ont pas le choix, et notre héros veut sauver des vies, quelles qu'elles soient, car au final toutes les vies se valent. Chacun fait ce qu'il peut pour survivre dans cet univers condensé. La mort n'est pas qu'une fatalité, car sauver une vie c'est peut être aussi la libérer, à travers un bel exemple d'acharnement thérapeutique où le corps est maltraité à l'extrême pour obtenir un pouls qui ne signifie plus rien. Une belle peinture de la ville, de la nuit, de l'humanité dans sa fragilité et des fois les folies de son système. Et tout ça avec un humour décapant, parce qu'à lire le commentaire on y croirait pas, mais qu'est-ce qu'on se marre devant ce film! Ca aussi c'est humain, sauver la folie avec un brin d'humour. Merci Scorsese! On passe un bon moment à voir certains de nos grands problèmes!