Le label Nocturne, aujourd'hui rebaptisé Plus Loin Music, nous avait proposé, durant la dernière décennie, quelques albums intéressants et d'autres franchement décevants... Malheureusement, "A Week in Paris" (sorti en 2005) appartient à la deuxième catégorie. Il s'agit là d'un disque très moyen, dans lequel les musiciens, pour un hommage à
Billy Strayhorn, compagnon de route de Duke Ellington, semblent avoir manqué le but. En tout cas, malgré leur talent, j'y ressens aucun investissement de leur part. On notera seulement l'application du pianiste
Franck Amsallem et ce sera à peu près tout. Cela dit, le line-up ne déméritait pas puisque aux côtés du pianiste, l'on retrouvait le contrebassiste Darryl Hall, le batteur Dré Pallemaerts, la chanteuse Elisabeth Kontomanou (sur trois plages), le trompettiste Stéphane Belmondo, et les saxophonistes Rick Margitza et Olivier Bogé. Seulement, les arrangements sont ici pauvres et à peine pensés...
Dès le premier thème (Something To Live For), Amsallem fait preuve d'un toucher remarquable. Science des harmonies et des accords, jeu mélodique (la configuration thématique de cet album est de toute façon très identifiable), mais la chanteuse me semble trop appuyer sur des effets inutiles (dramatisation exagérée, voire outrancière). Sa voix de ténor que l'on pourra admirer dans d'autres galettes m'apparaît sûre mais le pire arrive avec "Lush Life" et "Paris Remains In My Heart". Les musiciens ne semblant pas du tout croire à ce projet nous offrent une musique inégale, parfois flasque, voire carrément à côté de la plaque.
Manque d'émotions et d'imagination, techniquement, ça ressemble à du recyclage pour supérette. Seul Amsallem mérite une reconnaissance dans cet album. Dans "Absinthe", Belmondo gâche tout (son jeu est brouillon, et lui qui nous avait pourtant surpris dans son hommage à
Stevie Wonder) n'offre ici qu'un jeu désinvolte, sans intérêt. Parmi les musiciens, certains semblent avoir essayé de fuir les stéréotypes (je songe au pianiste et à
Dré Pallemaerts). Le reste, malgré l'intérêt des compositions, part à la dérive. Rick Margitza n'apparaît que sur un thème ("Rest Assured", une compo du pianiste), et je suis sûr qu'il s'est demandé ce qu'il foutait là. Quant à l'altiste Olivier Bogé (sur trois titres), il est quasiment l'ombre de lui-même. Bref, l'on a là un disque mi-figue mi-raisin, qui ne tient aucune de ses promesses. Cela n'est pas archi-mauvais (une étoile), mais franchement, pour des musiciens de cette envergure, on aurait pu s'attendre à quelque chose de plus élaboré...
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Disque digipack, sorti chez Nocturne en 2005. Pour un hommage à Billy Strayhorn, on écoutera plutôt le
Lush Life de Joe Henderson.