ABBA


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Biographie

Groupe parfaitement paritaire, ABBA est égalitairement composé de deux femmes et de deux hommes, issus des divers courants de la musique populaire scandinave. La brune norvégienne Anni-Frid « Frida » Lyngstad, la blonde suédoise Agnetha Fältskog, le barbu Björn Ulvaeus (époux de cette dernière) et Benny Anderson se rencontrent en 1971 pour donner naissance au groupe dont le patronyme est tout simplement issu de l'accolade des initiales de leurs prénoms respectifs. Auparavant, chacun des membres avait entamé une carrière dans la chanson : la paire masculine produisait sous le nom de Lycka (un ... Lire la suite

Groupe parfaitement paritaire, ABBA est égalitairement composé de deux femmes et de deux hommes, issus des divers courants de la musique populaire scandinave. La brune norvégienne Anni-Frid « Frida » Lyngstad, la blonde suédoise Agnetha Fältskog, le barbu Björn Ulvaeus (époux de cette dernière) et Benny Anderson se rencontrent en 1971 pour donner naissance au groupe dont le patronyme est tout simplement issu de l'accolade des initiales de leurs prénoms respectifs. Auparavant, chacun des membres avait entamé une carrière dans la chanson : la paire masculine produisait sous le nom de Lycka (un album homonyme paru en 1970), tandis qu'Agnetha en 1968 (avec un album de reprises) et Frida en 1971 (Nin Egan Stad) avaient chacune entamé une carrière solo.

Devenus ABBA, les quatre chanteurs-musiciens (ces messieurs sont derrière les instruments, alors que ces dames sont au chant), composent et sortent un premier album Ring, Ring en mars 1973. Sorti en Suède et dans quelques pays-tests (Allemagne, Australie, Mexique...), le single du même nom est un petit succès prometteur qui permet au quatuor de se faire repérer par les sélectionneurs suédois du Concours de l'Eurovision qui débauchent le groupe pour représenter leur pays lors de l'édition 1974 de cette compétition. Le 6 avril à Brighton (Angleterre), le titre composé pour l'occasion, « Waterloo », remporte haut la main le radio-crochet européen et fait connaître ABBA dans tout le Vieux Continent, faisant du single le premier n°1 anglais du groupe.

L'album sorti la même année rencontre alors un immense triomphe en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Scandinavie et même au Japon et en Australie. Intelligemment managé par Stig Anderson, le patron du label suédois Polar qui participe activement à l'écriture des titres, ABBA s'envole pour une première tournée aux quatre coins du monde et bientôt, ces quatre Scandinaves aux costumes à paillettes et aux chevelures choucroutées (reflet de l'époque...) deviennent des vedettes internationales, mondialement reconnues. Seuls les Etats-Unis restent relativement hermétiques au quatuor venu du froid. À leur décharge, le mouvement disco y bat alors son plein et la production locale occupe largement l'espace médiatique et culturel.

In the rich mens' world

Au printemps 1975, l'album ABBA, porté par le tube « Mamma Mia » (n°1), est un carton international, dont Arrival, fin 1976, est la suite logique, proposant deux des titres mythiques d'ABBA, « Dancing Queen » et « Money, Money, Money ». Si l'anglais est parfois approximatif, les rythmiques, elles, font l'unanimité. ABBA s'impose rapidement comme l'un des plus gros vendeurs de disques européens depuis les Beatles et les Rolling Stones. Outre les disques, le merchandising tourne à plein et ABBA fait partie des premiers groupes à s'afficher sur des casquettes, des t-shirts, des vêtements et autres objets de la vie courante.

Pionniers en manière de clips vidéos, ils comprennent vite l'intérêt que ce nouveau support représente pour un groupe ambitionnant de conquérir le monde. Radios, télévisions, concerts, magazines... le quatuor est partout durant la seconde moitié des années 1970. Il ne manque plus que le cinéma à son palmarès. Les Beatles dans les années soixante et les Bee Gees en 1979 ont déjà connu une apparition sur pellicule, les Village People connaîtront la leur quelques années plus tard avec Can't Stop the Music et Kiss avec Kiss Meets the Phantom Of The Park, autant d'adaptations romancées des prestations de ces groupes... souvent synonymes de gros nanars à la kitscherie jubilatoire. Les membres d'ABBA, eux, refusent tout net d'incarner des héros de fiction à l'écran et le film qui leur est consacré en 1978 - ABBA The Movie (Vive ABBA en VF) est avant tout un documentaire sur leur tournée australienne. Grâce à ce film, même l'Amérique, pourtant rétive au quatuor scandinave, est séduite. Près de vingt millions de personnes se pressent dans les salles obscures pour voir de documentaire à la gloire du groupe. Plus qu'un effet de mode, ABBA semble être parti pour durer, d'autant que le groupe se montre plus prolifique que jamais, sortant albums, compilations et lives avec la fréquence d'un métronome réglé sur roulement à billes.

Les bons morceaux d'ABBA

En dépit du divorce de Björn et Agnetha, le groupe reste soudé, même s'il consent à lever un peu le pied sur les prestations publiques et télévisées qui use la santé des deux éléments féminins d'ABBA. Un pied levé... qui n'est que le préalable du coup d'accélérateur qui s'ensuit car dès 1979, ABBA caracole en tête des hit-parades avec pas moins de cinq titres (dont « Voulez Vous », « Chiquitita » et « Gimme, Gimme, Gimme »), obligeant le groupe à multiplier les apparitions. Le calme relatif réclamé par les deux femmes du groupe n'aura donc duré qu'une demi-année. Lancés dans l'humanitaire, les quatre scandinaves deviennent les portes paroles de l'UNICEF à qui ils offrent l'intégralité des droits sur le titre « Chiquitita » et participent à plusieurs galas de soutien.

Toujours orientés mercatique, les membres d'ABBA exportent leurs titres en anglais, suédois, français, espagnol... et multiplient les collaborations avec les artistes en vue du moment. Mais le rythme d'enfer qu'ils vivent comment à lasser les membres du quatuor qui, pour certains, finissent par ne quasiment plus pouvoir se voir en peinture. Si le coupe Ulvaeus / Fältkog avait déjà divorcé, le second binôme se sépare en 1981. En dépit d'un album au succès démesuré (The Visitors) , ABBA n'en a plus pour très longtemps. L'année qui suit la sortie de The Visitors ne connaît que quelques rééditions d'anciens albums ainsi qu'une énième apparition d'un Greatest Hits, mais peu de tournées ou de concerts viennent occuper l'emploi du temps des membres du groupe, que la presse commence à qualifier d'au bord de la séparation.

Un split qui devient effectif fin 1982 après un dernier single sans succès (« Under Attack »), lorsque les chanteurs-musiciens annoncent officiellement la fin d'ABBA afin d'évoluer dans des domaines plus personnels : ainsi, Anni-Frid fricote t'elle avec l'aristocratie, remariée qu'elle est avec un Prince de sang royal, Heinrich Ruzzo Reuss von Plaue, tout en poursuivant une carrière solo (Something's Going On dès 1982). Björn et Benny, pour leur part, se lancent dans la composition de comédies musicales. À leur actif, on notera notamment Chess, une variation sur la vie de Bobby Fischer, en collaboration avec Murray Head. Agnetha, de son côté, entame une carrière de chanteuse de variété internationale avec un succès mitigé (de Wrap Your Arms Around Me en 1983 à My Colouring Book en 2004). En dépit d'une remontée sur scène en 1986, à l'occasion des cinquante ans de leur manager Stig Anderson, les membres d'ABBA n'envisagent à aucun moment une reformation du groupe.

Le groupe qui valait un milliard

Le « revival ABBA » débute dès la fin des années 1980 et trouve sa source bien loin des fjords scandinaves, mais très loin au Sud, au pays du bush et des kangourous. L'Australie est restée fan du quatuor aux coupes de cheveux indécentes et c'est de là-bas que débute la redécouverte du groupe mythique des années 1970. Björn Again, un groupe de fan, crée la surprise avec un album de reprises d'ABBA qui se hisse au sommet des charts. De même, deux gros succès cinématographiques, Priscilla, folle du désert et Muriel, films australiens exportés dans le monde entier, contribuent au revival de la formation suédoise en 1994. Universal Music, qui dispose désormais du catalogue d'ABBA flaire le bon filon en publiant la compilation ABBA Gold - Greatest Hits qui s'écoule à près de trente millions d'exemplaires dans le monde.

Conscient de l'énorme potentiel commercial que représenterait un événement médiatique comme la reformation du groupe et le lancement d'un nouvel album, la maison de disques ne propose rien de moins qu'un milliard de dollars aux quatre ex-membres d'ABBA pour se reformer le temps d'un disque. Mais ces derniers préfèrent refuser. Deux comédies musicales, Mamma Mia ! en 1999 et Abba Gold (quatuor allemand reprenant les looks et chansons du groupe avec un impressionnant mimétisme) en 2006 retracent le parcours du quatuor et attirent à elles deux près de trente millions de spectateurs à travers le monde jouant à fond les ballons la carte de la nostalgie des années disco.

Tout d'abord concentré autour de la communauté gay internationale, le « revival » s'impose bientôt partout, allant de pair avec la redécouverte d'un patrimoine (très récent vu qu'âgé d'à peine une vingtaine d'années) associé dans l'inconscient collectif à cette décennie insouciante et heureuse que furent les seventies. ABBA comme catharsis collective à la névrose des années 2000 ? Certains ne sont pas loin de le prétendre, entre l'adaptation filmée de Mamma Mia ! sortie à l'été 2008 et un musée consacré au groupe ouvrant ses portes en 2009. Et ça, en plus de s'offrir le luxe de snober un cartel financier offrant un milliard de dollars, au niveau de la reconnaissance des institutions et du public, ça vaut tous les disques de platine du monde.

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Groupe parfaitement paritaire, ABBA est égalitairement composé de deux femmes et de deux hommes, issus des divers courants de la musique populaire scandinave. La brune norvégienne Anni-Frid « Frida » Lyngstad, la blonde suédoise Agnetha Fältskog, le barbu Björn Ulvaeus (époux de cette dernière) et Benny Anderson se rencontrent en 1971 pour donner naissance au groupe dont le patronyme est tout simplement issu de l'accolade des initiales de leurs prénoms respectifs. Auparavant, chacun des membres avait entamé une carrière dans la chanson : la paire masculine produisait sous le nom de Lycka (un album homonyme paru en 1970), tandis qu'Agnetha en 1968 (avec un album de reprises) et Frida en 1971 (Nin Egan Stad) avaient chacune entamé une carrière solo.

Devenus ABBA, les quatre chanteurs-musiciens (ces messieurs sont derrière les instruments, alors que ces dames sont au chant), composent et sortent un premier album Ring, Ring en mars 1973. Sorti en Suède et dans quelques pays-tests (Allemagne, Australie, Mexique...), le single du même nom est un petit succès prometteur qui permet au quatuor de se faire repérer par les sélectionneurs suédois du Concours de l'Eurovision qui débauchent le groupe pour représenter leur pays lors de l'édition 1974 de cette compétition. Le 6 avril à Brighton (Angleterre), le titre composé pour l'occasion, « Waterloo », remporte haut la main le radio-crochet européen et fait connaître ABBA dans tout le Vieux Continent, faisant du single le premier n°1 anglais du groupe.

L'album sorti la même année rencontre alors un immense triomphe en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Scandinavie et même au Japon et en Australie. Intelligemment managé par Stig Anderson, le patron du label suédois Polar qui participe activement à l'écriture des titres, ABBA s'envole pour une première tournée aux quatre coins du monde et bientôt, ces quatre Scandinaves aux costumes à paillettes et aux chevelures choucroutées (reflet de l'époque...) deviennent des vedettes internationales, mondialement reconnues. Seuls les Etats-Unis restent relativement hermétiques au quatuor venu du froid. À leur décharge, le mouvement disco y bat alors son plein et la production locale occupe largement l'espace médiatique et culturel.

In the rich mens' world

Au printemps 1975, l'album ABBA, porté par le tube « Mamma Mia » (n°1), est un carton international, dont Arrival, fin 1976, est la suite logique, proposant deux des titres mythiques d'ABBA, « Dancing Queen » et « Money, Money, Money ». Si l'anglais est parfois approximatif, les rythmiques, elles, font l'unanimité. ABBA s'impose rapidement comme l'un des plus gros vendeurs de disques européens depuis les Beatles et les Rolling Stones. Outre les disques, le merchandising tourne à plein et ABBA fait partie des premiers groupes à s'afficher sur des casquettes, des t-shirts, des vêtements et autres objets de la vie courante.

Pionniers en manière de clips vidéos, ils comprennent vite l'intérêt que ce nouveau support représente pour un groupe ambitionnant de conquérir le monde. Radios, télévisions, concerts, magazines... le quatuor est partout durant la seconde moitié des années 1970. Il ne manque plus que le cinéma à son palmarès. Les Beatles dans les années soixante et les Bee Gees en 1979 ont déjà connu une apparition sur pellicule, les Village People connaîtront la leur quelques années plus tard avec Can't Stop the Music et Kiss avec Kiss Meets the Phantom Of The Park, autant d'adaptations romancées des prestations de ces groupes... souvent synonymes de gros nanars à la kitscherie jubilatoire. Les membres d'ABBA, eux, refusent tout net d'incarner des héros de fiction à l'écran et le film qui leur est consacré en 1978 - ABBA The Movie (Vive ABBA en VF) est avant tout un documentaire sur leur tournée australienne. Grâce à ce film, même l'Amérique, pourtant rétive au quatuor scandinave, est séduite. Près de vingt millions de personnes se pressent dans les salles obscures pour voir de documentaire à la gloire du groupe. Plus qu'un effet de mode, ABBA semble être parti pour durer, d'autant que le groupe se montre plus prolifique que jamais, sortant albums, compilations et lives avec la fréquence d'un métronome réglé sur roulement à billes.

Les bons morceaux d'ABBA

En dépit du divorce de Björn et Agnetha, le groupe reste soudé, même s'il consent à lever un peu le pied sur les prestations publiques et télévisées qui use la santé des deux éléments féminins d'ABBA. Un pied levé... qui n'est que le préalable du coup d'accélérateur qui s'ensuit car dès 1979, ABBA caracole en tête des hit-parades avec pas moins de cinq titres (dont « Voulez Vous », « Chiquitita » et « Gimme, Gimme, Gimme »), obligeant le groupe à multiplier les apparitions. Le calme relatif réclamé par les deux femmes du groupe n'aura donc duré qu'une demi-année. Lancés dans l'humanitaire, les quatre scandinaves deviennent les portes paroles de l'UNICEF à qui ils offrent l'intégralité des droits sur le titre « Chiquitita » et participent à plusieurs galas de soutien.

Toujours orientés mercatique, les membres d'ABBA exportent leurs titres en anglais, suédois, français, espagnol... et multiplient les collaborations avec les artistes en vue du moment. Mais le rythme d'enfer qu'ils vivent comment à lasser les membres du quatuor qui, pour certains, finissent par ne quasiment plus pouvoir se voir en peinture. Si le coupe Ulvaeus / Fältkog avait déjà divorcé, le second binôme se sépare en 1981. En dépit d'un album au succès démesuré (The Visitors) , ABBA n'en a plus pour très longtemps. L'année qui suit la sortie de The Visitors ne connaît que quelques rééditions d'anciens albums ainsi qu'une énième apparition d'un Greatest Hits, mais peu de tournées ou de concerts viennent occuper l'emploi du temps des membres du groupe, que la presse commence à qualifier d'au bord de la séparation.

Un split qui devient effectif fin 1982 après un dernier single sans succès (« Under Attack »), lorsque les chanteurs-musiciens annoncent officiellement la fin d'ABBA afin d'évoluer dans des domaines plus personnels : ainsi, Anni-Frid fricote t'elle avec l'aristocratie, remariée qu'elle est avec un Prince de sang royal, Heinrich Ruzzo Reuss von Plaue, tout en poursuivant une carrière solo (Something's Going On dès 1982). Björn et Benny, pour leur part, se lancent dans la composition de comédies musicales. À leur actif, on notera notamment Chess, une variation sur la vie de Bobby Fischer, en collaboration avec Murray Head. Agnetha, de son côté, entame une carrière de chanteuse de variété internationale avec un succès mitigé (de Wrap Your Arms Around Me en 1983 à My Colouring Book en 2004). En dépit d'une remontée sur scène en 1986, à l'occasion des cinquante ans de leur manager Stig Anderson, les membres d'ABBA n'envisagent à aucun moment une reformation du groupe.

Le groupe qui valait un milliard

Le « revival ABBA » débute dès la fin des années 1980 et trouve sa source bien loin des fjords scandinaves, mais très loin au Sud, au pays du bush et des kangourous. L'Australie est restée fan du quatuor aux coupes de cheveux indécentes et c'est de là-bas que débute la redécouverte du groupe mythique des années 1970. Björn Again, un groupe de fan, crée la surprise avec un album de reprises d'ABBA qui se hisse au sommet des charts. De même, deux gros succès cinématographiques, Priscilla, folle du désert et Muriel, films australiens exportés dans le monde entier, contribuent au revival de la formation suédoise en 1994. Universal Music, qui dispose désormais du catalogue d'ABBA flaire le bon filon en publiant la compilation ABBA Gold - Greatest Hits qui s'écoule à près de trente millions d'exemplaires dans le monde.

Conscient de l'énorme potentiel commercial que représenterait un événement médiatique comme la reformation du groupe et le lancement d'un nouvel album, la maison de disques ne propose rien de moins qu'un milliard de dollars aux quatre ex-membres d'ABBA pour se reformer le temps d'un disque. Mais ces derniers préfèrent refuser. Deux comédies musicales, Mamma Mia ! en 1999 et Abba Gold (quatuor allemand reprenant les looks et chansons du groupe avec un impressionnant mimétisme) en 2006 retracent le parcours du quatuor et attirent à elles deux près de trente millions de spectateurs à travers le monde jouant à fond les ballons la carte de la nostalgie des années disco.

Tout d'abord concentré autour de la communauté gay internationale, le « revival » s'impose bientôt partout, allant de pair avec la redécouverte d'un patrimoine (très récent vu qu'âgé d'à peine une vingtaine d'années) associé dans l'inconscient collectif à cette décennie insouciante et heureuse que furent les seventies. ABBA comme catharsis collective à la névrose des années 2000 ? Certains ne sont pas loin de le prétendre, entre l'adaptation filmée de Mamma Mia ! sortie à l'été 2008 et un musée consacré au groupe ouvrant ses portes en 2009. Et ça, en plus de s'offrir le luxe de snober un cartel financier offrant un milliard de dollars, au niveau de la reconnaissance des institutions et du public, ça vaut tous les disques de platine du monde.

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Groupe parfaitement paritaire, ABBA est égalitairement composé de deux femmes et de deux hommes, issus des divers courants de la musique populaire scandinave. La brune norvégienne Anni-Frid « Frida » Lyngstad, la blonde suédoise Agnetha Fältskog, le barbu Björn Ulvaeus (époux de cette dernière) et Benny Anderson se rencontrent en 1971 pour donner naissance au groupe dont le patronyme est tout simplement issu de l'accolade des initiales de leurs prénoms respectifs. Auparavant, chacun des membres avait entamé une carrière dans la chanson : la paire masculine produisait sous le nom de Lycka (un album homonyme paru en 1970), tandis qu'Agnetha en 1968 (avec un album de reprises) et Frida en 1971 (Nin Egan Stad) avaient chacune entamé une carrière solo.

Devenus ABBA, les quatre chanteurs-musiciens (ces messieurs sont derrière les instruments, alors que ces dames sont au chant), composent et sortent un premier album Ring, Ring en mars 1973. Sorti en Suède et dans quelques pays-tests (Allemagne, Australie, Mexique...), le single du même nom est un petit succès prometteur qui permet au quatuor de se faire repérer par les sélectionneurs suédois du Concours de l'Eurovision qui débauchent le groupe pour représenter leur pays lors de l'édition 1974 de cette compétition. Le 6 avril à Brighton (Angleterre), le titre composé pour l'occasion, « Waterloo », remporte haut la main le radio-crochet européen et fait connaître ABBA dans tout le Vieux Continent, faisant du single le premier n°1 anglais du groupe.

L'album sorti la même année rencontre alors un immense triomphe en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Scandinavie et même au Japon et en Australie. Intelligemment managé par Stig Anderson, le patron du label suédois Polar qui participe activement à l'écriture des titres, ABBA s'envole pour une première tournée aux quatre coins du monde et bientôt, ces quatre Scandinaves aux costumes à paillettes et aux chevelures choucroutées (reflet de l'époque...) deviennent des vedettes internationales, mondialement reconnues. Seuls les Etats-Unis restent relativement hermétiques au quatuor venu du froid. À leur décharge, le mouvement disco y bat alors son plein et la production locale occupe largement l'espace médiatique et culturel.

In the rich mens' world

Au printemps 1975, l'album ABBA, porté par le tube « Mamma Mia » (n°1), est un carton international, dont Arrival, fin 1976, est la suite logique, proposant deux des titres mythiques d'ABBA, « Dancing Queen » et « Money, Money, Money ». Si l'anglais est parfois approximatif, les rythmiques, elles, font l'unanimité. ABBA s'impose rapidement comme l'un des plus gros vendeurs de disques européens depuis les Beatles et les Rolling Stones. Outre les disques, le merchandising tourne à plein et ABBA fait partie des premiers groupes à s'afficher sur des casquettes, des t-shirts, des vêtements et autres objets de la vie courante.

Pionniers en manière de clips vidéos, ils comprennent vite l'intérêt que ce nouveau support représente pour un groupe ambitionnant de conquérir le monde. Radios, télévisions, concerts, magazines... le quatuor est partout durant la seconde moitié des années 1970. Il ne manque plus que le cinéma à son palmarès. Les Beatles dans les années soixante et les Bee Gees en 1979 ont déjà connu une apparition sur pellicule, les Village People connaîtront la leur quelques années plus tard avec Can't Stop the Music et Kiss avec Kiss Meets the Phantom Of The Park, autant d'adaptations romancées des prestations de ces groupes... souvent synonymes de gros nanars à la kitscherie jubilatoire. Les membres d'ABBA, eux, refusent tout net d'incarner des héros de fiction à l'écran et le film qui leur est consacré en 1978 - ABBA The Movie (Vive ABBA en VF) est avant tout un documentaire sur leur tournée australienne. Grâce à ce film, même l'Amérique, pourtant rétive au quatuor scandinave, est séduite. Près de vingt millions de personnes se pressent dans les salles obscures pour voir de documentaire à la gloire du groupe. Plus qu'un effet de mode, ABBA semble être parti pour durer, d'autant que le groupe se montre plus prolifique que jamais, sortant albums, compilations et lives avec la fréquence d'un métronome réglé sur roulement à billes.

Les bons morceaux d'ABBA

En dépit du divorce de Björn et Agnetha, le groupe reste soudé, même s'il consent à lever un peu le pied sur les prestations publiques et télévisées qui use la santé des deux éléments féminins d'ABBA. Un pied levé... qui n'est que le préalable du coup d'accélérateur qui s'ensuit car dès 1979, ABBA caracole en tête des hit-parades avec pas moins de cinq titres (dont « Voulez Vous », « Chiquitita » et « Gimme, Gimme, Gimme »), obligeant le groupe à multiplier les apparitions. Le calme relatif réclamé par les deux femmes du groupe n'aura donc duré qu'une demi-année. Lancés dans l'humanitaire, les quatre scandinaves deviennent les portes paroles de l'UNICEF à qui ils offrent l'intégralité des droits sur le titre « Chiquitita » et participent à plusieurs galas de soutien.

Toujours orientés mercatique, les membres d'ABBA exportent leurs titres en anglais, suédois, français, espagnol... et multiplient les collaborations avec les artistes en vue du moment. Mais le rythme d'enfer qu'ils vivent comment à lasser les membres du quatuor qui, pour certains, finissent par ne quasiment plus pouvoir se voir en peinture. Si le coupe Ulvaeus / Fältkog avait déjà divorcé, le second binôme se sépare en 1981. En dépit d'un album au succès démesuré (The Visitors) , ABBA n'en a plus pour très longtemps. L'année qui suit la sortie de The Visitors ne connaît que quelques rééditions d'anciens albums ainsi qu'une énième apparition d'un Greatest Hits, mais peu de tournées ou de concerts viennent occuper l'emploi du temps des membres du groupe, que la presse commence à qualifier d'au bord de la séparation.

Un split qui devient effectif fin 1982 après un dernier single sans succès (« Under Attack »), lorsque les chanteurs-musiciens annoncent officiellement la fin d'ABBA afin d'évoluer dans des domaines plus personnels : ainsi, Anni-Frid fricote t'elle avec l'aristocratie, remariée qu'elle est avec un Prince de sang royal, Heinrich Ruzzo Reuss von Plaue, tout en poursuivant une carrière solo (Something's Going On dès 1982). Björn et Benny, pour leur part, se lancent dans la composition de comédies musicales. À leur actif, on notera notamment Chess, une variation sur la vie de Bobby Fischer, en collaboration avec Murray Head. Agnetha, de son côté, entame une carrière de chanteuse de variété internationale avec un succès mitigé (de Wrap Your Arms Around Me en 1983 à My Colouring Book en 2004). En dépit d'une remontée sur scène en 1986, à l'occasion des cinquante ans de leur manager Stig Anderson, les membres d'ABBA n'envisagent à aucun moment une reformation du groupe.

Le groupe qui valait un milliard

Le « revival ABBA » débute dès la fin des années 1980 et trouve sa source bien loin des fjords scandinaves, mais très loin au Sud, au pays du bush et des kangourous. L'Australie est restée fan du quatuor aux coupes de cheveux indécentes et c'est de là-bas que débute la redécouverte du groupe mythique des années 1970. Björn Again, un groupe de fan, crée la surprise avec un album de reprises d'ABBA qui se hisse au sommet des charts. De même, deux gros succès cinématographiques, Priscilla, folle du désert et Muriel, films australiens exportés dans le monde entier, contribuent au revival de la formation suédoise en 1994. Universal Music, qui dispose désormais du catalogue d'ABBA flaire le bon filon en publiant la compilation ABBA Gold - Greatest Hits qui s'écoule à près de trente millions d'exemplaires dans le monde.

Conscient de l'énorme potentiel commercial que représenterait un événement médiatique comme la reformation du groupe et le lancement d'un nouvel album, la maison de disques ne propose rien de moins qu'un milliard de dollars aux quatre ex-membres d'ABBA pour se reformer le temps d'un disque. Mais ces derniers préfèrent refuser. Deux comédies musicales, Mamma Mia ! en 1999 et Abba Gold (quatuor allemand reprenant les looks et chansons du groupe avec un impressionnant mimétisme) en 2006 retracent le parcours du quatuor et attirent à elles deux près de trente millions de spectateurs à travers le monde jouant à fond les ballons la carte de la nostalgie des années disco.

Tout d'abord concentré autour de la communauté gay internationale, le « revival » s'impose bientôt partout, allant de pair avec la redécouverte d'un patrimoine (très récent vu qu'âgé d'à peine une vingtaine d'années) associé dans l'inconscient collectif à cette décennie insouciante et heureuse que furent les seventies. ABBA comme catharsis collective à la névrose des années 2000 ? Certains ne sont pas loin de le prétendre, entre l'adaptation filmée de Mamma Mia ! sortie à l'été 2008 et un musée consacré au groupe ouvrant ses portes en 2009. Et ça, en plus de s'offrir le luxe de snober un cartel financier offrant un milliard de dollars, au niveau de la reconnaissance des institutions et du public, ça vaut tous les disques de platine du monde.

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