Pas facile pour les Plasticines de débarquer avec ce nouvel album sous le bras. Déclarées groupe du mois dans RnF et après avoir fait l'objet des commentaires les plus flatteurs dans ce même journal, difficile de se décoller l'étiquette Baby Rockers Parisien du dos. En essayant d'être pragmatique n dira qu'elles ont pour elles le fait d'être des filles dans le vent de la mode comme....L7 par hasard, sauf qu'elles plus que dans le vent elles étaient carrément plutôt dans les vents.
Techniquement, rien a reprocher, très belle voix féminine, son...façon Strokes, crade mais pas trop, rien a redire quant a la maîtrise des instruments. Les plus vindicatifs diront qu'elles ont sans doute bénéficie de l'aide de quelques pointures du métier qui devaient bien cela a un certain PM. Je ne serai pas vindicatif, nos 4 amies ont une maîtrise parfaite de la forme rock avec ce qu'il faut de grosse pop sur les refrains et les chaeurs (grosse présence des doo doo wap wap) la bonne ballade bien troussée comme I Am Down, des petits gimmicks reggae sur fond de pop 80s Time To Leave, ce qu'il faut de rébellion dans l'attitude pour ne pas paraître soupasse.
Ainsi, je crois pouvoir dire que les bases d'une objectivité sans faille sont solidement posées. Pour la forme, c'est indéniable, c'est réussi. Nombres de rappers maîtrisent sur le bout de leurs doigts la forme inhérente au style et pourtant...les bacs des soldeurs débordent de découvertes de l'année trop marketées. Pour nos amis Plasticines, on craint un peu le même phénomène. L'album n'est pas mauvais même si certaines compos qui démarrent plutôt bien se retrouvent gâchées par un changement imprévu en cours de morceau, une mélodie peu appropriée a mes oreilles, un refrain plat qu vient casser une montée en puissance pourtant bien amenée. De ces petits riens qui ne massacrent pourtant pas un album, mais qui passent d'autant moins bien qu'on avait été prévenus, il s'agit la du groupe de l'année, de la révélation française qui allait révolutionner le rock, du groupe que tout le monde attendait depuis Téléphone, etc...
Ainsi, beaucoup aurait été pardonné aux Plasticines si elles n'avaient pas été précédées d'une telle hype préfabriquée, pour laquelle elles ne sont peut être pas pour grand-chose, mais, il faut bien l'admettre, le résultat n'est pas à la hauteur de l'attente artificiellement suscitée. En matière d'inspiration, la comparaison vire vite à leur désavantage par rapport, au hasard, aux Tings Tings ou aux Donnas, si l'on reste dans un créneau rock pop entraînant et rafraîchissant avec voix féminines.