Critique
On avait laissé Jacques Schwarz-Bart, héritier d’un Prix Goncourt et d’une femme de lettres, lui-même fin lettré et diplômé de Sciences-Po, et accessoirement saxophoniste de Pointe-à-Pitre et du monde, dans des aventures (Soné Ka La-2006 et Abyss-2008), où le musicien tentait de concilier ses racines créoles et la musique new-yorkaise (cité où il s’est, depuis déjà plusieurs années, installé), rythmes caraïbéens et pulsion binaire. Même si les procédures visant à mêler jazz, funk et soul furent multiples chez l’instrumentiste (il suivit plusieurs années durant le parcours, à l’épicentre du gospel et du hip hop, du trompettiste Roy Hargrove), Rise Above, dans son option récréative (au sens étymologique du terme) a de quoi surprendre.
Tout d’abord, l’histoire vient de loin : plus précisément d’une tournée (2000) en compagnie de D’Angelo (petit prince de la néo-soul music), où le Français, en charge de la section de cuivres, rendit compatible ses passions duelles pour la soul et le jazz. Puis survient l’amour, et l’une des rencontres les plus déterminantes de l’existence de Schwarz-Bart, avec la chanteuse Stephanie Mckay (fille du Bronx, et émérite héritière de certains fondamentaux de la Tamla Motown).
Lorsqu’on s’aime, on fait un petit garçon ensemble (2003), puis des chansons, qui seront rodées sur scène, avant de constituer l’objet de cet album. Ainsi, Rise Above doit autant à l’instrumentiste (qui assume même le chant en leader sur la chanson-titre) qu’à la vocaliste, au jazz (qui pointe son nez à chaque détour de chorus) qu’à la soul la plus sophistiquée. Enregistré à Harlem sur un espace de six années, le disque bénéficie également de la prestation, sur « Home », de la chanteuse Me'shell Ndegeocello, ici à la basse, qui clôt les sessions en un climat de mystère et de retenue. Le tout agit en fait comme une vision policée d’un R&B dont on n’aurait pas gommé les aspérités, afin d’en conserver intact tout le suc, riche de l’âme de ses créateurs.
On pourra considérer cet album comme le plus confortable du saxophoniste. On pourra également l’aborder comme le plus pertinent, disque de chansons et de variations instrumentales, où jamais les unes ne sacrifient aux autres.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Le prodigieux saxophoniste ténor Jacques Schwarz-Bart publie son prochain album sur le label Dreyfus Jazz. « Rise Above » contient 10 nouvelles compositions de 'Brother Jack' qui évoluent dans un univers musical multicolore alliant jazz, soul, funk, R'n'B... La chanteuse Stéphanie McKay pose magnifi quement sa voix sur 6 titres.