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Le premier refrain du disque (sur le très glam « Dragqueen ») pose le décor d'un univers où s'entrechoquent la cohésion d'un groupe énergique, la fougue d'un rock incisif et l'énigmatisme de paroles inventives. « Viens avec moi en province imaginaire » et nous voilà projeté dans tout ce dont un « amoureux » de rock français désire : des mélodies accrocheuses, des paroles tantôt crues tantôt « cuites », un son imaginatif où se mélange un quatuor classique (« guitares - basse - batterie ») aux sons ingénieux... (vous ai je dit que le batteur, Nicolas Courret, est crédité au tambourin, au shaker et aux...étagères !). Abricotine rassemble 1 an et demi d'imagination et 12 morceaux (sur les 20 enregistrés) capturés loins des grands studios suréquipés et surproduits pour musiciens parvenus (... « dans une cave, un grenier et un appartement »)
Derrière la pochette d'Olivier Vaughan (label 4AD) , se cache le premier disque (après les ep de Janvier99 (L'Affaire) et d 'août 2000(Abricotine et quality street)) d'un groupe prometteur formé par Romain Humeau (remis de son expérience avec «Hoobik and the pucks ») lui même auteur de ces 12 musiques et de ces...11 textes. ..En effet, fort de son accent du sud (Romain est de Toulouse), voici qu' Eiffel joue sur un texte de Boris Vian (« Je Voudrai Pas Crever »). Notons que ce n'est pas la première fois que musique et littérature se rencontrent puisqu'ils ont été les compagnons de Michel Houellebecq sur le disque de celui-ci en avril 2000(Présence Humaine chez Tricatel).
On pourrait rapprocher les frenchies de leurs illustres prédécesseurs (Beatles, Clash et plus récement Pixies, Blur et Supergrass) mais Eiffel reste surtout un subtil mélange des genres. Musique chargée de candeur et de fraîcheur où les paroles fondent dans l'oreille...Ici les jeux de mots bi-sensuels affluent ( «Inverse Moi » « Abricotine et Quality Street »), là les mots se tordent et s'entremêlent (« Hype », « Quelqu'un » ) . Bien sentie, l'orchestration facilitatrice est arrangée par Romain Himself (parties jouées par le Quatuor Alhambra) qui métisse machine et guitares (« O toi ») posant parfois un basson (« Un Peu Moins Mort »), une opération si réussie que l'on s'étonne que cela soit un groupe Français. L'acoustique n'est pas oubliée (« J'ai poussé trop vite ») ni le lazy mélodique de l'excellent « Quand est ce » qui devrait faire parler de lui.
Enfin, on ne peut pas parler d'Abricotine sans évoquer le tube monumental « Te Revoir » ou « comment parler de la disparition de son ex qui mettait rue Pigalle dans tous les couloirs du lyçée.. !», preuve que, pour ceux qui en doutait encore, le rock Français existe et qu'il n'a pas de quoi rougir devant les anglosaxons.. Ce disque.. ? la première pierre du monument Eiffel !
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