Platine
Il est vrai que les jeunes décideurs d'aujourd'hui, qui ont entre trente et quarante ans, sont les adolescents des années 70 et 80. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont appris l'alphabet en chantant grâce à Jean-Jacques Debout et Chantal Goya... Voilà certainement une des raisons pour lesquelles cette artiste à l'éternel visage d'adolescente est devenue culte, et que sa moindre apparition, notamment en Bécassine destroy dans le film
Absolument fabuleux d'Aghion, soulève rires tendres et bienveillants.
Finis donc les sarcasmes des années 80, suite au cruel et injuste Jeu de la Vérité, place au maximum respect. Malheureusement, tous ces bons sentiments ne sont pas forcément associés à des actes d'achat et, après le sympatoche "Bécassine Is My Cousine" (arrangé par Robert Goldman alias Jimmy Kapler qui s'est arrêté là), la BO de
Capitaine Flam (remixée par JSR), la reprise d'un titre de Jean-Jacques qu'elle n'avait jamais chanté, n'a pas eu l'effet escompté.
Aujourd'hui, cet album de 17 titres (dont 15 signés Debout), plus 4 remixes en versions longues, risque bien de tomber à plat... Il faut dire que, si les chansons ont des mélodies très fortes : "Un lapin", "Pandi-panda", "C'est guignol", "Mickey", sans oublier les dernières comme "La Poussière" ou même les reprises comme "Voulez-vous danser grand-mère" et les adaptations comme "Dou ni dou ni day", les nouveaux arrangements n'apportent rien. Si ce n'est une dose supplémentaire de cheap à quelqu'un qui n'en avait vraiment pas besoin... Sans compter que ces remixes, confiés à une pléiade de producteurs (JSR, Scream, et aussi Ongagou, Moury, FH, C&C), ne donnent certainement pas plus envie de s'éclater que les versions originales ! Décidément, Cloclo et Dalida resteront les seules stars des 70 à marcher en remixes !
Critique
Album de reprises du revival de Chantal Goya, soudain redécouverte au seuil de la soixantaine,
Absolument Goya s’inscrit totalement dans la vogue adulescente que les moins de vingt ans ne peuvent pas conduire.
Des remix technos des plus gros succès de Chantal Goya (on a même droit à des versions longues pour discothèques de
« Snoopy », « Pand-Panda » et
« C’est Guignol ») sont agrémentés d’une reprise du mythique générique français de
Capitaine Flam, qui constitue sans doute par ailleurs le titre le plus réussi du lot.
Admirablement régressif ou détestable selon les goûts et l’humeur,
Absolument Goya est un véritable monument de la nostalgie des années 1970-80, que la génération qui aura entre quarante et cinquante ans en l’an 2020 réécoutera avec effroi ou émotion.
Nikita Malliarakis - Copyright 2012 Music Story