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Commentaires client les plus utiles
49 internautes sur 51 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Extension du champ d'application,
Par Camille (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Achever Clausewitz (Broché)
L'oeuvre de René Girard s'est imposée comme l'une des plus importante de notre époque. Mais la théorie mimétique (l'un de ses noms) s'appliquait en premier chef à la littérature et à l'anthropologie du religieux. Dans ce livre magistral, qui se présente sous la forme d'un dialogue, cette théorie montre ses ressources quasi illimitées en jetant aussi d'intéressantes lumières sur l'histoire contemporaine, notamment en ce qui s'y joue dans la tumultueuse relation de la France et de l'Allemagne, et cela en s'appuyant sur un texte aussi peu "littéraire" que "De la guerre" de Clausewitz. Mais il est à craindre que les lecteurs qui ne connaissent pas l'oeuvre antérieure de Girard n'en saisissent pas toutes les implications. Il faudrait lire au moins "Mensonge romantique et vérité romanesque" (pour le lien avec la littérature), "La violence et le sacré" (versant anthropologique), et aussi "Des choses cachées depuis la fondation du monde" (révèle le rôle du christianisme). Cela fait plus de mille pages, il faut au moins cela pour espérer pénétrer une pensée qui n'est pas si simplisiste qu'on le dit parfois. (Une autre solution, forcément un peu moins bonne : lire une bonne synthèse de l'oeuvre de Girard, je pense notamment à "Des figures de la violence" de Haeussler Eric).
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34 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Au summum de la pensée girardienne,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Achever Clausewitz (Broché)
René Girard, ouvrage après ouvrage, approfondit la question du désir mimétique, de son importance majeure dans la société (l'homme n'est rien par lui-même car il est tout par la société, la culture).
René Girard a démontré que la solution des crises mimétiques, dans les sociétés pré-chrétiennes, et dans celles qui ont ignoré le message du Christ, se trouvait dans le sacrifice de la victime émissaire. Le Christ a dévoilé que le massacre du bouc émissaire consacrait le meurtre de l'innocent par excellence : la mort du Christ sur la Croix. Le paroxysme de la crise mimétique apparaît à la faveur des guerres napoléoniennes ; guerres d'un peuple contre les autres et non plus guerre d'un Royaume représenté par des soldats contre un autre. Ce conflit est d'une violence plus grande encore que par le passé car un peuple (la Prusse) a pris pour modèle un autre (La France) et le trouve en obstacle sur son chemin. La guerre ne peut donc être que totale. Le crescendo de 1870, 1917 (Verdun) et la seconde guerre mondiale participe de cette rivalité mimétique exacerbée que n'avait pas entrevu Clausewitz. René Girard achève ainsi la pensée de ce génial soldat. Clausewitz a été la victime presque consciente de son désir d'imiter Napoléon. Il a compris avant tout autre penseur, dont Hegel son contemporain, mais avec Hölderlin (dont la signification du retrait est explicitée dans l'ouvrage), que les guerres étaient d'essence mimétique. Le Christ ayant démontré que la solution des conflits ne pouvait se trouver dans le sacrifice d'une victime émissaire, de nature innocente, la seule solution pour l'Humanité est celle présentée par le judéo-christianisme ; c'est-à-dire la Réconciliation. Si l'Humanité ne parvenait pas à ce stade de la réconciliation, alors, la violence, notamment à la lumière du terrorisme islamiste, se déchaînera sans limite dans la fin du monde. René Girard nous dresse un constat dur. L'espérance est dans la vérité du christianisme par le Christ, son modèle, son inspirateur. "Achever Clausewitz" est un remarquable ouvrage pédagogique et constitue une indispensable lecture pour tout girardien qui souhaite approfondir le thème du désir mimétique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Achever Clausewitz (Broché)
On pourrait penser que tout a déjà été sur l'oeuvre de Carl von Clausewitz. De Basil Lidell-Hart à Raymond Aron, les exégètes du fameux "De la guerre" n'ont cessé de tirer les leçons, pour leurs époques respectives, des écrits du stratège prussien. Le livre de René Girard, "Achever Clausewitz" (chez Carnet Nord), prend toutes ces analyses à contre-pied, en démontrant à la fois la validité du message de Clausewitz et en affirmant que, contrairement au résumé habituel de son message, c'est en fait la politique qui court impuissante derrière la guerre. Girard décrypte donc comment Clausewitz a compris, mieux qu'aucun autre, que la guerre est avant tout un duel et que la "montée aux extrêmes" a désormais pris le pas sur toute forme de contention de la violence. Girard analyse l'aeuvre de Clausewitz sous plusieurs angles : au regard de la fascination "mimétique" de Clausewitz envers Napoléon, en perspective des textes de Hölderlin - un autre contemporain d'Iéna -, et enfin dans le prolongement du "conflit franco-allemand" et des luttes séculaires entre "le pape et l'empereur". La vision Apocalyptique de l'histoire, au sens chrétien du terme, que nous délivre l'académicien français René Girard, en voulant aller jusqu'au bout des intuitions de Clausewitz, a de quoi dérouter (notamment ceux qui n'auraient pas lu ses chefs d'aeuvres fondateurs, Mensonge romantique et vérité romanesque et La Violence et le Sacré), mais sa convergence avec les réalités de l'histoire des deux derniers siècles et de l'actualité récente - comme l'escalade terroriste et les périls écologique - sont plus que troublant. "Il faut donc réveiller les consciences endormies. Vouloir rassurer, c'est toujours contribuer au pire" conclut Girard.
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