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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le disque de toutes les ambitions, 2 janvier 2010
Quand sort « Achtung baby » en 1991, les U2 peuvent tout se permettre. C'est le plus grand groupe du monde (entendez celui qui vend le plus de disques, qui joue dans les plus grands stades, qui gagne le plus d'argent). Cela grâce à son chef-d'aeuvre « The Joshua tree » et à l'album mi-live mi-studio fourre-tout qui a suivi.
Et alors que la simple logique marchande leur commanderait de suivre dans la même voie, les quatre Irlandais vont prendre un contre-pied artistique des plus inattendus. Les rois du rock « héroïque » comme on disait à l'époque, dont on croyait l'horizon limité aux gradins des arènes américaines, montrent qu'ils fréquentent les petits clubs et entendent ce qui s'y joue, à savoir de la musique électronique (house, techno, ...). Mais les U2, surtout Bono, commencent à se sentir investis d'une « mission » face à l'actualité du Monde, voire son Histoire.
Le lieu de l'enregistrement d' « Achtung baby », le studio Hansa de Berlin, n'est pas neutre. C'est celui où Bowie (remercié dans les crédits) et Iggy Pop ont enregistré quelques-uns de leurs disques essentiels (« Low », « Heroes », « Lodger », « Lust for life », « The Idiot »). Et surtout, le studio Hansa est dans cette Allemagne où le cours de l'Histoire vient de s'accélérer avec le chute du Mur. Le casting d' « Achtung baby » est encore plus long que le générique de la dernière production Pixar. Sont réquisitionnés aux manettes les habituels Eno et Lanois, mais aussi Steve Lillywhite, producteur-roi des années 80 et de leur « War », ainsi que Flood, très branché machines et technologie, et responsable du virage radical de Depeche Mode (« Violator »).
Et des machines et des boucles techno, il va y en avoir dans « Achtung baby ». Quelquefois trop d'ailleurs, comme sur les titres « Zoo station », « Until the end ... », « Tryin' to throw ... » ou « Acrobat », qui tendent trop facilement à la démonstration technique, et sur lesquels le « son » prend le pas sur la chanson ... Mais des chansons, les U2 savent encore en écrire, et quelques unes d'excellentes (« One », « So cruel », « Mysterious ways », « Love is blindness » sont parmi les toutes meilleures de leur répertoire). Outre le traitement du son, ce qui marque dans ce disque, c'est cette « patte » U2 que l'on discerne toujours, même si les structures rythmiques sont beaucoup plus complexes que par le passé (grosse performance de Mullen et Clayton), si les guitares de The Edge sont plus discrètes et incisives à la fois ... Quant à Bono, il n'a jamais aussi bien chanté...
La suite, après la parution de ce disque, sera beaucoup plus discutable, avec la mégalomaniaque tournée « Zoo TV Tour », un Bono qui se prendra pour un chef d'Etat et s'occupera risiblement des « affaires du Monde », et des disques suivants (« Zooropa » et « Pop ») qui reprendront la formule d' « Achtung baby », les bonnes chansons en moins ...
Aujourd'hui quelque peu daté au niveau sonore (il a moins bien vieilli que l'atemporel « Joshua tree »), « Achtung baby » n'en demeure pas moins un disque totalement incontournable de U2.
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27 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
du bonheur en CD venu d'Irlande, 16 juin 2004
A la fin des années 1980s, U2 semblait être destiner à une relégation culte & complètement old fashionned face aux autres groupes de l'époque alors ils ont attrapé leurs deux producteurs géniaux Daniel Lanois & Brian Eno & ils ont créé l'ultime cri artistique de l'expression post-moderne (c'est très clair ! : le résultat : Achtung Baby!) Dans cet album, on trouve les graines du bruit ambiant de l'industrie électro-pop qui ont été plantés dans quelque unes de leurs créations comme Zoo Station, ...quelque chose que le groupe poussera un peu plus loin dans les albums qui ont suivis... (Zooropa, & Pop). Comme eux, Achtung Baby est toxique du début jusqu'à la fin (comprenez le point culminant du groupe & la fin de leurs influences musicales & la contre explosion du moment. C'est aussi "le divorce » de The Edge & de Bono. Sinon c'est des sons 'dance' avec The Fly, & aussi la naissance d'une enterprise hallucinante, le Zoo Station. Bono donne un ton pour cet album dès le commencement avec sa façon de chanter (des soupirs, des cris des grognements, des râles...).Le son grunge & distordu de Zoo Station nous conduit vers une chose très étrange & très plaisante : Even Better than the Real Thing, dans laquelle the Edge est autorisé à prendre sa guitare la mener vers des nouveaux sons funky ! pour créer un morceau d'anthologie !. Pourtant, un autre titre comme One change le rythme... une belle ballade acoustique que tout le monde connaît bien sûr depuis le heyday of ZOO/MTV. Le son détaché & l'émotion continue dans Until the End of the World, Who's Gonn'a Ride Your Wild Horses and So Cruel... toutes miroitant le genre de musique qui devait être autour d'eux, mais aussi celle qu'on connaissait du vieux U2; magique & faisant de nous des zombies tant la musique nous berce.... Mais d'autres chansons comme The Fly, Mysterious Ways (genre Depeche Mode ) & Trying to Throw You're Arms Around the World bénéficient toutes de la marque de fabrique U2. Les trois dernières chansons sont des petites merveilles amenant une mélancolie désespérée mais aussi une transcendance. C'est vraiment pour moi un chef d'oeuvre U2nien! Depuis War (un autre de mes favoris) qui se balance entre expérimentations pop avec aucune des ramifications du suivant, bien qu'intéressant Zooropa. Encore une marche de passer après Rattle & Hum, c'est un album qui pousse les limites de la réinvention de la musique de tous les côtés Nos vieux irlandais ont été des précurseurs & ils s'en sortent toujours aujourd'hui j'espère que ça durera ! J'ADORE ! >>>>> Nelly
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Réinvention, Alternative, Réécriture..., 27 janvier 2005
En 91, le Rock était Germano-Irlandais. Il suffit de voir Bono en transe, dans un des nombreux concerts du Kolossal "Zootour", criant "this is rock n' roll!!!" pendant un solo de the edge sur "until the end of the world" pour s'en convaincre. Cette petite chose que constitue ces douze morceaux prend de plus en plus une dimension gigantesque avec l'âge... Toujours escortés de leurs fidèles Eno-Lannois-Lillywhite (ici, c'est même plus qu'un aide; on pourrait presque dire que U2 période "Achtung baby" et "Zooropa" était en fait un quatuor à 7 membres...), le groupe sort tout ce qu'il y a de plus transcendental en eux pour nous pondre le disque rock post-moderne par excellence. Si the joshua tree était l'album du retour aux racines, celui-ci pique plein d'éléments et d'influences à une culture naissante (celle entre autres du zapping télévisuel) pour instaurer un design et un son qui feront date. Mais loin de s'arreter à ça, il y a dans cet objet hétéroclite une unité, une force que seuls U2 peut encore nous livrer aujourd'hui: "celle de nous faire croire que chacune de leurs chansons ont été écrites pour nous seuls" (Mischka Assayas). Chacun aura ainsi son morceau ou sa phrase ou son son préféré, pensant être quelque part mis à nu par ces musiciens en pleine possession de leurs moyens. Achtung Baby a d'intime son universalité et d'universel ce sentiment de coller au plus près de la vérité de chacun de nous... "We ate the food, drank the wine; everybody having a good time. You, you were talking about the end of the world" déclame un Bono à la voix des mauvais jours. Achtung Baby enchaine les morceaux inoubliables avec une facilité déconcertante, celle qu'acquiert les artistes laissant une empreinte dans le paysage musical pour au moins le demi-siècle à venir. La palme revenant sûrement à l'enchainement "The fly - Mysterious ways - Trying to throw your arms around the world" montrant l'étendue de la palette U2 de l'époque: l'expérimental accompli, le tube boogie futile et jouissif et la conclusion prouvant une nouvelle fois que ce groupe trouve une forme d'épanouissement à répandre du bonheur simple et sobre...
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