J’avais lu, chaque année, les romans d’Amélie Nothomb depuis « Hygiène de l’assassin », mais avais fini par me lasser. Je n’avais donc pas acheté les deux derniers.
Sans avoir pris connaissance d’aucune critique, j’ai renoué avec la lecture de l’auteur, à travers ce dernier roman.
J’ai le sentiment d’y avoir retrouvé un esprit fidèle à celui qui prévalait dans les autres : même force de caractère des personnages, même affirmation de leurs convictions et de leur liberté, sans compromission avec la force des événements extérieurs. Incorruptibles jusqu’au bout et ne cherchant pas la reconnaissance à tout prix.
J’ajoute que cette histoire ne me semble pas si invraisemblable que cela, loin de là, quitte à surprendre. J’y ai vu des points communs avec les naumachies et autres jeux du cirques (« du pain et des jeux »), auxquels Amélie Nothomb fait d’ailleurs elle-même référence et dont je lisais justement en parallèle une intéressante évocation au même moment dans l’essai d’Yves Roucaute « Les démagogues de l’Antiquité à nos jours ».
On va ici encore plus loin que le film d’Yves Boisset « Le prix du danger » qui, dans les années 1980, était déjà très fort et avait à l’époque frappé les esprits.
Mais il n’empêche que, malgré les interventions ou débats bien-pensants, les émissions de télé-réalité vont toujours plus loin dans l’excès et que rien ne les empêche de se dérouler… sinon l’audimat.
Pas si invraisemblable, hélas, je répète.