Aerosmith

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Biographie

Comme beaucoup de groupes de rock, Aerosmith repose sur un tandem de leaders-auteurs-compositeurs, celui formé par le chanteur Steven Tyler et le guitariste Joe Perry. Ainsi que son vrai nom (Steven Tallerico) l'indique, Tyler est un Italo-Américain. Originaire de New York (où il naît ne 26/3/1948), il fréquente dans sa prime jeunesse les hippies et s'installe à Boston, où il chante et joue de la batterie dans différents groupes, dont Chain Reaction. En vadrouille à Sunapee, dans le New Hampshire, il se lie d'amitié avec Joe Perry (né le 10/9/1950 à Boston). Tous deux apprécient surtout les ... Lire la suite

Comme beaucoup de groupes de rock, Aerosmith repose sur un tandem de leaders-auteurs-compositeurs, celui formé par le chanteur Steven Tyler et le guitariste Joe Perry. Ainsi que son vrai nom (Steven Tallerico) l'indique, Tyler est un Italo-Américain. Originaire de New York (où il naît ne 26/3/1948), il fréquente dans sa prime jeunesse les hippies et s'installe à Boston, où il chante et joue de la batterie dans différents groupes, dont Chain Reaction. En vadrouille à Sunapee, dans le New Hampshire, il se lie d'amitié avec Joe Perry (né le 10/9/1950 à Boston). Tous deux apprécient surtout les groupes anglais, comme les Rolling Stones (auxquels Aerosmith sera souvent comparé), les Animals, les Yardbirds ou Fleetwood Mac ; en somme, des représentants du British Blues Boom, qui permettent alors aux Américains de redécouvrir leur patrimoine musical. En 1969, ils assistent, émerveillés, à des concerts de Led Zeppelin et de Fleetwood Mac au festival hard/psyché de la Boston Tea Party. Et quelques mois plus tard, Steven Tyler plante sa tente au festival de Woodstock et participe aux « trois jours de paix, d'amour et de musique ».

C'est en 1970 que lui et Perry créent le Jam Band avec le bassiste, Tom Hamilton (né le 31/12/1951 à Coladorado Springs) dont Tyler a fait la connaissance en même temps que Perry. Le trio est rejoint par le guitariste rythmique Ray Tabano et le batteur Joey Kramer (21/6/1950 à New York), alors étudiant au Berklee College of Music. C'est ce dernier qui trouve le nom du groupe, tiré d'un classique de la littérature américaine, Arrowsmith (pour lequel Sinclair Lewis reçût le prix Pulitzer en 1926) et leur fameux logo. Ray Tabano ne reste pas longtemps et est remplacé dès 1971 par Brad Whitford (23/2/1952 à Winchester, Massachussets, ex-Earth Inc.) : le groupe trouve alors sa composition classique.

Au bout de deux ans de concerts dans les clubs de Boston (The Barn), un passage éclair au Max's Kansas City de New York suffit à Aerosmith pour être signé chez Columbia Records. Même s'il contient une de leurs chansons les plus célèbres (la ballade « Dream On », qui sera quelques années plus tard un hit), leur premier album, Aerosmith (un temps réédité sous le nom de Make It), qui sort en juin 1973, n'est guère remarqué. Son successeur Get Your Wings (mars 1974), est mieux reçu par la critique, mais ne perce pas auprès du grand public. A force d'assurer des premières parties pour beaucoup d'artistes de leur label (même le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin !), il gagne une réputation d'excellent groupe de scène, où l'attitude de Steven Tyler, volontairement outrée et jouant sur l'ambiguïté sexuelle, attire l'attention. Ils possèdent alors le même management que les New York Dolls, dont certains membres les accuseront plus tard de les avoir copiés - peut-être pas tout à fait à tort.

Pour tous les fans, les albums Toys In The Attic (avril 1975) et Rocks (mai 1976), tous deux parfaits, représentent les sommets de la discographie d'Aerosmith : le succès commercial est immense et les jeunes américains affluent en nombre à leurs concerts. Sur le premier, on trouve leur première version du futur classique, le funk-rock « Walk This Way », qui alors ne perce pas dans les charts. Le second abrite « Back In The Saddle », autre morceau de bravoure du groupe. En France, cependant, le groupe est surtout apprécié des connaisseurs. Et si en 1976, lors de la tournée Rocks, il occupe la tête d'affiche au Pavillon de Paris de la Porte de Pantin, ce sera pourtant leur seule apparition française jusqu'en 1988. L'année suivante, ils montrent les premiers signes d'essoufflement avec le décevant Draw The Line, enregistré dans un monastère désaffecté et avec une bonne provision de cocaïne.

Pour bien des groupes de rock, avec le succès de masse viennent les tentations les plus sordides et Aerosmith ne fait pas exception à la règle : l'alcool et les opiacés circulent abondamment chez Tyler et ses acolytes, affectant leur vie de famille et leur musique. Ainsi, un soir, défoncés, ils arrêtent un concert après un seul morceau, celui avec lequel ils avaient l'habitude de clôturer leur set. Tyler et Perry sont alors surnommés les « Toxic Twins » (Jumeaux toxiques), aussi bien par allusion aux « Glimmer Twins » Mick Jagger et Keith Richards qu'à leurs passe-temps narcotiques.  En 1978, à l'invitation des Bee Gees, ils apparaissent au cinéma sous le nom de The Future Villains dans le navet Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, où leur superbe interprétation de « Come Together » des Fab Four représente le seul passage agréable. Cette même année, paraît le double Live Bootleg !, hélas bien moins convaincant que leurs albums studio, mis en vente précisément pour contrer les pressages pirates de leurs concerts, qui commencent à pulluler.

La décennie 1970 s'achève décidément mal pour Aerosmith : après la sortie en novembre 1979 d'un sixième album, Night In The Ruts (dont le titre est une contrepèterie), qui entérine le reflux de créativité et de popularité, le groupe voit ses deux guitaristes, lassés des excès en tous genres, quitter le groupe. Joe Perry entame alors une brève carrière solo, publiant entre 1980 et 1983, trois albums sous le nom de Joe Perry Project. Quant à Brad Whitford, il s'associe au chanteur Derek St. Holmes (ex-Ted Nugent Band) : le projet ne fait pas long feu et, après un unique album en 1981 (l'éponyme Whitford/St. Holmes, qui fait un flop), est dissous.

Après une période très difficile durant laquelle il végète dans une chambre d'hôtel miteuse, manque de mourir d'overdose et d'un accident de moto, et a la surprise d'apprendre qu'un Greatest Hits (1980), dont il ne connaissait même pas l'existence, s'est écoulé à près d'un million d'exemplaires, Tyler recrute alors deux nouveaux guitaristes, Rick Dufay et Jimmy Crespo (ex-Flame). Aerosmith, dans sa nouvelle configuration, enregistre le médiocre Rock In A Hard Place, publié en août 1982. Pour ne rien arranger, Tyler ayant beaucoup de mal à « décrocher », les concerts du groupe restent très erratiques et deviennent de moins en moins fréquentés : il leur arrive même de jouer dans de simples bars.

La situation s'améliore cependant en 1984, quand Whitford et Perry - lequel était sur le point de rejoindre le groupe de scène d'Alice Cooper - assistent en invités à un concert de leur ancien groupe, qu'ils réintègrent peu après, à la satisfaction générale. Bien que n'ayant rien à promouvoir, Aerosmith entreprend alors la tournée Back In The Saddle, qui les réconcilie avec leurs anciens fans. Admirateur de toujours, le millionnaire baba et ponte de Geffen Records John Kalodner, les approche. Il obtient pour eux un contrat dans sa maison de disques et leur impose un cahier des charges très strict, avec cure de désintoxication et obligation de collaborer avec des songwriters extérieurs au groupe, comme Desmond Child (auteur de chansons pour Kiss, Joan Jett, Bon Jovi, notamment) et Richie Supa. Si l'album de come-back Done With Mirrors (11/1985) ne soulève guère l'enthousiasme, une reprise de « Walk This Way » par le groupe rap Run-D.M.C. (avec une participation de Steven et Joe) sortie à l'été 1986 en single est un hit et apporte un nouveau public à Aerosmith, qui passe ainsi du statut de groupe décadent à celui de presque avant-gardiste avec ce premier « tube » de la fusion rock/rap produit par Rick Rubin (si ce métissage est dans l'air - underground - du temps dans le milieu des années 80, avec notamment les Beastie Boys ou Faith No More, il n'éclate vraiment qu'à partir des années 90 et ce tube passe pour très en avance).

Profitant de ce retour, Columbia réédite leurs anciens albums en CD, fouille dans ses bandes d'archives et publie les albums en concert Classics Live 1 et Classics Live 2 (respectivement avril 1986 et juin 1987). Dans la foulée, leur effort studio suivant, Permanent Vacation (août 1987), porté par la power-ballad « Angel » (n°3) et « Dude (Looks Like A Lady) », obtient un grand succès et confère au groupe un statut qu'il avait perdu, les passages en rotation lourde de ses vidéos-clips - fort luxueux - sur MTV n'y étant pas pour rien. De même, l'émergence des groupes de hard-rock glam (ou « hair metal », en référence à leurs coiffures) comme Skid Row, Poison, Cinderella ou Guns N' Roses, qui les évoquent souvent en interview, aide beaucoup à cette nouvelle popularité.

Après la sortie en septembre 1989 du best-seller Pump (avec « Love In An Elevator » et « Janie's Got A Gun » respectivement n°5 et n°4), Aerosmith renoue avec les grandes salles et les festivals, comme celui des Monsters of Rock, à Castle Donington (Angleterre), où ils se produisent en 1990 et reviennent en tête d'affiche en 1993. Lors de leur première apparition au festival, leur idole Jimmy Page les rejoint sur scène pour jouer « Train Kept-A-Rollin' », standard commun aux Yardbirds, à Led Zeppelin et à Aerosmith. En 1992, lors du concert des Guns N' Roses à l'hippodrome de Vincennes, devant 60 000 personnes, ce sont Tyler et Perry qui font office d'invités de marque, rejoignant les « Gunners » pour deux morceaux.

Avant l'expiration de leur contrat avec Geffen, Aerosmith renoue avec son ancienne maison, Columbia (passée en 1987 aux mains de Sony Music), et touche plusieurs millions de dollars pour ce transfert. Leur première maison de disques en profite pour sortir le coffret triple CD Pandora's Box agrémenté de titres inédits. Taillé pour les radios, le nouvel album studio Get A Grip (1993, n°1), qu'ils ont dû plusieurs fois retravailler à la demande de Geffen, cartonne encore plus que Pump et génère de nouveaux hits. « Cryin' », classique absolu parmi les ballades/slows de groupes hard rock, devient même numéro 1 des ventes de singles en France. En 1994, Aerosmith, peut-être à son summum, fait un triomphe au festival Woodstock II et la vitalité de ces quadragénaires ne cesse d'étonner. Ils obtiennent ainsi deux Grammy Awards successifs pour les chansons « Livin' On The Edge » et « Crazy » en 1994 et 1995.

Quelques mois plus tard, lorsque Led Zeppelin est intronisé au Rock 'N' Roll Hall Of Fame, Steven Tyler lit un discours en leur honneur où il évoque ses souvenirs des concerts de la Boston Tea Party et, avec Joe Perry, il réalise un rêve de jeunesse en accompagnant la bande à Jimmy Page lors d'une jam. Hélas, l'état de grâce ne dure pas et le groupe traverse en 1996 une nouvelle période de crise au cours des travaux préparatoires à l'album Nine Lives : Joey Kramer est traité pour une dépression nerveuse et le manager Tim Collins est congédié suite à ses propos sur Steven Tyler, qui semble avoir replongé dans la drogue. Ce dernier est mis en demeure par ses collègues de se soigner sous peine d'être renvoyé du groupe qu'il a fondé. Il peut quand même finir l'album et en assurer la promotion, mais la tournée doit être interrompue, le chanteur, qui était déjà en délicatesse avec sa voix, s'étant blessé à la jambe lors d'un concert. Pour faire patienter les fans et boucler définitivement la boucle avec Geffen, un album live au titre explicite, A Little South Of Sanity (autrement dit, A Little S.O.S.) est publié sur double CD en octobre 1998.

L'année suivante, après presque trente ans de carrière, Aerosmith obtient enfin son premier numéro 1 dans les charts singles américains avec la ballade « I Don't Want To Miss A Thing », chanson écrite par Diane Warren (auteur de nombreux hits FM, dont « Nothing's Gonna Stop Us Now » de Starship) et qui figure dans la bande-son d'un film hollywoodien à succès : Armageddon, dans lequel joue la fille de Steven, l'actrice Liv Tyler. Just Push Play, album quelconque, sort en mars 2001. S'il n'ajoute rien à leur légende, il permet néanmoins une sorte de consécration nationale, lorsque le groupe apparaît le soir de la finale du Superbowl, soir des soirs pour la télévision américaine, puisque l'audience y est à son comble.

Concrétisant un projet de longue date, ils publient en mars 2004 un album de reprises blues, Honkin' On Bobo, et ne cessent de tourner, ajoutant au passage un autre album live (Rockin' The Joint, 2005) à leur discographie. Lors d'un break bien mérité, Joe Perry se fait plaisir en sortant en 2005 son quatrième album solo (intitulé Joe Perry), où il chante et fait participer des copains.

En 2007, les cinq de Boston reportent l'enregistrement d'un nouvel album (des compilations avec quelques morceaux nouveaux ou inédits feront office de produit de substitution) et doivent se passer sur plusieurs dates des services de Tom Hamilton, qui doit soigner un cancer de la gorge. Un mémorable concert donné à Paris-Bercy en juin, avec un Hamilton désormais pleinement rétabli, a prouvé qu'en dépit du temps passé, ces Américains ne manquaient pas de ressources. Après avoir failli se séparer en 2009 de son leader Steven Tyler, Aerosmith reprend la route en 2011 avec le Cocked, Locked, Ready to Rock Tour où les tensions entre Joe Perry et Steven Tyler restent tangibles. 

Aerosmith sort en novembre 2012 son quinzième studio avec Music from Another Dimension!. Malgré le retour du producteur historique du groupe Jack Douglas, Music from Another Dimension! lorgne plus vers un pop rock familial - duo avec Carrie Underwood - que vers un hard rock rocailleux. Copyright 2014 Music Story Frédéric Régent

Comme beaucoup de groupes de rock, Aerosmith repose sur un tandem de leaders-auteurs-compositeurs, celui formé par le chanteur Steven Tyler et le guitariste Joe Perry. Ainsi que son vrai nom (Steven Tallerico) l'indique, Tyler est un Italo-Américain. Originaire de New York (où il naît ne 26/3/1948), il fréquente dans sa prime jeunesse les hippies et s'installe à Boston, où il chante et joue de la batterie dans différents groupes, dont Chain Reaction. En vadrouille à Sunapee, dans le New Hampshire, il se lie d'amitié avec Joe Perry (né le 10/9/1950 à Boston). Tous deux apprécient surtout les groupes anglais, comme les Rolling Stones (auxquels Aerosmith sera souvent comparé), les Animals, les Yardbirds ou Fleetwood Mac ; en somme, des représentants du British Blues Boom, qui permettent alors aux Américains de redécouvrir leur patrimoine musical. En 1969, ils assistent, émerveillés, à des concerts de Led Zeppelin et de Fleetwood Mac au festival hard/psyché de la Boston Tea Party. Et quelques mois plus tard, Steven Tyler plante sa tente au festival de Woodstock et participe aux « trois jours de paix, d'amour et de musique ».

C'est en 1970 que lui et Perry créent le Jam Band avec le bassiste, Tom Hamilton (né le 31/12/1951 à Coladorado Springs) dont Tyler a fait la connaissance en même temps que Perry. Le trio est rejoint par le guitariste rythmique Ray Tabano et le batteur Joey Kramer (21/6/1950 à New York), alors étudiant au Berklee College of Music. C'est ce dernier qui trouve le nom du groupe, tiré d'un classique de la littérature américaine, Arrowsmith (pour lequel Sinclair Lewis reçût le prix Pulitzer en 1926) et leur fameux logo. Ray Tabano ne reste pas longtemps et est remplacé dès 1971 par Brad Whitford (23/2/1952 à Winchester, Massachussets, ex-Earth Inc.) : le groupe trouve alors sa composition classique.

Au bout de deux ans de concerts dans les clubs de Boston (The Barn), un passage éclair au Max's Kansas City de New York suffit à Aerosmith pour être signé chez Columbia Records. Même s'il contient une de leurs chansons les plus célèbres (la ballade « Dream On », qui sera quelques années plus tard un hit), leur premier album, Aerosmith (un temps réédité sous le nom de Make It), qui sort en juin 1973, n'est guère remarqué. Son successeur Get Your Wings (mars 1974), est mieux reçu par la critique, mais ne perce pas auprès du grand public. A force d'assurer des premières parties pour beaucoup d'artistes de leur label (même le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin !), il gagne une réputation d'excellent groupe de scène, où l'attitude de Steven Tyler, volontairement outrée et jouant sur l'ambiguïté sexuelle, attire l'attention. Ils possèdent alors le même management que les New York Dolls, dont certains membres les accuseront plus tard de les avoir copiés - peut-être pas tout à fait à tort.

Pour tous les fans, les albums Toys In The Attic (avril 1975) et Rocks (mai 1976), tous deux parfaits, représentent les sommets de la discographie d'Aerosmith : le succès commercial est immense et les jeunes américains affluent en nombre à leurs concerts. Sur le premier, on trouve leur première version du futur classique, le funk-rock « Walk This Way », qui alors ne perce pas dans les charts. Le second abrite « Back In The Saddle », autre morceau de bravoure du groupe. En France, cependant, le groupe est surtout apprécié des connaisseurs. Et si en 1976, lors de la tournée Rocks, il occupe la tête d'affiche au Pavillon de Paris de la Porte de Pantin, ce sera pourtant leur seule apparition française jusqu'en 1988. L'année suivante, ils montrent les premiers signes d'essoufflement avec le décevant Draw The Line, enregistré dans un monastère désaffecté et avec une bonne provision de cocaïne.

Pour bien des groupes de rock, avec le succès de masse viennent les tentations les plus sordides et Aerosmith ne fait pas exception à la règle : l'alcool et les opiacés circulent abondamment chez Tyler et ses acolytes, affectant leur vie de famille et leur musique. Ainsi, un soir, défoncés, ils arrêtent un concert après un seul morceau, celui avec lequel ils avaient l'habitude de clôturer leur set. Tyler et Perry sont alors surnommés les « Toxic Twins » (Jumeaux toxiques), aussi bien par allusion aux « Glimmer Twins » Mick Jagger et Keith Richards qu'à leurs passe-temps narcotiques.  En 1978, à l'invitation des Bee Gees, ils apparaissent au cinéma sous le nom de The Future Villains dans le navet Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, où leur superbe interprétation de « Come Together » des Fab Four représente le seul passage agréable. Cette même année, paraît le double Live Bootleg !, hélas bien moins convaincant que leurs albums studio, mis en vente précisément pour contrer les pressages pirates de leurs concerts, qui commencent à pulluler.

La décennie 1970 s'achève décidément mal pour Aerosmith : après la sortie en novembre 1979 d'un sixième album, Night In The Ruts (dont le titre est une contrepèterie), qui entérine le reflux de créativité et de popularité, le groupe voit ses deux guitaristes, lassés des excès en tous genres, quitter le groupe. Joe Perry entame alors une brève carrière solo, publiant entre 1980 et 1983, trois albums sous le nom de Joe Perry Project. Quant à Brad Whitford, il s'associe au chanteur Derek St. Holmes (ex-Ted Nugent Band) : le projet ne fait pas long feu et, après un unique album en 1981 (l'éponyme Whitford/St. Holmes, qui fait un flop), est dissous.

Après une période très difficile durant laquelle il végète dans une chambre d'hôtel miteuse, manque de mourir d'overdose et d'un accident de moto, et a la surprise d'apprendre qu'un Greatest Hits (1980), dont il ne connaissait même pas l'existence, s'est écoulé à près d'un million d'exemplaires, Tyler recrute alors deux nouveaux guitaristes, Rick Dufay et Jimmy Crespo (ex-Flame). Aerosmith, dans sa nouvelle configuration, enregistre le médiocre Rock In A Hard Place, publié en août 1982. Pour ne rien arranger, Tyler ayant beaucoup de mal à « décrocher », les concerts du groupe restent très erratiques et deviennent de moins en moins fréquentés : il leur arrive même de jouer dans de simples bars.

La situation s'améliore cependant en 1984, quand Whitford et Perry - lequel était sur le point de rejoindre le groupe de scène d'Alice Cooper - assistent en invités à un concert de leur ancien groupe, qu'ils réintègrent peu après, à la satisfaction générale. Bien que n'ayant rien à promouvoir, Aerosmith entreprend alors la tournée Back In The Saddle, qui les réconcilie avec leurs anciens fans. Admirateur de toujours, le millionnaire baba et ponte de Geffen Records John Kalodner, les approche. Il obtient pour eux un contrat dans sa maison de disques et leur impose un cahier des charges très strict, avec cure de désintoxication et obligation de collaborer avec des songwriters extérieurs au groupe, comme Desmond Child (auteur de chansons pour Kiss, Joan Jett, Bon Jovi, notamment) et Richie Supa. Si l'album de come-back Done With Mirrors (11/1985) ne soulève guère l'enthousiasme, une reprise de « Walk This Way » par le groupe rap Run-D.M.C. (avec une participation de Steven et Joe) sortie à l'été 1986 en single est un hit et apporte un nouveau public à Aerosmith, qui passe ainsi du statut de groupe décadent à celui de presque avant-gardiste avec ce premier « tube » de la fusion rock/rap produit par Rick Rubin (si ce métissage est dans l'air - underground - du temps dans le milieu des années 80, avec notamment les Beastie Boys ou Faith No More, il n'éclate vraiment qu'à partir des années 90 et ce tube passe pour très en avance).

Profitant de ce retour, Columbia réédite leurs anciens albums en CD, fouille dans ses bandes d'archives et publie les albums en concert Classics Live 1 et Classics Live 2 (respectivement avril 1986 et juin 1987). Dans la foulée, leur effort studio suivant, Permanent Vacation (août 1987), porté par la power-ballad « Angel » (n°3) et « Dude (Looks Like A Lady) », obtient un grand succès et confère au groupe un statut qu'il avait perdu, les passages en rotation lourde de ses vidéos-clips - fort luxueux - sur MTV n'y étant pas pour rien. De même, l'émergence des groupes de hard-rock glam (ou « hair metal », en référence à leurs coiffures) comme Skid Row, Poison, Cinderella ou Guns N' Roses, qui les évoquent souvent en interview, aide beaucoup à cette nouvelle popularité.

Après la sortie en septembre 1989 du best-seller Pump (avec « Love In An Elevator » et « Janie's Got A Gun » respectivement n°5 et n°4), Aerosmith renoue avec les grandes salles et les festivals, comme celui des Monsters of Rock, à Castle Donington (Angleterre), où ils se produisent en 1990 et reviennent en tête d'affiche en 1993. Lors de leur première apparition au festival, leur idole Jimmy Page les rejoint sur scène pour jouer « Train Kept-A-Rollin' », standard commun aux Yardbirds, à Led Zeppelin et à Aerosmith. En 1992, lors du concert des Guns N' Roses à l'hippodrome de Vincennes, devant 60 000 personnes, ce sont Tyler et Perry qui font office d'invités de marque, rejoignant les « Gunners » pour deux morceaux.

Avant l'expiration de leur contrat avec Geffen, Aerosmith renoue avec son ancienne maison, Columbia (passée en 1987 aux mains de Sony Music), et touche plusieurs millions de dollars pour ce transfert. Leur première maison de disques en profite pour sortir le coffret triple CD Pandora's Box agrémenté de titres inédits. Taillé pour les radios, le nouvel album studio Get A Grip (1993, n°1), qu'ils ont dû plusieurs fois retravailler à la demande de Geffen, cartonne encore plus que Pump et génère de nouveaux hits. « Cryin' », classique absolu parmi les ballades/slows de groupes hard rock, devient même numéro 1 des ventes de singles en France. En 1994, Aerosmith, peut-être à son summum, fait un triomphe au festival Woodstock II et la vitalité de ces quadragénaires ne cesse d'étonner. Ils obtiennent ainsi deux Grammy Awards successifs pour les chansons « Livin' On The Edge » et « Crazy » en 1994 et 1995.

Quelques mois plus tard, lorsque Led Zeppelin est intronisé au Rock 'N' Roll Hall Of Fame, Steven Tyler lit un discours en leur honneur où il évoque ses souvenirs des concerts de la Boston Tea Party et, avec Joe Perry, il réalise un rêve de jeunesse en accompagnant la bande à Jimmy Page lors d'une jam. Hélas, l'état de grâce ne dure pas et le groupe traverse en 1996 une nouvelle période de crise au cours des travaux préparatoires à l'album Nine Lives : Joey Kramer est traité pour une dépression nerveuse et le manager Tim Collins est congédié suite à ses propos sur Steven Tyler, qui semble avoir replongé dans la drogue. Ce dernier est mis en demeure par ses collègues de se soigner sous peine d'être renvoyé du groupe qu'il a fondé. Il peut quand même finir l'album et en assurer la promotion, mais la tournée doit être interrompue, le chanteur, qui était déjà en délicatesse avec sa voix, s'étant blessé à la jambe lors d'un concert. Pour faire patienter les fans et boucler définitivement la boucle avec Geffen, un album live au titre explicite, A Little South Of Sanity (autrement dit, A Little S.O.S.) est publié sur double CD en octobre 1998.

L'année suivante, après presque trente ans de carrière, Aerosmith obtient enfin son premier numéro 1 dans les charts singles américains avec la ballade « I Don't Want To Miss A Thing », chanson écrite par Diane Warren (auteur de nombreux hits FM, dont « Nothing's Gonna Stop Us Now » de Starship) et qui figure dans la bande-son d'un film hollywoodien à succès : Armageddon, dans lequel joue la fille de Steven, l'actrice Liv Tyler. Just Push Play, album quelconque, sort en mars 2001. S'il n'ajoute rien à leur légende, il permet néanmoins une sorte de consécration nationale, lorsque le groupe apparaît le soir de la finale du Superbowl, soir des soirs pour la télévision américaine, puisque l'audience y est à son comble.

Concrétisant un projet de longue date, ils publient en mars 2004 un album de reprises blues, Honkin' On Bobo, et ne cessent de tourner, ajoutant au passage un autre album live (Rockin' The Joint, 2005) à leur discographie. Lors d'un break bien mérité, Joe Perry se fait plaisir en sortant en 2005 son quatrième album solo (intitulé Joe Perry), où il chante et fait participer des copains.

En 2007, les cinq de Boston reportent l'enregistrement d'un nouvel album (des compilations avec quelques morceaux nouveaux ou inédits feront office de produit de substitution) et doivent se passer sur plusieurs dates des services de Tom Hamilton, qui doit soigner un cancer de la gorge. Un mémorable concert donné à Paris-Bercy en juin, avec un Hamilton désormais pleinement rétabli, a prouvé qu'en dépit du temps passé, ces Américains ne manquaient pas de ressources. Après avoir failli se séparer en 2009 de son leader Steven Tyler, Aerosmith reprend la route en 2011 avec le Cocked, Locked, Ready to Rock Tour où les tensions entre Joe Perry et Steven Tyler restent tangibles. 

Aerosmith sort en novembre 2012 son quinzième studio avec Music from Another Dimension!. Malgré le retour du producteur historique du groupe Jack Douglas, Music from Another Dimension! lorgne plus vers un pop rock familial - duo avec Carrie Underwood - que vers un hard rock rocailleux. Copyright 2014 Music Story Frédéric Régent

Comme beaucoup de groupes de rock, Aerosmith repose sur un tandem de leaders-auteurs-compositeurs, celui formé par le chanteur Steven Tyler et le guitariste Joe Perry. Ainsi que son vrai nom (Steven Tallerico) l'indique, Tyler est un Italo-Américain. Originaire de New York (où il naît ne 26/3/1948), il fréquente dans sa prime jeunesse les hippies et s'installe à Boston, où il chante et joue de la batterie dans différents groupes, dont Chain Reaction. En vadrouille à Sunapee, dans le New Hampshire, il se lie d'amitié avec Joe Perry (né le 10/9/1950 à Boston). Tous deux apprécient surtout les groupes anglais, comme les Rolling Stones (auxquels Aerosmith sera souvent comparé), les Animals, les Yardbirds ou Fleetwood Mac ; en somme, des représentants du British Blues Boom, qui permettent alors aux Américains de redécouvrir leur patrimoine musical. En 1969, ils assistent, émerveillés, à des concerts de Led Zeppelin et de Fleetwood Mac au festival hard/psyché de la Boston Tea Party. Et quelques mois plus tard, Steven Tyler plante sa tente au festival de Woodstock et participe aux « trois jours de paix, d'amour et de musique ».

C'est en 1970 que lui et Perry créent le Jam Band avec le bassiste, Tom Hamilton (né le 31/12/1951 à Coladorado Springs) dont Tyler a fait la connaissance en même temps que Perry. Le trio est rejoint par le guitariste rythmique Ray Tabano et le batteur Joey Kramer (21/6/1950 à New York), alors étudiant au Berklee College of Music. C'est ce dernier qui trouve le nom du groupe, tiré d'un classique de la littérature américaine, Arrowsmith (pour lequel Sinclair Lewis reçût le prix Pulitzer en 1926) et leur fameux logo. Ray Tabano ne reste pas longtemps et est remplacé dès 1971 par Brad Whitford (23/2/1952 à Winchester, Massachussets, ex-Earth Inc.) : le groupe trouve alors sa composition classique.

Au bout de deux ans de concerts dans les clubs de Boston (The Barn), un passage éclair au Max's Kansas City de New York suffit à Aerosmith pour être signé chez Columbia Records. Même s'il contient une de leurs chansons les plus célèbres (la ballade « Dream On », qui sera quelques années plus tard un hit), leur premier album, Aerosmith (un temps réédité sous le nom de Make It), qui sort en juin 1973, n'est guère remarqué. Son successeur Get Your Wings (mars 1974), est mieux reçu par la critique, mais ne perce pas auprès du grand public. A force d'assurer des premières parties pour beaucoup d'artistes de leur label (même le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin !), il gagne une réputation d'excellent groupe de scène, où l'attitude de Steven Tyler, volontairement outrée et jouant sur l'ambiguïté sexuelle, attire l'attention. Ils possèdent alors le même management que les New York Dolls, dont certains membres les accuseront plus tard de les avoir copiés - peut-être pas tout à fait à tort.

Pour tous les fans, les albums Toys In The Attic (avril 1975) et Rocks (mai 1976), tous deux parfaits, représentent les sommets de la discographie d'Aerosmith : le succès commercial est immense et les jeunes américains affluent en nombre à leurs concerts. Sur le premier, on trouve leur première version du futur classique, le funk-rock « Walk This Way », qui alors ne perce pas dans les charts. Le second abrite « Back In The Saddle », autre morceau de bravoure du groupe. En France, cependant, le groupe est surtout apprécié des connaisseurs. Et si en 1976, lors de la tournée Rocks, il occupe la tête d'affiche au Pavillon de Paris de la Porte de Pantin, ce sera pourtant leur seule apparition française jusqu'en 1988. L'année suivante, ils montrent les premiers signes d'essoufflement avec le décevant Draw The Line, enregistré dans un monastère désaffecté et avec une bonne provision de cocaïne.

Pour bien des groupes de rock, avec le succès de masse viennent les tentations les plus sordides et Aerosmith ne fait pas exception à la règle : l'alcool et les opiacés circulent abondamment chez Tyler et ses acolytes, affectant leur vie de famille et leur musique. Ainsi, un soir, défoncés, ils arrêtent un concert après un seul morceau, celui avec lequel ils avaient l'habitude de clôturer leur set. Tyler et Perry sont alors surnommés les « Toxic Twins » (Jumeaux toxiques), aussi bien par allusion aux « Glimmer Twins » Mick Jagger et Keith Richards qu'à leurs passe-temps narcotiques.  En 1978, à l'invitation des Bee Gees, ils apparaissent au cinéma sous le nom de The Future Villains dans le navet Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, où leur superbe interprétation de « Come Together » des Fab Four représente le seul passage agréable. Cette même année, paraît le double Live Bootleg !, hélas bien moins convaincant que leurs albums studio, mis en vente précisément pour contrer les pressages pirates de leurs concerts, qui commencent à pulluler.

La décennie 1970 s'achève décidément mal pour Aerosmith : après la sortie en novembre 1979 d'un sixième album, Night In The Ruts (dont le titre est une contrepèterie), qui entérine le reflux de créativité et de popularité, le groupe voit ses deux guitaristes, lassés des excès en tous genres, quitter le groupe. Joe Perry entame alors une brève carrière solo, publiant entre 1980 et 1983, trois albums sous le nom de Joe Perry Project. Quant à Brad Whitford, il s'associe au chanteur Derek St. Holmes (ex-Ted Nugent Band) : le projet ne fait pas long feu et, après un unique album en 1981 (l'éponyme Whitford/St. Holmes, qui fait un flop), est dissous.

Après une période très difficile durant laquelle il végète dans une chambre d'hôtel miteuse, manque de mourir d'overdose et d'un accident de moto, et a la surprise d'apprendre qu'un Greatest Hits (1980), dont il ne connaissait même pas l'existence, s'est écoulé à près d'un million d'exemplaires, Tyler recrute alors deux nouveaux guitaristes, Rick Dufay et Jimmy Crespo (ex-Flame). Aerosmith, dans sa nouvelle configuration, enregistre le médiocre Rock In A Hard Place, publié en août 1982. Pour ne rien arranger, Tyler ayant beaucoup de mal à « décrocher », les concerts du groupe restent très erratiques et deviennent de moins en moins fréquentés : il leur arrive même de jouer dans de simples bars.

La situation s'améliore cependant en 1984, quand Whitford et Perry - lequel était sur le point de rejoindre le groupe de scène d'Alice Cooper - assistent en invités à un concert de leur ancien groupe, qu'ils réintègrent peu après, à la satisfaction générale. Bien que n'ayant rien à promouvoir, Aerosmith entreprend alors la tournée Back In The Saddle, qui les réconcilie avec leurs anciens fans. Admirateur de toujours, le millionnaire baba et ponte de Geffen Records John Kalodner, les approche. Il obtient pour eux un contrat dans sa maison de disques et leur impose un cahier des charges très strict, avec cure de désintoxication et obligation de collaborer avec des songwriters extérieurs au groupe, comme Desmond Child (auteur de chansons pour Kiss, Joan Jett, Bon Jovi, notamment) et Richie Supa. Si l'album de come-back Done With Mirrors (11/1985) ne soulève guère l'enthousiasme, une reprise de « Walk This Way » par le groupe rap Run-D.M.C. (avec une participation de Steven et Joe) sortie à l'été 1986 en single est un hit et apporte un nouveau public à Aerosmith, qui passe ainsi du statut de groupe décadent à celui de presque avant-gardiste avec ce premier « tube » de la fusion rock/rap produit par Rick Rubin (si ce métissage est dans l'air - underground - du temps dans le milieu des années 80, avec notamment les Beastie Boys ou Faith No More, il n'éclate vraiment qu'à partir des années 90 et ce tube passe pour très en avance).

Profitant de ce retour, Columbia réédite leurs anciens albums en CD, fouille dans ses bandes d'archives et publie les albums en concert Classics Live 1 et Classics Live 2 (respectivement avril 1986 et juin 1987). Dans la foulée, leur effort studio suivant, Permanent Vacation (août 1987), porté par la power-ballad « Angel » (n°3) et « Dude (Looks Like A Lady) », obtient un grand succès et confère au groupe un statut qu'il avait perdu, les passages en rotation lourde de ses vidéos-clips - fort luxueux - sur MTV n'y étant pas pour rien. De même, l'émergence des groupes de hard-rock glam (ou « hair metal », en référence à leurs coiffures) comme Skid Row, Poison, Cinderella ou Guns N' Roses, qui les évoquent souvent en interview, aide beaucoup à cette nouvelle popularité.

Après la sortie en septembre 1989 du best-seller Pump (avec « Love In An Elevator » et « Janie's Got A Gun » respectivement n°5 et n°4), Aerosmith renoue avec les grandes salles et les festivals, comme celui des Monsters of Rock, à Castle Donington (Angleterre), où ils se produisent en 1990 et reviennent en tête d'affiche en 1993. Lors de leur première apparition au festival, leur idole Jimmy Page les rejoint sur scène pour jouer « Train Kept-A-Rollin' », standard commun aux Yardbirds, à Led Zeppelin et à Aerosmith. En 1992, lors du concert des Guns N' Roses à l'hippodrome de Vincennes, devant 60 000 personnes, ce sont Tyler et Perry qui font office d'invités de marque, rejoignant les « Gunners » pour deux morceaux.

Avant l'expiration de leur contrat avec Geffen, Aerosmith renoue avec son ancienne maison, Columbia (passée en 1987 aux mains de Sony Music), et touche plusieurs millions de dollars pour ce transfert. Leur première maison de disques en profite pour sortir le coffret triple CD Pandora's Box agrémenté de titres inédits. Taillé pour les radios, le nouvel album studio Get A Grip (1993, n°1), qu'ils ont dû plusieurs fois retravailler à la demande de Geffen, cartonne encore plus que Pump et génère de nouveaux hits. « Cryin' », classique absolu parmi les ballades/slows de groupes hard rock, devient même numéro 1 des ventes de singles en France. En 1994, Aerosmith, peut-être à son summum, fait un triomphe au festival Woodstock II et la vitalité de ces quadragénaires ne cesse d'étonner. Ils obtiennent ainsi deux Grammy Awards successifs pour les chansons « Livin' On The Edge » et « Crazy » en 1994 et 1995.

Quelques mois plus tard, lorsque Led Zeppelin est intronisé au Rock 'N' Roll Hall Of Fame, Steven Tyler lit un discours en leur honneur où il évoque ses souvenirs des concerts de la Boston Tea Party et, avec Joe Perry, il réalise un rêve de jeunesse en accompagnant la bande à Jimmy Page lors d'une jam. Hélas, l'état de grâce ne dure pas et le groupe traverse en 1996 une nouvelle période de crise au cours des travaux préparatoires à l'album Nine Lives : Joey Kramer est traité pour une dépression nerveuse et le manager Tim Collins est congédié suite à ses propos sur Steven Tyler, qui semble avoir replongé dans la drogue. Ce dernier est mis en demeure par ses collègues de se soigner sous peine d'être renvoyé du groupe qu'il a fondé. Il peut quand même finir l'album et en assurer la promotion, mais la tournée doit être interrompue, le chanteur, qui était déjà en délicatesse avec sa voix, s'étant blessé à la jambe lors d'un concert. Pour faire patienter les fans et boucler définitivement la boucle avec Geffen, un album live au titre explicite, A Little South Of Sanity (autrement dit, A Little S.O.S.) est publié sur double CD en octobre 1998.

L'année suivante, après presque trente ans de carrière, Aerosmith obtient enfin son premier numéro 1 dans les charts singles américains avec la ballade « I Don't Want To Miss A Thing », chanson écrite par Diane Warren (auteur de nombreux hits FM, dont « Nothing's Gonna Stop Us Now » de Starship) et qui figure dans la bande-son d'un film hollywoodien à succès : Armageddon, dans lequel joue la fille de Steven, l'actrice Liv Tyler. Just Push Play, album quelconque, sort en mars 2001. S'il n'ajoute rien à leur légende, il permet néanmoins une sorte de consécration nationale, lorsque le groupe apparaît le soir de la finale du Superbowl, soir des soirs pour la télévision américaine, puisque l'audience y est à son comble.

Concrétisant un projet de longue date, ils publient en mars 2004 un album de reprises blues, Honkin' On Bobo, et ne cessent de tourner, ajoutant au passage un autre album live (Rockin' The Joint, 2005) à leur discographie. Lors d'un break bien mérité, Joe Perry se fait plaisir en sortant en 2005 son quatrième album solo (intitulé Joe Perry), où il chante et fait participer des copains.

En 2007, les cinq de Boston reportent l'enregistrement d'un nouvel album (des compilations avec quelques morceaux nouveaux ou inédits feront office de produit de substitution) et doivent se passer sur plusieurs dates des services de Tom Hamilton, qui doit soigner un cancer de la gorge. Un mémorable concert donné à Paris-Bercy en juin, avec un Hamilton désormais pleinement rétabli, a prouvé qu'en dépit du temps passé, ces Américains ne manquaient pas de ressources. Après avoir failli se séparer en 2009 de son leader Steven Tyler, Aerosmith reprend la route en 2011 avec le Cocked, Locked, Ready to Rock Tour où les tensions entre Joe Perry et Steven Tyler restent tangibles. 

Aerosmith sort en novembre 2012 son quinzième studio avec Music from Another Dimension!. Malgré le retour du producteur historique du groupe Jack Douglas, Music from Another Dimension! lorgne plus vers un pop rock familial - duo avec Carrie Underwood - que vers un hard rock rocailleux. Copyright 2014 Music Story Frédéric Régent


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