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Hier qualifié "d'arriviste et d'escroc" par ses anciens amis, Loïk Le Floch-Prigent revient aujourd'hui avec un livre-confession où il est décidé à en découdre avec tous ceux qui ont voulu faire de lui un bouc émissaire dans l'affaire Elf. Dépassant le "coup de bluff" médiatique, cet ouvrage d'entretiens avec Eric Decouty, journaliste au Figaro, évoque sans fard les racines du mal des grandes entreprises d'État françaises. Comme un tour du monde de la corruption institutionnelle, son témoignage nous promène du Gabon à la Suisse, de Taiwan à Caracas, et dresse le portrait de certains grands oubliés de l'instruction judiciaire dont il a fait l'objet, tels les mystérieux A. Tarallo, ancien "monsieur Afrique" du groupe pétrolier, ou M. Bidermann, frère de la chanteuse Régine et intermédiaire occulte pour le compte d'Elf. Si certaines de ses allégations (telles la mise en cause d'Édouard Balladur ou de Lionel Jospin, pour des motifs que l'on devine plus personnels que judiciaires) manquent parfois de poids, LLFP a le mérite d'élargir un débat que la justice a souvent voulu réduire à son unique personne. Et il replace le fonctionnement de l'empire Elf dans sa globalité : tout à la fois "bras séculier de l'État en Afrique", selon la volonté originelle du général de Gaulle, et "vache à lait de la République" cautionnée par l'ensemble des gouvernements de la Ve République. Un ouvrage en forme de coup de poing, pour ne pas céder à l'amnésie médiatique et judiciaire. --J.-S. Félix
Quatrième de couverture
L'affaire Elf est devenue une affaire d'État. Et une affaire d'État n'est jamais l'affaire d'un seul homme. Pourtant un seul homme semble, depuis le début de l'instruction, en être la victime expiatoire, l'un de ses anciens présidents, Loïk Le Floch-Prigent. Muré dans un silence qu'il jugeait de bon sens depuis sa mise en examen et ses six mois de détention provisoire, espérant que la justice ferait son travail d'investigation et qu'il ne serait plus le coupable désigné d'avance d'un système mis en place sous le général de Gaulle, Loïk Le Floch-Prigent s'est décidé enfin à livrer ici - aux lecteurs, à la presse et à la justice - quelques vérités négligemment oubliées dans les tiroirs de l'instruction. "La fête est finie", déclare l'ancien p.-d.g. "Les masques vont tomber". Loïk Le Floch-Prigent veut sortir aujourd'hui la tête haute de la nasse où l'instruction l'a mis depuis le début de l'affaire en 1996, concentrant sur lui un dossier à charge où les intérêts politico-financiers sont le nerf de la guerre. Loïk Le Floch-Prigent a été manipulé, il le sait. En prison et durant les six années d'instruction, il a eu le temps d'y réfléchir. Dans ce livre d'entretiens avec Éric Decouty journaliste au Figaro, il dénoue les fils d'une toile de mygale tissés en réseaux puissants. L'auteur sait qu'avec ses révélations, il prend des risques et met sa vie en danger. Mais il est des vérités qu'il est décidé à ne pas emporter dans sa tombe.
Ingénieur, Loïk Le Floch-Prigent fut président de Rhône-Poulenc de 1982 à 1986. Chargé de mission auprès du ministre de l'Industrie en 1988-89, il est nommé en 1989 par François Mitterrand à la tête de Elf qu'il quitte en 1993, date à laquelle il devient président de Gaz de France. Son départ en 1995 coïncide avec sa nomination à la présidence de la SNCF, dont il démissionnera le 18 juillet 1996. Aujourd'hui, il est consultant international.