Sarah Waters a une telle façon de décrire la prison et son quotidien, qu'on a l'impression d'en respirer la poussière, d'en sentir le froid et la grisaille.
On se sent tellement étouffé qu'on a envie de croire à chaque bouffée d'air frais. Comme Margaret. Selina Dawes devient rapidement un mystère qu'on a envie de dévoiler. On se sent complètement happé dans la vie de Margaret, lui souhaitant de trouver pendant les quelques minutes à Millbank le peu de bonheur que la vie lui offre. On est tellement avec Margaret, que comme elle, on ne voit pas venir l'inexorable fatalité. L'horrible, le cruel, le plus noir de ce que l'humanité peut produite.
Sarah Waters distille peu à peu son intrigue, et comme dans tous ses livres, parvient à faire se retourner les évènements, à révéler des choses incroyables sur ses personnages.
Si au départ, on se laisse "tranquillement" guidée, à suivre Margaret dans les longs couloirs de la prison, on se retrouve rapidement à tourner les pages de plus en plus vite, pour découvrir comment tout ça va terminer, voulant dépasser Margaret... pour la prévenir peut-être ?
Encore un roman plein de sensations, fait de non-dits, de frôlements, de passion, de murmures, de secrets, de machinations... de perversion. Toute la psychologie féminine encore une fois décortiquée avec beaucoup de talent.