Critique
Beau titre, tellement adolescent…C’est peu de dire que la musique des deux garnements est connotée : David Bowie et Scott Walker sont effectivement revendiqués comme parrains putatifs de l’entreprise, mais l’Arctic Monkeys Alex Turner et le Rascals Miles Kane battent en fait le rappel de toute une pop britannique, légèrement exacerbée, certes, mais surtout très mélodique.
A telle enseigne qu’on croit surprendre, au détour d’un couplet, les cordes entêtantes de
« Days Of Pearly Spencer », monstrueux hit de l’éphémère David McWilliams, en 1968. Mais si l’album fonctionne de si merveilleuse façon, et a recueilli un si météorique succès, ce n’est pas uniquement grâce au sens aigu de la reconstitution historique des deux Anglais. Tout d’abord, Turner et Kane chantent magnifiquement, sans la prétention de leurs icônes, mais avec une profondeur, et une sensibilité qui leur sont propres. Et ensuite les orchestrations, d’un ourlet de tympani au déferlement des cordes, emportent toute adhésion.
Du cliché de recto de livret magnifiquement conçu par Deirdre O’Callahan, aux chansons nerveuses, enjouées ou mélancoliques, un parfait album pop. Et même les Américains ont failli faire entrer l’album dans leurs meilleurs classements de vente. C’est dire.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Enregistré en seulement deux semaines, ce side project d'Alex Turner, échappé des Arctic Monkeys et de Miles Kane de The Rascals, en étonnera plus d'un. Les guitares acérées de ces deux déserteurs ont laissé place aux orchestrations ! On pense beaucoup aux premiers Bowie, mais à l'écoute de « Standing Next To Me », c'est indéniablement les ambiances opiacées de The Coral qui semblent être la référence la plus proche. Une échappée héroïque que l'on espère sans défaite