Compte tenu du peu de connaissances réelles dont nous disposons sur cette époque troublée ( et surtout des miennes ), des différentes théories proposées par les historiens et bien sûr de l'inévitable parti-pris du cinéaste, je ne porterai pas de jugement à caractère historique sur cette oeuvre, mais seulement sur son intérêt et sa qualité. Simplement, s'il est vrai que les chrétiens y sont représentés sous un angle peu flatteur, les juifs n'y sont guère mieux lotis, et après tout, tous les fanatiques ne sont-ils pas à mettre dans le même panier ?
Amenabar a visiblement beaucoup de tendresse et d'admiration pour l'Hypathie qu'il imagine, et je dois reconnaître que cette émotion est communicative, le jeu très juste de la magnifique Rachel Weisz qui trouve là son meilleur rôle y étant pour beaucoup.
Les oppositions religieuses, sans doute schématisées et présentées de façon un peu réductrice, sont clairement exposées et montrent bien à quelles extrémités les hommes peuvent arriver quand ils se laissent abuser par des leaders intégristes un tant soit peu charismatiques.
Amenabar nous ramène ainsi à des conflits beaucoup plus actuels, démontrant que finalement la religion apporte beaucoup plus de troubles que de réconfort, et que l'obscurantisme n'est jamais loin.
Les combats et les exactions sont bien entendu présentes, mais de façon plutôt soft, très loin du bain de sang dont nous aurait immanquablement gratifiés Tarantino, par exemple, et même les âmes sensibles peuvent voir ce film sans en faire des cauchemars pendant une semaine.
Agora n'est peut-être pas le plus beau ni le meilleur film que j'aie vu à ce jour, mais la qualité, la symbolique et le destin tragique de cette femme d'exception en font celui qui m'aura le plus marqué.