Critique
C’est seulement un an après la sortie de
Youth and Young Manhood que les Kings of Leon reviennent avec un ardent second album. Produit de nouveau par le duo Angelo Petraglia/Ethan Cohen,
Aha Shake Heartbreak laisse de côté les influences sudistes du groupe au profit d’un rock garage crasseux.
Des fougueuses
« Razz » et
« Four Kicks » aux crâneuses
« Taper Jean Girl » et
« Where Nobody Knows », les Kings of Leon réussissent une nouvelle fois à atteindre un subtil équilibre entre guitares tapageuses et rock léché. Discrète sur le premier album, la basse prend par ailleurs une place de choix dans les compositions des trois frères et de leur cousin, annonçant son triomphe futur sur
Because of the Times.
Plus sauvage que son prédécesseur, le nouvel album de la fratrie Followill parvient pourtant à accéder un certain degré de grâce - ceci malgré une production délibérément approximative.
Aha Shake Heartbreak voit en effet se développer le talent des Kings of Leon pour les mélodies mélancoliques. Epurée, presque acoustique et magnifiquement servie par la voix centenaire de Caleb, la sublime
« Milk » révèle une facette obscure du groupe, tout comme
« Day Old Blues », pourtant plus dans la veine de
Youth and Young Manhood. Ecrite pour le benjamin de la bande, Jared,
« The Bucket » reste cependant le morceau le plus abouti de l’album, et annonce déjà le changement de cap radical qu’effectueront les Followill dans les années à venir.
Ondine Benetier - Copyright 2012 Music Story